Itinéraire insoumis vers l'écosocialisme

Nous sommes parvenus à une période cruciale pour l'Humanité et -plus grave encore- pour l'équilibre de la biosphère. Les prévisions se font toujours plus alarmistes et plus précises depuis une quarantaine d'années. Ce nonobstant, les êtres immatures que nous sommes (en tant qu'êtres sociaux et prétendument "intelligents") restent majoritairement dans le déni. Pourtant ça URGE!

Il serait pourtant relativement réalisable de bifurquer, de freiner cette course folle,  de tendre vers le bien-être de la majorité des Humains, vers l'intérêt général. Mais vouloir cela, c'est compter sans les représentations mentales, les rapports irrationnels d'attachement, et surtout les calculs et égoïsmes des dominants.
Je veux ici parler de ce qui arrive dans le camp de "la gauche" (quoique ce terme devienne de plus en plus flou vue l'usurpation qui en est faite par un parti actuellement en état de décomposition avancée).

Pour qu'on me comprenne mieux, je me dois tout d'abord de parler de mon itinéraire politique personnel.

Acte 1
Longtemps, je fus méfiante vis-à-vis des partis en tant qu'institutions, avec leurs règles de fonctionnement, leurs idéologies et leur disciplines internes. Je savais trop bien que, naïvement "gentille", pas dominante pour deux sous, je risquais de m'y faire "avoir" sous la pression de ceux ou celles qui ne manqueraient pas de prendre du pouvoir sur moi pour m'orienter dans la direction qui leur aurait plu.
Cela ne m'empêchait pas d'avoir mes opinions, qu'on peut résumer par un désir de partage, de paix, d'écologie et de justice. Globalement "à gauche", donc. Avec de la sympathie pour "l'idéal" communiste, mais aussi pour les idées libertaires.
Mais je votais souvent PS (vote "utile").

Acte 2
Jospin continuait la "parenthèse" libérale ouverte au début du septennat de Mitterrand. C'était insupportable.  Nous fûmes nombreux à vouloir lui donner un "avertissement" de 1er tour. Le séisme politique du 21 avril 2002 me poussa, sinon à vraiment "militer", du moins à verser une obole sous forme d'adhésion à un parti. Celui dont je me sentais le plus proche étant "Les Verts", je devins donc "verte". Mais j'étais une "verte pastèque" (rouge dedans), surtout après avoir lu Hervé Kempf et son "Comment les riches détruisent la planète".
La campagne pour le TCE de 2005 me retrouva donc dans le camp des  Verts "minoritaires" qui avaient voté "non" au référendum interne.

Acte 3
Comme j'étais par ailleurs membre d'ATTAC, auditrice de Mermet, abonnée au Diplo, à Politis, et plus tard abonnée à Fakir etc... je jugeai que ce parti ne correspondait pas à mes idées, et cessai de payer ma cotisation en 2011.
Ces "Verts" devenus EELV, avec dans leurs "locomotives" du "bon" (Eva Joly etc..) et du moins bon (JV Placé, DCB etc...) me semblaient trop peu critiques vis-à-vis du capitalisme. La "verte" Martine Billard en était partie et avait co-créé le PG en 2008. Mais j'attendis 2013 pour m'y engager aussi.

Acte 4
J'en arrive donc à la période actuelle: le débat autour de l'action et la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, qui, selon certains, jouerait trop "perso", serait "bonapartiste" blablabla, et qui n'a "jamais bossé", blablabla, et a de confortables revenus... j'en passe et des pires.

Cette façon de voir les choses (ou de faire semblant), cette façon de procéder vis-à-vis de JLM,  est non seulement irresponsable si l'on se prétend "de gauche", mais également stupide.
Jean-Luc Mélenchon, exactement comme ses adversaires, est un être humain, donc par nature "imparfait". Pourquoi lui reprocherait-on, et à lui préférentiellement ses "défauts" dans une action politique, qui, notons-le au passage, est très largement soutenue par un nombre croissant de Français issus de diverses "familles" politiques de gauche?

