Dans l'angle mort de la mondialisation ultra-libérale...

Dans l'angle mort de la mondialisation ultra-libérale, un « fait accompli » nuisible, le "TINA linguistique"... et une alternative à prendre en compte.

Dans l'angle mort de la mondialisation ultra-libérale, un « fait accompli » nuisible, le "TINA linguistique"... et une alternative à prendre en compte.

La gangrène de la pensée ultra-libérale, incarnée par la formule thatchérienne du « T.I.N.A » (There is no alternative) a fini par être bien démasquée chez les militants de la vraie gauche. Il en est de même de toutes les ficelles de la néo-langue qui prive les citoyens d'une vision claire du monde actuel et de ses rééls enjeux.

Il n'y a plus d'exploités (par des exploiteurs), mais des « exclus » ; il n'y a plus de pauvres, mais des gens « modestes », et les patrons sont des « entrepreneurs » (ah, les braves gens!). Quant aux cotisations sociales, elles ne sont plus que des « charges ». Etc...
Tout cela est donc connu des militants...

Par contre, il est un autre domaine qui reste largement influencé par la pensée dominante, et ce, même dans les milieux les plus progressistes de la véritable gauche: la communication transnationale au moyen de la « lingva franca » actuelle qu'est l'anglais.
Nous avons besoin, pour nous comprendre d'un pays à l'autre, de nous parler, d'échanger des documents, des analyses, de bâtir des projets... et puisque cette langue-là, « le global english » (ou « globish ») est largement enseignée, il est tout naturel de l'utiliser (du moins pour ceux qui le peuvent!) quand ça peut être utile.
Certes...

Mais... quand, comment et pourquoi cela s'est-il mis en place ?

Quelles en sont les conséquences ? Aurait-on pu (ou pourrait-on encore) faire autrement ?

 Un fait, parmi d'autres, doit être considéré : dans le passé, les moyens de communication n'avaient pas la puissance des nôtres, et les évolutions étaient bien plus lentes. Ce qui nous menace actuellement c'est bien (comme pour les espèces vivantes) une perte de diversité linguistique, culturelle, et... idéologique.

 C'est une polyglotte amoureuse de sa langue maternelle (le français) qui désire vous interpeler.

Une polyglotte, qui reconnaît dans le véritable anglais une grande langue de culture, mais chérit la diversité, aime l'italien, l'espagnol... qui apprend l'allemand et s'est initiée au polonais. Et cette polyglotte ne peut se résoudre au « fait accompli » mis en place sans l'avis des citoyen, une situation dont les apparents « bienfaits » (ou perçus, voir affirmés comme tels) masquent une quantité d'inconvénients, injustices, et risques de diverses natures, dont trop peu de gens ont pris conscience.

La question des langues est « sensible » ainsi qu'éminemment politique...

 A toutes les époques, les empires dominants ont imposé leur langue, donc leur vision du monde. Depuis les élites romaines parlant le grec, jusqu'aux clercs du Moyen-Âge se servant du latin, des « Conquistadors » en Amérique du Sud, jusqu'à l'imposition du russe, « lingva franca » de tous les pays du Pacte de Varsovie, sans oublier la France coloniale qui avait« francisé » une partie de l'Afrique et de l'Asie... l'Histoire ne manque pas d'exemples de cet axiome :« qui nomme domine ». Et inversement.

 On nous dira, avec fatalisme, comme une justification de la situation actuelle, que « la roue tourne », et qu'après tout, aux XVIII ème et XIX siècle le français était parlé « dans toute l'Europe ». Que demain ce sera le règne du chinois...

C'est faire bien peu de cas des peuples, nier le réel des « petites gens » ! Comme dans d'autres domaines, l'histoire ne rend compte que de ce qui s'est passé chez les dominants. Car les paysans, eux, ou les ouvriers...  ne parlaient pour la plupart que leur langue régionale (chez nous le breton, l'occitan etc... ailleurs des dialectes de l'allemand, italien etc..). Et seuls les nobles, ou la haute bourgeoisie, de Lisbonne à Saint-Petersbourg, parlaient le français. Pas les gens "ordinaires".

Ça reste globalement vrai. Plus on est d'extraction sociale «favorisée» plus on a de chances de parler à peu près correctement (mais pas « parfaitement » c'est-à-dire au même niveau qu'un locuteur natif) une, deux ou (bien plus rarement) trois langues étrangères.

