Iran: On se calme!

Dans le climat alarmiste savamment entretenu qu'on nous impose, on ferait mieux de refroidir un peu la machine.

Dans le climat alarmiste savamment entretenu qu'on nous impose, on ferait mieux de refroidir un peu la machine. Considérons que:
1. L'Iran est un grand pays, il a une haute idée de lui-même (il revendique 7000 ans d'Histoire), il n'est pas suicidaire. Au point de vue moral, l'Occident a envers lui une lourde dette ("prêt" de milliards pour financer le nucléaire français - "Eurodif"- moyennant promesses de transfert de technologie, renversement du régime démocratique de Mossadegh, appui aux rêves de grandeur du Shah, aide à son renversement par... les oulémas!).

Enfin, il est entouré de puissances nucléaires, dont aucune n'est entièrement fiable (usage strictement défensif): Pakistan, Inde, Russie, Israël...

Il faut entendre les raisons de Iraniens, sans être obligés de les accepter. Si on ne comprend pas ceux avec qui il FAUT négocier, on est cuits.
2. L'Iran aura l'énergie nucléaire: impossible à la longue, donc inutile, de tenter de l'en empêcher.

3. L'Iran aura la bombe nucléaire: Idem.

4. Ce n'est pas la fin du monde. Mieux vaut l'encadrer, l'ademttre dans les instances internationales comme un partenaire.

 

La "fin du monde" serait plutôt à craindre d'un autre côté (ou plutôt de deux côtés):
a) Du Pakistan, pays récent, artificiel, multiethnique (conflictuel), construit sur la base de la religion (et du séparatisme religieux/Inde), parcouru par des passions extrémistes incontrôlables, détenteur et proliférateur du nucléaire. Un danger pour l'Iran lui-même.
b) D'Israel, n'en déplaise à ceux qui, comme moi, pensent que cet état doit, malgré la violence qui est à son origine, d'une part, et la politique insensée qu'il mène depuis des décennies, être défendu et sauvegardé. La montée de la paranoia nationaliste peut conduire Israel à une action qui ne ressemblera pas, dans ses effets, à celles (limitées) de la destruction d'Ozirak, du bombardement sur la Syrie, etc. Les conséquences seraient d'un autre ordre de grandeur et nous propulsent vers des situations incalculables.
Alors, on se calme. On négocie. On favorise l'émergence de forces plus ou moins (ben oui!) démocratiques soucieuses de l'avenir (et de l'existence même) du pays (Iran), qui seraient irrémédiablement compromis par une action militaire (nucléaire ou non) qu'il mènerait contre Israel.
On respire et on essaie de penser par nous-mêmes sans se laisser emporter par les manipulations, Vous ne croyez pas?

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