Intelligence artificielle

Il est incroyable qu'on débatte sans fin sur l'intelligence des non-humains, alors qu'on nomme sans hésitation "intelligence artificielle" les programmes informatiques équipant les véhicules autonomes aussi bien qu'un outil statistique permettant à la police de repérer un lieu où implanter prioritairement ses forces pour maximiser les interpellations.

Il est incroyable qu'on débatte sans fin sur l'intelligence animale et végétale, alors qu'on nomme sans hésitation "intelligence artificielle" les programmes informatiques équipant les véhicules autonomes aussi bien qu'un outil statistique permettant à la police de repérer un lieu où implanter prioritairement ses forces pour maximiser les interpellations.

Notre incapacité à tisser des liens avec le vivant non humain n'a d'équivalent que notre orgueil. Cet orgueil aboutissant à nous faire considérer l'intelligence exclusivement comme ce qui reproduit une ou plusieurs de nos fonctions cérébrales.

Le cartésianisme marchand actuellement au pouvoir n'a de cesse de nous faire prendre toute innovation pour une création quand elle n'est que parodie. Nul progrès dans la folie post-humaniste. Ni sacrifice, ni consolation. De la jouissance immédiate immédiatement dégradée en nouveau désir. Des shoots de dopamine à répétition.

L'intérêt que présente un "véhicule autonome" m'échappe. Sauf à considérer que, dans le monde que le Macronisme appelle de ses vœux, chacun d'entre-nous passera toujours autant de temps dans les transports mais que ce temps pourra être mis à profit soit pour travailler, soit pour consommer de la distraction. A ce compte là, il est clair que ce véhicule, représente une masse de temps de travail et/ou de consommation inespérée tombant dans l'escarcelle des "premiers de cordée".

La fascination qu'exerce ce qu'ils nomment intelligence artificielle doit être analysée comme un spectacle, un divertissement au sens que lui donne Pascal : ce qui nous détourne de la réalité, "mais qu’on juge quel est ce bonheur qui consiste à être diverti de penser à soi."

Elle joue le rôle de l'espérance dans la religion. Cette promesse qu'à la fin tout finira dans une chanson, comme dans une féerie de Walt Disney…

 

 

 

 

 

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