Savoir parler (au moins un peu) l'anglais peut être utile dans certaines circonstances, mais c'est aussi un marqueur social : on est entre soi. Inversement, sa mauvaise pratique, ou son ignorance joue comme un « filtre » qui trie les torchons et les serviettes. Autrement dit, réduit certain(e)s au silence.

De nos jours, cette question de la langue est assez « sensible », entraîne des réactions vives ou parfois passionnelles.
Sur la Toile (« web ») on trouve pas mal de signes que les non-anglophones, ou les médiocres locuteurs de la langue impériale peuvent être moqués ou méprisés. Parfois, c'est bien mérité (ex la « raffarinade » « The yes needs the no to win (...) », mais trop souvent c'est par pure ignorance que se déclenchent l'ironie ou l'auto-flagellation. Un « marronnier » très courant consiste, pour les trop nombreux journalistes conformistes, à marteler que nous serions « nuls en langues », ce qui est pure désinformation

Les Français sont certes un peu moins à l'aise en anglais que les Scandinaves ou autres Germains et Saxons, mais leur niveau d'anglais est grosso modo celui de l'Européen « moyen », un niveau qu'Espagne, Portugal et Italie (notamment), et l'ex-RDA, pays slaves... font baisser autant, ou plus que nous. En réalité, les moins polyglottes de tous les peuples de l'UE, ce sont les Britanniques pur jus ( pas les nombreux immigrés présents en GB, bien entendu!). En langues latines, nous, français sommes sans doute meilleurs que d'autres.

Mais ça ne compte pas, ou presque. Car « la » langue incontournable c'est celle du rock, de la Jet-set (les 1%), ou du business.

Même quand le sujet est envisagé avec calme, on n'a pas toujours conscience de tous les tenants et aboutissants du « T.I.N.A linguistique » dans lequel nous vivons depuis cinq décennies.

Le « T.I.N.A linguistique » a des conséquences économiques, induit une moindre démocratie, instaure un déséquilibre rhétorique, scientifique, culturel etc... et est injustifiable en termes pédagogiques...

Ceci n'est pas advenu que par la victoire de 1945

 Bien sûr, la coalition qui a vaincu l'Allemagne nazie était composée en grande partie de pays anglophones. Mais le projet de promouvoir la langue anglaise est antérieur.
Qui connaît la citation de Churchill : «"The empires of the future are the empires of the mind." (Harvard 1943)  ??

Car déjà avant guerre, le premier ministre britannique rêvait d'un « basic english » langue ultra simplifiée qui asseoirait l'influence de l'empire colonial anglais. La victoire de 1945, et ce qui s'ensuivit lui donna l'occasion de mettre en branle son projet de captation de la parole au profit de l'axe Londres-Washington.

On sait que la création progressive de l'UE (de la CECA jusqu'à l'Acte Unique ), et des politiques « culturelles » soutenues par la CIA (et les subsides qu'elle distribuait dans ce but) avaient pour objectif réel de lutter contre le « diabolique » communisme de l'URSS. Mais peu de gens savent que l'enseignement systématique de l'anglais aux adolescents européens fut planifié dans le même but à partir de 1961, lors d'une conférence anglo-américaine à Londres.

 Le Professeur Robert Phillipson, pour son ouvrage « Linguistic Imperialism » a eu l'autorisation de consulter les actes de cette conférence, mais pas celui d'en citer des passages. Et ne réussit pas à obtenir de l'éditeur de le faire traduire !!!

La Grande-Bretagne engrange des milliards d'euros grâce à sa langue

 Il n'est pas possible ici de détailler tous les indices ou preuves de l'inégalité créée par la montée en puissance de l'anglais (langue du pays de l'UE pourtant le moins « européen » de tous!) comme outil « incontournable » de communication dans une Europe supposément « multilingue » (c'est du moins affirmé dans ses statuts officiels). Il suffira de dire que la position de force de cette langue anglaise rapporte annuellement à la GB probablement bien plus de 18 milliards d'euros, et qu'elle en tire de nombreux autres avantages, comme le « tourisme linguistique » des ados européens, l'exportation de professeurs, de méthodes etc, et réalise de grosses économies du fait, chez elle, d'un enseignement tardif des langues étrangères, réduit le plus souvent à 3 ou 4 années par élève (sauf bien sûr, dans les écoles privées !). Se reporter au « rapport Grin » disponible sur Wikipedia en résumé, ou, mieux encore, à la version intégrale sur le site de la Documentation Française.