Que les choses suivantes soient donc dites et répétées:

Critique sur sa carrière, son rôle et statut d'élu:

- Comme de nombreuses personnalités politiques Jean-Luc Mélenchon n'aurait jamais "travaillé".
Il s'en est déjà expliqué: c'est faux (en plus de "petits boulots", il fut prof). mais il est exact qu'il a passé beaucoup d'années de sa vie en politique.
Alors demandons-donc à tous ces "vertueux" critiques si eux-mêmes, placés dans la situation d'être rémunérés pour défendre leurs idées, n'auraient pas agi de même? ... Surtout s'ils ont quelque talent pour cela.
C'est à la LOI de définir les conditions dans lesquelles, et pour quelle durée, les élus de la Nation peuvent obtenir, et renouveler un mandat.
Ce n'est pas à UN individu de décider unilatéralement de se retirer. Il le peut, bien entendu, mais si ses adversaires politiques ne le font pas, il joue contre ses propres idées, son propre camp.
Jean-Luc Mélenchon défend l'idée d'une limitation des mandats, et surtout de la révocation des élus.

Revenus... liés à l'exercice des mandats, patrimoine:

- Là aussi, il est tout à fait malhonnête de reprocher à quiconque d'avoir des revenus (légaux ! ) et d'en profiter. Certes, Jean-Luc Mélenchon est très "aisé"  financièrement en comparaison de bien des Français. Que faudrait-il qu'il fasse? Qu'il distribue son argent et s'en vante dans les médias? Ce n'est pas sérieux.  Si ses projets sont réalisés, l'écart entre revenus élevés et revenus bas sera réduit, y compris les siens ! Mais ce sera le résultat de dispositions légales.

Accusation de noirs desseins d'un "politicard comme les autres"

- JLM, le "déclencheur" qui a exhorté à l'insoumission serait "Bonapartiste", avec l'intention cachée ("comme les autres") de rester au pouvoir après l'avoir obtenu.
Cette assertion constitue un procès d'intention. Les citoyens qui affirment cela ont sans doute un moyen de pratiquer la télépathie, pour percer ce qui est censé se tapir au plus profond de  l'esprit de M Mélenchon ?
De deux choses l'une: ou bien JLM  gagne les présidentielles, auquel cas il a promis de convoquer une Constituante, ainsi que bien d'autres réformes allant dans les sens de plus de démocratie... ou bien, par le jeu mortifère des "combinazioni" il échoue, et dans ce cas on n'aura JAMAIS l'occasion de vérifier sa  sincérité. FACILE non, de la part des adversaires? Pile tu perds, face je gagne...

Ce que je sais, pour ma part, c'est que Jean-Luc Mélenchon a le verbe clair et élégant, une culture étendue, une pensée cohérente, une réelle stature d'homme d'état. Il refuse qu'on scande son nom, mais appelle à affirmer "résistance !"
Qu'il bosse ses dossiers (écologie, finance, défense...)
Mais encore?
Ce que je sais, avec les plus de 115 000 signataires qui soutiennent sa démarche, c'est que tout faire pour qu'il soit au second tour des présidentielles en 2017 est LE SEUL moyen réaliste d'échapper à une atomisation des candidatures, au bal des egos (notamment de ceux qui ont l'indécence de dénoncer celui de Jean-Luc Mélenchon!)  et à un duel LR-FN   (il y a la prière aussi, pour les croyants... ou le vaudou?).

C'est le simple bon sens. On ne peut avoir de "preuve"  des bonnes intentions de JLM, mais on en a en tous cas de très forts indices, qui devraient convaincre tous les véritables Républicains  voulant l'application de notre devise: Liberté, Egalité, Fraternité".

Tout le reste n'est que la persistance de réflexes claniques, le produit de représentations mentales, de signes d'immaturité politique.







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