Le "casse de Grenelle": devoir d'incrédulité

Le "casse" de Grenelle: tout porte à croire qu'il ne faut rien croire de qu'on veut nous faire croire sur les prétendus faits de la rue de Grenelle. Des choses se sont matériellement produites, c'est sûr, mais nous n'en savons strictement rien: ni quoi, ni comment, ni par qui. Et encore moins, pourquoi ce récit troublant nous est envoyé en pleine figure, en apparence, brut de décoffrage.

Les médias nous offrent des images de quelque chose qui se serait passé rue de Grenelle. Un extrait d'une bande de vidéosurveillance, avec très peu d'images des minutes censées précéder les images d'un chariot élévateur traversant le champ de la caméra (de g à d). Et rien de ce qui se serait passé après. Du peu d'images qu'ont choisi de communiquer ceux qui les détenaient, on peut déduire de solides raisons de suspendre notre jugement quant à la nature, à la teneur des faits.
On voit d'abord une scène de rue, on ne peut plus tranquille, avec des gens (portant ou non un gillet jaune), qui ne semblent pas engagés dans une action précise. Tout se passe comme s'il y avait d'un côté des "GJ" lambda, évidemment pas masqués, "détendus" (une commentatrice bfm dit "certains filment"); ce sont ceux qu'on voit d'abord; et on voit d'autre part quelques individus (dûment) masqués qui font irruption et semblent même surprendre les GJ "badauds". Il s'impose de visionner ces images plusieurs fois pour vérifier ceci (ou l'infirmer). En tout cas plusieurs questions s'imposent d'elles-mêmes:
1.Pourquoi coupe-t-on cet extrait-là de l'ensemble de la bande vidéo, certainement plus longue, sans presque rien avant et surtout rien après? Que font avant, que deviennent ensuite les GJ "badauds" après le passage du chariot?
2. Qui communique ces vidéos à qui? N'est-ce pas à nouveau un crime de détournement, recel et usage non autorisé de pièces à conviction qui seront forcément versées au dossier de ces faits qui, n'en doutons pas, auront des suites judiciaires, comme ce fut le cas des vidéos dans l'affaire Macron-Benalla?
4. Autrement dit: où serait la différence, sinon que cette fois il y a l'opportunité politique de la stigmatisation du mouvement de GJ?
Conclusion: Je considère que je ne sais rien, que le public ne sait rien de ce qui s'est passé, et qui a pourtant commencé à produire des effets matériels assez effrayants, puisqu'ON fait semblant de croire que le public sait déjà la vérité. Les ombres s'accumulent...

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