Ce n'est pas tout. Pendant des décennies, cet abus de position dominante a permis à la GB de placer des sujets de Sa Majesté à des postes-clés des institutions européennes. Des recrutements de fonctionnaires précisaient « Native english only ». Des plaintes, aboutissant à procès et jugement ont fait cesser cet abus, ou l'ont rendu moins prégnant.

Dans des négociations politiques, syndicales (ou autres), quand les échanges se tiennent en anglais, les locuteurs natifs y sont beaucoup plus à l'aise que leurs homologues d'autres pays. Albert Jacquard avait dénoncé cela dans une chronique à France-Culture. Mais lui se référait au français, et à l'avantage que cela lui conférait quand il utilisait sa propre langue. Car c'est moins l'anglais qui est en cause, que la position dominante d'une langue quelle qu'elle soit.

 L'anglais n'est PAS « facile », et pas forcément utile à tout le monde.

 Bien des gens, oubliant que 7 ans au moins (collège + lycée) d'étude de l'anglais ne permettent pas d'atteindre un niveau véritablement efficace, et niant que son introduction de plus en plus précoce n'améliore guère la situation, affirment que cette langue serait « facile » (et fantasment donc que ce serait la cause de son « succès »). Ceci en raison d'une grammaire assez dépouillée et d'une conjugaison réduite.

Mais ils occultent la polysémie (plusieurs sens pour un seul mot) de cette langue, son accent tonique erratique, son orthographe illogique. Quiconque a essayé de lire la presse anglophone en V.O sait que l'anglais est parfois très complexe.

 Martelage idéologique
La « doxa » que nous assènent les autorités de l'éducation, c'est qu'un enfant apprendrait plus facilement une langue étrangère s'il y est exposé tôt. Cela peut être vrai... par exemple si sa famille est bilingue, s'il est accompagné dans cette initiation d'une façon ou d'une autre (par exemple s'il a une gouvernante lui parlant chaque jour dans la langue-cible). Ou s'il participe, en petit groupe, à des activités quotidiennes dans cette langue.
(nov 2016 -> Un récente étude suisse a confirmé cela, je rechercherai le lien)

 Mais il est très douteux que ce soit aussi « opérant » dans un groupe de 25 enfants issus de milieux sociaux variés (donc, ayant au départ des niveaux inégaux de langue maternelle ou nationale). Actuellement, ces petits sont « initiés » à raison de 60 ou 90 mn hebdomadaires, par des professeurs pas toujours compétents. L'efficacité est douteuse, sauf -peut-être- en ce qui concerne le « pas de côté » par rapport à la langue habituellement parlée.
Présupposant que ce serait forcément bon pour tous, on a introduit l'anglais de plus en plus tôt, d'abord en CM, puis en CE, et même parfois au CP, au moment où les enfants se confrontent (certains avec difficulté), au lire-écrire dans notre langue nationale. Comment ne pas se rendre compte du « brouillage » que cela risque d'induire pour une partie trop importante d'entre eux ?

 En outre, des professeurs d'anglais de collège n'hésitent pas à affirmer que l'enseignement précoce du globish en primaire ne sert à rien, car -précisent-ils- ce que les gamins savent à l'entrée en 6 ème, ils auraient pu l'acquérir à onze ans, en un ou deux mois. Par contre, certains enfants arrivent au collège déjà persuadés qu'ils sont « nuls en langues », que c'est trop dur pour eux.

 L'introduction de leçons d'anglais en primaire répond en fait à des « impératifs» qui ne sont en rien pédagogiques.

 Le premier est de nature démagogique : les parents français de tous milieux, tout aussi conditionnés que les autres peuples du monde, sont très demandeurs, car ils sont convaincus que l'anglais est un « sésame » incontournable dans la vie professionnelle. Ceci peut s'avérer exact, à condition toutefois d'accéder à un emploi de cadre, de commercial, de secrétaire dans une société travaillant à l'international etc... bref de faire partie du quart ou du tiers le plus aisé ou le plus éduqué de la population. Mais pour tous les autres, l'utilité de l'anglais reste très « marginale ».
Faire croire qu'on donnerait à tous les mêmes chances d'accéder à cette langue, cela vaut-il vraiment la peine d'y consacrer des milliers d'heures, et ce, dès les petites classes ?
La encore, les classes dominantes appliquent aveuglément à toute la population scolaire un « calque » de leurs propres comportements.

