Nicolas et le jardinier (petite fable moderne)

Entendre à longueur de flash d'information que le gouvernement français, en la personne de son ministre de la transition écologique se réjouit de la condamnation de Monsanto par la justice américaine, me fait franchement gerber.

Je ne suis pas un moraliste, la moraline n'est pas ma came. Tous, moi le premier, on se démène dans nos contradictions, on vit avec nos paradoxes, nos petites compromissions, nos petites lâchetés. Mais là, entendre à longueur de flash d'information que le gouvernement français, en la personne de son ministre de la transition écologique se réjouit de la condamnation de Monsanto par la justice américaine, me fait franchement gerber.

Après que le parlement européen se soit fait acheter, certes pas contre argent sonnant et trébuchant, mais contre des promesses d'emplois, de développement économique et autres fariboles, après donc que le parlement européen ait renoncé à interdire le poison avant 10 ans.

Après que le gouvernement français ait renoncé à le faire également avant 3 ans, que ce dernier ait renoncé à en inscrire l'interdiction du glyphosate dans la loi sur l'alimentation, après toutes ces faiblesses, voilà que les matamores sont de retour.

Rappelant le pathétique "qu'ils viennent le chercher" d'Emmanuel Macron, voilà Nicolas Hulot qui, fièrement déclare la guerre aux pesticides.

Il aura donc fallu que Dewayne Johnson, "simple jardinier" en phase terminale d'un cancer causé par ces poisons, aille seul au combat contre la firme et le gagne pour que notre ministre retrouve son courage.

Ce que 27 états n'ont pas osé faire, s'opposer à l'industriel empoisonneur, lui, ce quidam l'a fait. Les fanfaronnades de Nicolas Hulot sont affligeantes. L'indécence n'a pas de limites…

Je suggère donc plusieurs pistes à notre "premier écologiste de France" (sic)

  • Changer d'interlocuteur pour parler agriculture (la FNSEA est la principale complice des marchands de poison dans ce secteur)
  • Changer d'interlocuteur pour parler alimentation (la grande distribution est la principale complice des marchands de poison dans ce secteur)
  • Changer d'interlocuteur pour parler d'économie (l'industrie est la principale complice des marchands de poison dans ce secteur).
  • Changer de gouvernement (les "premiers de cordée" chers à Emmanuel Macron et à Edouard Philippe sont les principaux complices des marchands de poison en politique).

Bref ! Nicolas Hulot devrait changer encore une fois de profession et se faire jardinier, puisqu'il semble bien que l'efficacité, en termes d'écologie politique, ce soit là qu'elle se trouve.

 

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