Nous avons honte, nous avons mal.

600 hommes, femmes, enfants à qui on refuse le moindre regard, la moindre main tendue, au prétexte qu'ils menaceraient quelque chose qui serait "nous"

Nous petites filles de ritals, petits fils de polak, filles de bougnoules, fils de niakoués, nous considérons que nous sommes parfaitement en situation de demander au "peuple de France", à son gouvernement et au président qu'ils s'est choisi s'ils estiment que notre présence sur leur sol est abusive et les dérangent.

Est-ce que les descendants des celtes, des germains, des goths, des wisigoths, des romains veulent nous accompagner et que nous quittions tous ensemble ce territoire qui, à priori n'est plus ni le nôtre, ni le leur ?

Nous proposons de rechercher les véritables occupants de Lascaux, de Solutré, voire des Ezies, et d'octroyer à leur seule postérité la jouissance de ce territoire qu'il ne faut dès lors plus appeler la France.

Nous repartirons, tous autant que nous sommes comme les va-nu-pieds qu'étaient nos ancêtres. Nous repartirons avec nos route, nos ponts, nos peintures, nos chansons, nos livres, nos usines. Nous quitterons cette terre devenue inhospitalière. Nous remonterons sur des bateaux, nous retraverserons des montagnes, nous reprendrons des trains, des avions.

Nous laissons, la place aux australopithèques. Nous emmenons nos magasins, nos divans, notre algèbre, nos chiffres romains ou arabes, notre Joconde, Godot… que pourraient-ils en faire ?

Nous avons honte, nous avons mal.

600 hommes, femmes, enfants à qui on refuse le moindre regard, la moindre main tendue, au prétexte qu'ils menaceraient quelque chose qui serait "nous".

Sommes nous aussi fragile que la droite veut nous le faire croire ? 600 hommes, femmes, enfants sauvés pour les milliers qui ne l'ont pas été mettraient en péril la patrie des droits de l'homme, de la révolution française, de la Commune ?

Foutaises !

L'Italie, soigneusement, méthodiquement lâchée par une Europe de petits épiciers, s'abandonne aux joies vénéneuses des fascistes. Et c'est elle qu'un enfant gâté, mal élu, exclusivement préoccupé à complaire à ses futurs employeurs, qualifie de cynique.

Nous avons honte. Nous avons mal.

Nous voulons de bateaux pour aider, des moyens pour accueillir, soigner. Nous voulons retrouver un peu de notre dignité.

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