La deuxième raison de « faire comme tout le monde » (c'est-à-dire les autres pays) est idéologique, et réside dans l'illusion d'une émancipation des jeunes par la langue et la communication, jeunes qui deviendront ainsi plus « mobiles » plus « Européens » etc..
En réalité, on est là, comme dans d'autres domaines, dans la croyance, dans un déni de réalité. Le niveau atteint permet bien à des jeunes (sans doute entre 15 % et... combien de % ? ) de se faire des amis, de tenir des conversations simples, de consommer ( des voyages, de la musique et autres produits culturels...), d'obéir à des consignes... mais pas vraiment de se servir de cette langue pour exercer une véritable citoyenneté dans un cadre international.... Seule une petite proportion d'entre eux (statistiquement, plutôt ceux issus de familles aisées ou très aisées) approcheront un peu un niveau réellement efficace, notamment dans le cadre de leurs études.

Sans compter que les efforts consentis pour atteindre un niveau suffisant d'anglais entrent parfois en concurrence avec la LV2. Tels ces adolescents qui renoncent à bosser leur espagnol ou leur allemand... parce qu'ils comptent bien utiliser plutôt l'anglais avec ces Espagnols ou Allemands !
Dans ce contexte, les langues régionales, quant à elles, peuvent aller se faire voir ! Elles restent « folkloriques ».

Pour les élèves de l'enseignement technique et professionnel, la LV2, (ou même la LV1) disparaît généralement de leur cursus à l'entrée en seconde. Donc, quand on nous vante une Europe dont beaucoup de ressortissants deviendront bientôt trilingues (leur langue maternelle + anglais + une autre langue) c'est du pipeau. C'est à peu près aussi fiable que les promesses d'une future Europe sociale garantissant la paix et la justice (on sait ce qu'il en est). Ce « modèle » d'un anglais « lingva franca » a bien une « réalité » , mais ne s'applique qu'à une petite proportion des individus, toujours les mêmes : les plus riches.

Alors faut-il renoncer à l'enseignement (et apprentissage) de l'anglais ?

 Bien évidemment non !Même si l'on est critique à l'égard de cette situation, de ce « fait accompli », se priver des services (mêmes très relatifs et imparfaits) que sa connaissance peut procurer serait stupide et suicidaire.

Par contre, il serait temps de cesser de le fétichiser, et d'examiner comment mettre en route une alternative démocratique et plus efficace, pour les générations futures,

 Le catéchisme productiviste nous serine à longueur de temps qu'on peut « faire mieux  avec moins. » Or, s'il est un domaine où, pour une rare fois, cette affirmation pourrait se vérifier, c'est bien celui de l'apprentissage des langues.

Et nous en arrivons à ce que certains nomment encore « utopie », mais qui est cependant en marche, déjà très fonctionnelle, une « utopie réalisée » à la continuation de laquelle nous, le peuple, avons tout à gagner.

Une langue construite, équitable, rigoureuse, facile mais puissante : l'espéranto.

Le(s) grand(s) malentendu(s)

 C'est là que se situent souvent d'immenses malentendus entre ceux qui savent vraiment ce qu'est cette langue, ses richesses, sa structure, qui connaissent son histoire, et ceux qui fantasment sur sa supposée « pauvreté » de vocabulaire, ses prétendus manques (de culture, d'internationalité, de racines historiques, etc)...

Sans compter ceux qui se persuadent qu'on voudrait absolument les pousser à l'apprendre (« Mais moi je n'ai pas le temps... »   ou « J'ai toujours été nul en langues », etc...), ceux qui pensent qu'on vise -qui sait?- à priver le monde, de façon totalitaire, de la diversité et de la richesse des idiomes. A leurs yeux, plusieurs risques : l'uniformisation, l'appauvrisement.

 On en trouve même qui proclament qu'on peut se « comprendre » par signes et onomatopées, sans la médiation d'une langue en commun. Or, ici nous désirons parler de politique et d'émancipation, pas de tourisme ou de convivialité!

 Il serait trop long de lister toutes les croyances qui occultent les faits, qui tordent la réalité, et contribuent ainsi à perpétuer l'injustice linguistique. Toutes ces croyances sont véhiculées de longue date par les dominants, notamment une partie des médiacrates.

