Entrée de Jean Zay au Panthéon

On sait que Jean Zay fut ministre de l'Education sous le Front Populaire. On sait qu'il fut assassiné par les fascistes qui ne supportaient pas sa liberté de pensée, ses engagements, ni sa judéité.  Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'il a soutenu la pédagogie Freinet et l'espéranto.Alors qu'en 1922  le ministre Léon Bérard avait formellement interdit que les locaux scolaires puissent servir à l'enseignement de l'espéranto (même en dehors des heures scolaires), Jean Zay rétablit en 1938 la possibilité d'inclure des cours facultatifs de cette langue dans les établissements.

On sait que Jean Zay fut ministre de l'Education sous le Front Populaire. On sait qu'il fut assassiné par les fascistes qui ne supportaient pas sa liberté de pensée, ses engagements, ni sa judéité.  Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'il a soutenu la pédagogie Freinet et l'espéranto.
Alors qu'en 1922  le ministre Léon Bérard avait formellement interdit que les locaux scolaires puissent servir à l'enseignement de l'espéranto (même en dehors des heures scolaires), Jean Zay rétablit en 1938 la possibilité d'inclure des cours facultatifs de cette langue dans les établissements.

Le communiqué de l'association Espéranto-France rappelle cette période de notre histoire.

Bérard haïssait l'espéranto, il était persuadé que: "Le français sera toujours la langue de la civilisation et, en même temps, le meilleur moyen de divulguer une littérature incomparable et de servir à l’expansion de la pensée française."
Presque un siècle plus tard, on notera avec ironie le "toujours" et la nuance de chauvinisme quasi mégalo apportée par l'article défini ("LA" langue de la civilisation, écrivait Bérard) !!!
"Toujours"???... De nos jours la Francophonie existe (résiste) toujours, mais la langue de communication la plus enseignée, promue par Churchill pendant et après la 2 ème guerre mondiale, c'est le "Globish", ce "global english" qui sert, pour les masses, surtout à vendre, consommer, et obéir. Parfois à draguer pendant les vacances...
Pour assez peu de gens (disons "une minorité visible"), l'anglais sert à s'informer sérieusement, participer à des débats, argumenter face à des adversaires politiques, fédérer des luttes.  Mais le véritable anglais reste un outil très élitiste, celui d'une classe moyenne très à l'aise, ou d'une oligarchie "hors sol" qui envoie ses enfants étudier à Cambridge ou dans des pensionnats privés hors de prix.

Les adversaires de l'espéranto existent toujours. Dans la plupart des cas, c'est par une forme inconsciente d'élitisme ("J'ai pu apprendre l'anglais, donc les autres doivent faire comme moi"), par méconnaissance des qualités de cette langue construite mais puissante et bien vivante (notamment qualités propédeutiques), ou par ignorance de sa diffusion actuelle, qui inclut la Chine.
Si l'espéranto continue à progresser malgré l'ostracisme dont il est souvent l'objet, malgré le poids de l'anglais dans notre monde "moderne", c'est bien grâce à sa philosophie, et à ses qualités propres!

Jean Zay, ministre progressiste, qui a introduit un certain nombre de nouveautés dans l'éducation, avait su reconnaître la valeur émancipatrice de l'espéranto.  Cette valeur qui fut d'ailleurs soulignée par le Manifeste de Prague, et reconnue à deux reprises par l'UNESCO.
La circulaire de Jean Zay n'a jamais été annulée, et de nos jours, l'espéranto est parfois inclus dans les TAP (Temps d'Activités Périscolaires)

Pour se rappeler l'histoire de l'action de Jean Zay, de son arrestation inique, et de son assassinat par Vichy peu avant la libération, écouter ce reportage de "Là-bas si j'y suis" en accès libre, ici.

---- m-à-j du 27 mai ------------------

Lu hier quelque part qu'une des deux filles de Jean Zay a découvert très récemment le soutien de son père à l'espéranto... Que fera-t-elle de cette information, l'avenir le dira... ou pas  :-/






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