Dominique C
J'étais enseignante en milieu rural. Maintenant j'agis dans le domaine associatif...
Abonné·e de Mediapart

224 Billets

9 Éditions

Billet de blog 30 avr. 2015

La réforme du collège et la politique d'enseignement des langues: Réactions (en temps réel) à l'émission La Grande Table

Dominique C
J'étais enseignante en milieu rural. Maintenant j'agis dans le domaine associatif...
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La société française, les medias et la Toile bruissent ces derniers jours au sujet de l'enseignement des langues. On a entendu beaucoup d'intellectuels, de responsables politiques etc. s'interroger ou polémiquer au sujet des réformes envisagées pour conduire nos chères têtes blondes ou brunes vers un avenir meilleur, par le biais des enseignements qui leur seront dispensés, notamment en langues.
Ce billet, peut-être éphémère, ou sans doute repris et modifié dans les jours qui viennent, a pour but de mettre en avant, dans l'urgence, l'analyse et la parole d'une citoyenne ordinaire.
Pourquoi dans l'urgence? Parce que c'est l'un des sujets de la Grande Table, sujet qui va être abordé dans les minutes à venir par Caroline Broué et ses invités. Le sujet: "Entre les langues, l'élitisme?"
Comme on ne peut pas développer une pensée dans la limite d'un tweet, j'ai donc décidé d'interpeler les invités et la journaliste à partir de mon blog.
--------------------------------------

Je suis une fille de prolos, née peu après la fin de la 2ème guerre mondiale, et j'ai décrit ici  "Comment devenir polyglotte sans vraiment en avoir eu l'intention" mon itinéraire personnel en matière de langues.
Alors, à la question posée par l'émission, je réponds bien évidemment que oui.
Les choix politiques effectués en matière de langues sont éminemment élitistes.
Dans celui-là, comme dans beaucoup d'autres domaines, les "élites" qui nous gouvernent se soucient au fond assez peu de l'émancipation des plus pauvres, et leur aveuglement (qui, comme l'enfer est pavé de "bonnes intentions") se satisfait d'incantations telles que celles répétées depuis des décennies par les instances internationales en matière de droit à l'éducation, à la santé, à l'eau, à une vie décente (et j'en passe).

... Je vais m'en expliquer.

Les plus curieux pourront, s'ils ne sont pas trop intoxiqués par la doxa, butiner dans les divers billets en lien ici (mes liens)    
Autres liens:
Bernard Cassen, Daniel Mermet et un certain "T.I.N.A"..

DONNER LA PAROLE AU PEUPLE AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Servitude chérie (d'un siècle à l'autre...)

Mais surtout    le Manifeste de Prague

-------------------------------------------------------------

Alors, la question essentielle à mes yeux est celle-ci: ENSEIGNER PLUS DE LANGUES TOUJOURS PLUS TÔT, est-ce vraiment la bonne démarche pour accroître les capacités des élèves, et surtout leur désir?
Je suis à la retraite, mais j'étais institutrice. Et je suis polyglotte: FR, EN (entre B2 et C1), IT (C1ou C2, niveau DEUG), ES (B2 au moins, peut-être C1), EO (C1) et je commence à bien me débrouiller en allemand. J'ai aussi des bases fonctionnelles de polonais.
Ce qui nuit au développement intellectuel des plus démunis, c'est de leur imposer le chemin qui réussit aux élites. De ce point de vue, je ne sais pas si la réforme prévue va dans ce sens, mais je le crains un peu.
En matière de langues, les bourgeois, qui envoient leurs enfants faire des séjours en GB et ont eux-même oublié le temps et les efforts fournis pour accèder à des connaissances telles que l'anglais (ou les langues anciennes) pensent détenir les seules "vérités".
Je ne sais pas si la réforme du collège est plutôt bonne ou putôt nuisible. Ce que je sais, c'est qu'un des freins à la réussite des enfants est la marche forcée vers la langue anglaise (ou plutôt le "globish").
Je prétends, moi, que les efforts nécessaires à cette acquisition, ajoutés à l'idée que cette incontournable "langue des langues" peut  aisément dispenser de savoir les autres, sont le moyen le plus efficace d'affaiblir aussi bien les langues anciennes que régionales, et même en effet des langues de nos voisins européens (l'allemand, mais pas seulement).

Que se passe-t-il depuis quelques années? On prélève environ 90 mn hebdomadaires dnas le primaire, pour (prétendûment) enseigner une langue étrangère (presque toujours l'anglais), et cela se fait à une période où les enfants construisent leur propres capacités dans le lire-écrire la langue française. Comment ne pas comprendre que cela introduit une perturbation chez les plus fragiles linguistiquement?

(article à actualiser, puisque je le publie "en temps réel" afin de tenter une communication et un contrepoint pendant "La Grande Table")

Jeudi, 15h 37: Pas le temps de le reprendre maintenant, mais dès que j'ai le temps, je le resttucture. J'ignore si cela sera utile, car visiblement personne ne l'a remarqué...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser. 
par Romaric Godin
Journal
Électricité et gaz : les salaires mettent le secteur sous haute tension
Appel à la grève dans le secteur des industries électriques et gazières, le 2 juin prochain, pour réclamer des revalorisations de salaires indexées à l’inflation. Chez RTE, gestionnaire du réseau électrique français, un mouvement social dure depuis déjà depuis treize semaines.
par Cécile Hautefeuille
Journal
Nouveau gouvernement : le débrief de Mediapart
Premier conseil des ministres du deuxième quinquennat Macron ce matin, marqué par l’affaire Damien Abad. Émission consacrée donc à notre nouveau gouvernement et à la campagne législative de ceux qui n’en font plus partie, comme Jean-Michel Blanquer, parachuté dans le Loiret.
par À l’air libre
Journal — Écologie
Planification écologique : le gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot

La sélection du Club

Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
Déblanquérisons l'École Publique, avec ou sans Pap Ndiaye
Blanquer n'est plus ministre et est évincé du nouveau gouvernement. C'est déjà ça. Son successeur, M. Pap Ndiaye, serait un symbole d'ouverture, de méritocratie... C'est surtout la démonstration du cynisme macronien. L'école se relèvera par ses personnels, pas par ses hiérarques. Rappelons ce fait intangible : les ministres et la hiérarchie passent, les personnels restent.
par Julien Cristofoli
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN
Billet de blog
L’École et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école
Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.
par Djéhanne GANI