A Versailles on restaure

A Versailles, on accueille le voyageur en route pour Davos, bien mieux qu'on ne le fait du migrant en route vers sa dignité. Les maîtres du monde y trouvent gîte et couverts offerts pas la République.

La réception à Versailles, en grande pompe des grands patrons internationaux, par Emmanuel Macron est parfaitement indécente, pour le peuple de France.

Après que la bête a été affaiblie, à grand coups de 49.3 et d'ordonnances, le Capital peut enfin venir, en toute quiétude à la curée. C'est véritablement un serment d'allégeance que l’État français prête à ces détrousseurs. Et le jour est bien mal choisi. C'est le même où Oxfam annonce[1] que 82% des richesses produites l'an dernier ont été captées par 1% des plus riches qu'Emmanuel Macron choisit de leur remettre les clés de la cité.

Enrichissez-vous encore et encore ! Sans aucune retenue, sans le mauvais prétexte de ruissellement, de redistribution ou toute autre foutaise !  La bête est à terre, exsangue, le souffle court, rassasiez-vous belles gens. Gavez-vous, rotez, pétez, personne ne vous en tiendra rigueur. C'est le droit des vainqueurs, la raison du plus fort.

La symbolique versaillaise me laisse sans voix. L'endroit de l'ancien régime, de "l'Etat c'est moi". Celui encore, de la reddition aux prussiens. Celui de la lutte contre la commune de Paris ; Bismarck-Merckel soutient Thiers-Macron contre la populace. Le président est trop fin communiquant pour que ça lui ait échappé. L'humiliation se doit d'être totale.

On y parle encore une fois leur langue, "Choose France" après "made for sharing", "one planet submit" et autres 'Make planet great again". Cette novlangue des conquérants, celle qui participe de la colonisation des esprits.

A Versailles, en ce mois de janvier, on restaure, dans le double sens du terme.

A Versailles, on accueille le voyageur en route pour Davos, bien mieux qu'on ne le fait du migrant en route vers sa dignité. Les pillards sont les biens venus en France, pas les nécessiteux.

A Versailles, les maîtres du monde trouvent le gîte et le couvert offerts par la République. Versailles est devenu le caravansérail des plus fortunés.

 

 

[1] Martine Orange, Médiapart, 22 janvier 2018

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