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Billet de blog 6 oct. 2020

General Electric, ça suffit

On a un problème majeur avec un employeur. Ça se traduit par une succession de plans de suppressions d'emploi. Cet employeur, GE, réalise une opération de restructuration massive de la filière énergie en Europe. Il ne faut pas qu'on saute d'un sujet à l'autre : aujourd'hui cela concerne renouvelable et Grid, hier les turbines à gaz, sans doute demain Steam.

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On doit avoir une vision globale. Si on ne l'a pas, on va se retrouver confronté à un défaillance complète de la filière. Les restructurations risquent fort de se transformer en déstructuration.

Et je parle bien de filière. Car si GE fait défaut, c'est EDF et ses homologues européens, exploitants de centrales électriques, qui se retrouveront avec des difficultés insolubles touchant à l'exploitation de leurs centrales. Face à ce démantèlement méthodique d'un de ses sous-traitant essentiel, comment EDF pourrait-il, demain, assurer la maintenance de ses centrales nucléaires et hydro, leur maintien en conditions opérationnelles, leurs rénovations ?

La bagarre qu'on mène dans tous les sites de GE, ce n'est plus une bataille défensive face à un patron brutal et courtermiste mais une mise en garde à nos gouvernants :

ce patron américain risque de vous mettre dans de sales draps. Les citoyens courent le risque de difficultés d'approvisionnement électrique. La situation est déjà, on le sait, tendue : les sécheresses récurrentes depuis quelques années forcent la mise à l'arrêt d'un certain nombre de centrales ; le projet Hercule de privatisation des concessions des barrages aboutit à remettre entre les mains d'opérateurs privé le "soin" de réguler des niveaux d'eau qui concourent à ce refroidissement. Si la maintenance n'est pas effectuée correctement, on augmente le risque de défaillance du réseau. La mise sur le réseau de machines comme les éoliennes nécessitent des développements au niveau de la gestion des réseaux, etc. les problématiques sont très nombreuses.

Le désengagement de GE de ces secteurs stratégiques pour le pays et la passivité du gouvernement qui ne porte aucune vision pour assurer la sécurité et l'indépendance énergétique du pays doivent nous alerter. Et, il faut être clair, pour GE ce n'est pas une préoccupation. Un blackout complet du pays ne dégraderait pas le moins du monde leurs comptes d'exploitation.

C'est au gouvernement – et/ou aux collectivités locales – et aux citoyens de s'emparer du sujet. Il faut que nous tous on reprenne en main notre destin. Le sacro-saint marché n'en est pas capable. Ce n'est pas son sujet. En réalité, c'est à un débat citoyen qu'on doit en appeler pour définir quelle politique énergétique on veut, comment la décarboner, et avec quels acteurs.

Comment sécuriser tout ça ? Certainement pas en confiant la tâche au marché en tout cas comme a semblé le croire Emmanuel Macron quand il a autorisé la vente d'Alstom en 2015. Cette décision idéologique, techniquement insensée et très douteuse sur la forme, il faut revenir dessus d'une façon ou d'une autre. Il faut faire sortir GE du jeu. Le faire avant qu'il ne soit trop tard. Avant que l'entreprise GE, ne soit plus qu'une coquille vidée de ses savoir-faire incapable de faire face.

On le voit aujourd'hui même notre indépendance alimentaire n'est plus assurée. Est-ce que le but de ce gouvernement, de Bruno Lemaire, c'est d'en arriver à la même situation pour l'énergie ? Le silence du gouvernement sur le sujet est insupportable.

Pourtant, la pandémie de COVID a donné lieu à des discours martiaux sur la nécessaire relocalisation d'activités stratégiques.

Nous en appelons à tous les responsables du pays, élus, militants, simples citoyens. Ne laissons pas faire le saccage que GE est en train d'opérer sur une industrie vitale pour nos infrastructures et voire celles de l'Europe.

Reprenons les choses en main.

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