Réflexions sur la nature profonde de l’école et son rapport au monde du travail

Lors de ses 4es rencontres internationales de l’éducation citoyenne, fin octobre 2010, le Réseau des Écoles de Citoyens (RÉCit), a organisé un chantier sur le thème « Processus de déshumanisation au travail et à l’école ». Le compte rendu de la conférence vient d’être publié sur le site Internet de l’association.

Lors de ses 4es rencontres internationales de l’éducation citoyenne, fin octobre 2010, le Réseau des Écoles de Citoyens (RÉCit), a organisé un chantier sur le thème « Processus de déshumanisation au travail et à l’école ». Le compte rendu de la conférence vient d’être publié sur le site Internet de l’association.

 

 

Sur la question de l’école, l’intervenant principal, dont l’expérience solide lui a donné une légitimité certaine, développait la thèse selon laquelle l’école est par nature aliénante et productrice de frustrations, de déceptions, et d’insatisfaction. Elle n’est selon lui qu’une machine à reproduire des soumissions : soumission à son modèle de fonctionnement et soumission à la société qu’elle sert. Sans que son nom soit cité, cette thématique évoque forcément les travaux d’Ivan Illich sur l’école comme outil d'aliénation pire que le monde économique.

 

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L’intérêt du compte rendu de la conférence tient dans le récit du débat qui la suivit. En effet, les participants y ont manifesté avec tenue et honnêteté leur incrédulité et leurs doutes concernant la radicalité de la thèse proposée. Ce faisant, ils ont convoqué des arguments simples, mais emprunts d’une authenticité louable. Au final, l’assistance a interrogé notre école en profondeur et n’est pas restée cantonnée aux strates apparentes sur lesquelles nous avons, tous, tendance à nous focaliser.

 

 

Le débat s’est conclu sur le constat que « que l’école et le travail sont intimement liés pour le pire et […] pour le meilleur demain : plus on demande d’être soumis dans le travail, plus on demandera à l’école de former des gens capables de se soumettre ».

 

 

La perspective qu’il existe des savoirs émancipateurs demeure néanmoins forte. Ces savoirs constituent des outils que l’homme peut utiliser pour changer sa société. L’espoir est bien présent que les consciences humanistes de nombreux enseignants et la possibilité d’échanges réels et ouverts avec les parents puissent donner à l’école une mission réelle d’émancipation citoyenne. « Des expérimentations existent, se développent et ouvrent des perspectives ». Il ne faut donc pas renoncer.

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