Cotisations sociales

C'est reparti pour l'escroquerie intellectuelle du salaire net et de l'augmentation du pouvoir d'achat.

"Des collaborateurs qui veulent d'avantage travailler". "Le salarié augmente son net à la fin du mois", "on en est encore à détricoter les 35h, c'est dire le temps que ça prend", et bien sûr l'ineffable "c'est du gagnant-gagnant" (Thibault Lanxade sur France Inter journal de 6h le 27 août 2018 ainsi que sur France Culture à 7h...).

Répétons-le, ce que gagne le salarié, c'est son salaire brut, la différence, entre le brut et le net, c'est une prévoyance, une contribution. Et non pas une charge qui viendrait nourrir un Moloch insatiable. La situation qui permet aujourd'hui de justifier la diminution (pardon la non augmentation) des prestations sociales, retraite, allocations diverses, c'est cette interminable allégement des "charges". Cet "allégement" est en fait une rupture du contrat social allant certainement améliorer le bilan des entreprises mais dégrader celui des caisses de la sécurité sociale. La sécu, vous vous souvenez ? Cette grande création des travailleurs.

La suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires est donc, je le répète, une escroquerie intellectuelle. A double titre d'ailleurs. Car s'il est rare que les travailleurs veuillent spontanément "d'avantage travailler", la généralisation du statut de FAJ (Forfait Annuel Jours) à l'ensemble des salariés (cadres et non-cadres) comme le prévoit la 6ème ordonnance Macron, offre  de fait la possibilité aux patrons de payer ces "heures supplémentaires" sans majoration. La seule obligation horaire de ce statut, c'est les 11h de repos quotidien (fractionnables ?, j'ai un doute) il reste donc 13h de travail, chaque jour au tarif normal. Une bonne négociation en entreprise, aboutira sans doute au versement d'une prime sur objectif et basta.

Quant à celles et ceux qui perçoivent encore une majoration, la faire glisser du brut vers le net consiste simplement à vous prendre de l'argent sur votre livret A pour le mettre sur votre compte courant.

Quoi dire encore des exonérations de cotisation déjà pratiquées sur les bas salaires (à hauteur d'une trentaine de milliards) ? Les heures supplémentaires ne sont-elles pas déjà, de fait, exemptées ?

Quoi dire enfin du montant réel de cette exonération ?

J'encourage toutes celles et ceux qui entendent de telles fariboles dans les médias à y répondre. Il faut en finir avec cette propagande sans fin.

 

 

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