Alors, désinformé depuis des lustres, le public croit savoir, se méfie de ceux qui portent une autre vision, qui analysent autrement la réalité, qui se projettent dans des « possibles » futurs. On ne les écoute pas, ou, dans le meilleur des cas, distraitement.

Non, ces pages ne visent pas à vous faire apprendre l'espéranto ! Elles visent à vous faire toucher du doigt cet « angle mort » de la mondialisation : l'exclusion silencieuse de tous ceux qui ont honte, « coupables » de ne pas (assez bien) parler ou comprendre la langue « internationale », hégémonique du moment.

Alors? Prêts pour une brève découverte de l'alternative émancipatrice? C'est la seule langue conçue pour être « internationale » et surtout accessible au plus grand nombre. Voici comment et pourquoi.

Une langue-pont équitable pour le monde
(Pour plus de détails: https://fr.wikipedia.org/wiki/Esp%C3%A9ranto )

Langue conçue d'emblée pour être accessible au plus grand nombre

Dès sa création en 1887, ce sont les intellectuels progressistes (socialistes... libertaires, internationalistes etc...) ainsi que les pacifistes et syndicalistes qui s'en sont saisi. Pourquoi? Parce que l'entreprise était totalement cohérente, et le résultat efficace.

Le « créateur » (LL Zamenhof) n'était pas parti de « rien », il avait choisi d'utiliser les racines les plus fréquentes dans les langues européennes, dans une proportion qui facilite l'apprentissage de tous.

Un habile « mariage » entre ces racines et une trentaine d'affixes permettent, comme une sorte de « Lego » de construire ou comprendre la totalité des concepts exprimés par les autres langues.

La prononciation et l'orthographe sont claires et transparentes (comme par exemple en italien, espagnol ou allemand).

La grammaire (nature des mots, accords, fonctions) est régulière et visible par les terminaisons, ce qui permet aux élèves (adultes ou enfants) de mieux comprendre le fonctionnement de leur langue maternelle. La conjugaison, régulière, plus facile et complète qu'en anglais! (cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Grammaire_de_l'esp%C3%A9ranto )

De telle façon que cette langue s'apprend environ 5 à 7 fois plus vite qu'une autre. Contrairement à ce que croient certains, même si son vocabulaire provient des langues européennes,
elle est tout de même très accessible aux autres peuples, en tous cas bien plus accessible que l'anglais. Les Chinois apprécient sa grammaire agglutinante qui a beaucoup de similitudes avec leur langue « isolante », ainsi que sa prononciation claire et son accent régulier. Les Japonais sont nombreux à la préférer à l'anglais etc. (pour plus d'infos voir la Toile.. )

Langue propédeutique

 Sa transparence grammaticale, sa régularité et sa prononciation claire la rendent particulièrement attractive pour les enfants, qui entrent de plain-pied dans son esprit logique (cf les 10 vidéos de 10 mn de Claude Piron sur Youtube).

Bien que trop peu d'études aient été réalisées, il y en a eu suffisamment pour qu'on puisse penser que l'initiation sérieuse des enfants à l'espéranto entre l'âge de 5 et 10 ans (ludique, et sans crainte de mal prononcer, par exemple) les préparerait à aborder par la suite d'autres langues plus efficacement, et avec bien plus de résultats rapides dans des situations réelles de communication.

C'est un peu ce qu'esquisse le Professeur Grin dans son rapport de 2005 cité plus haut.

 Selon ce rapport, commencer par l'espéranto n'aurait que des avantages (tout en ne faisant pas perdre l'intérêt d'un enseignement ultérieur d'autres langues, qui en deviendrait plus rapide). C'était aussi ce que plaidait le Prix Nobel Reinardt Selten (spécialiste de la théorie des jeux) dans un petit ouvrage sous-titré « Apprenez deux langues pour le prix d'une ».

 Utopie ou réalisme? Ce qui pourrait être fait.

 Il peut sembler, à première vue, difficile, long ou coûteux d'introduire l'espéranto dans l'enseignement. Pourtant il existe déjà un « réservoir » de diplômés, souvent professeurs en activité, ou retraités.

Comme je ne dispose pas de beaucoup de place ici, je vais reprendre une partie des idées de François Grin, et décrire ce que des responsables politiques intelligents, économes et novateurs, soucieux d'égalité et d'émancipation populaire pourraient mettre en place.

