Rappel sur la catastrophe, fin du modernisme

Le billet posté il y a 5 mois (La catastrophe interne, rampante et invisible: la fin du modernisme) correspond bien à ce que nous vivons. Non seulement la catastrophe touche les humains, les villes, l'environnement mais aussi nos certitudes et nos modèles, dans un pays, le Japon, qui, pour une part, a pourtant développé une relation au cosmos marquée par une acceptation de la non maitrise.
Le billet posté il y a 5 mois (La catastrophe interne, rampante et invisible: la fin du modernisme) correspond bien à ce que nous vivons. Non seulement la catastrophe touche les humains, les villes, l'environnement mais aussi nos certitudes et nos modèles, dans un pays, le Japon, qui, pour une part, a pourtant développé une relation au cosmos marquée par une acceptation de la non maitrise. Mais dans le même temps, et plus que les autres, il a aussi développé un modèle économique et technologique de course effrénée au développement incontrôlé, dans une logique de guerre économique, qui lui a assuré de grands succès. Mais la technologie nucléaire est la pointe extrême de l'ubris moderne, de cette croyance dans la maitrise sur le cosmos, alors que ses propriétés conduisent à l'équivalent d'une absence de frein sur un train à grande vitesse. On ne peut plus arrêter un processus nucléaire ainsi lancé et on le savait. Les calculs de risque sont toujours faits à partir des connaissances passées (cf Lagadec) alors qu'il faudrait prendre pour hypothèse de base certaine l'impossibilité de prévoir l'événement (un catastrophisme éclairé de Dupuy) et surtout les événements cumulés (une forme de potentialisation comme dans les médicaments ou la chimie, toujours impossible à complètement calculer ou tester). Et nos scientistes de service (Allègre et les autres) nous garantissent ce qu'ils ne peuvent garantir ou , plus malins, considèrent qu'il faut accepter l'absence de risque zéro, sans dire pour autant que cela n'autorise pas à faire n'importe quoi. Sinon, aucune politique n'est possible et la démesure moderniste peut continuer sa folle course. En France, nous n'avons même pas le risque de cet étrange clivage culturel japonais entre hypermodernisme et tradition de sagesse fondée sur l'équilibre, car nous avons fait disparaitre toute tradition dans ce sens. Cela explique sans doute que nous soyions le seul pays où aucun débat réel n'aura lieu. Bon courage à nos enfants, beau cadeau pour eux, avec des stocks de déchets ingérables en prime.

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