 La première chose à savoir, avant de continuer, est que le Conseil de l'Europe, qui a élaboré et mis en circulation un outil de pilotage et d'évaluation de l'apprentissage des langues (le « CECR » ou Cadre Européen Commun de Référence des langues ; cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Cadre_europ%C3%A9en_commun_de_r%C3%A9f%C3%A9rence_pour_les_langues ) reconnaît officiellement l'espéranto et que les examens valides peuvent être passés, grâce à des examinateurs hongrois, puisque cette langue est officiellement matière d'enseignement (et objet d'examens) dans ce pays.

Grin dit, dans son rapport, que les préjugés en défaveur de l'espéranto proviennent de l'ignorance (ce que j'essaie de décrire plus haut dans le passage « grands malentendus »). Selon lui, il conviendrait donc de commencer par informer le grand public des avantages et qualités de cette langue.

 Quels profs? Quelles compétences pédagogiques?

 Pourquoi ne pas se servir des gens déjà formés? Nous, avocats de l'espéranto, sommes convaincus qu'un(e) volontaire, déjàprofesseur de langues vivantes (allemand, italien, espagnol, russe... et même d'anglais!), peut acquérir en 2 à 3 semaines les bases suffisantes pour commencer à enseigner l'espéranto à des petits. C'est aussi le cas, dans une moindre mesure, des professeurs des écoles. On pourrait donc proposer une formation initiale de deux semaines à ces volontaires, qui continueraient « dans la foulée » de se former à distance par l'internet, par des stages, ou grâce à divers matériels audio-visuels. La « mayonnaise » prendrait assez vite! Il existe en outre un grand nombre d'outils didactiques ou ludiques disponibles, des vidéos (le célèbre « Mazi en Gondolando ») des petits livres animés, chant et comptines etc... les ressources de qualité, et gratuites sont innombrables. On rejoint un peu là l'esprit de liberté, partage et gratuité qui préside au « logiciel libre » et au « buen vivir ».

Ceci serait la première étape d'une expérimentation sur plusieurs années (il faut réfléchir plus en détail aux modalités précises, notamment les modes d'évalution). Ce serait peut-être délicat à piloter, mais pas impossible.

Un autre pas en avant, et qui ne coûterait rien, puisque les examinateurs existent déjà, serait d'admettre l'espéranto comme option au bac (c'est déjà le cas des langues régionales, du créole etc...). Une pétition lancée en 2011 a recueilli plus de 44000 signatures, dont celles de nombreux élus et personnalités politiques de premier plan. http://esperanto-au-bac.fr/

En guise de conclusion provisoire:

Il aurait fallu au moins le double ou le triple de pages pour exposer les divers projets des militants (de plus en plus nombreux) qui portent l'alternative linguistique « espéranto ».

Le « fait accompli » (TINA) de l'anglais ne profite pas à tous, il est très sélectif, contrairement à ce que promet et permet l'espéranto. Alors qu'en 1922 la SDN avait failli l'ajouter à ses langues de travail , la langue équitable « espéranto », celle qui a actuellement le plus haut degré d'internationalité(aucune langue n'est ni ne peut être « universelle », banissons ce terme vieillot et ronflant!) a stagné du simple fait qu'il n'est appris, presque toujours, que sur une base volontaire, alors que l'enseignement de l'anglais est devenu systématique presque partout dans les écoles.

 Si l'espéranto était enseigné à ne serait-ce que 5 à 10% des enfants d'un pays, ou du monde, il y a fort à parier qu'il deviendrait vite aussi populaire et utile que son concurrent (si ce n'est plus), rendant ainsi le monde un peu moins injuste.

La culture de l'espéranto n'est pas seulement constituée de littérature originale ou traduite, de chansons, etc... elle consiste aussi en grande partie dans un esprit de fraternité, de tolérance, de respect et de pacifisme. J'ajouterai un esprit « combatif » dans le sens le plus politique et social du terme: un combat pour plus de justice et d'égalité. Cette langue est émancipatrice.

Informez-vous, prenez parti pour la réhabilitation et la diffusion de cet idiome... Pour que vos enfants, neveux, petits-enfants etc... puissent y avoir accès un jour. L'apprendre vous-mêmes est une option possible, mais pas « incontournable » dans un 1er temps...

_____________________________________________________

Ce billet (que j'essaierai de revoir et remettre en forme plus tard) était la 2ème version d'un document de 8 pages en PDF que je viens de retravailler pour la 4 ème fois   et qui est ici Fait accompli anglophone.pdf


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.