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Billet de blog 1 juil. 2022

De la violence dans le champ institutionnel (1) : origines

Les 37èmes rencontres de Saint-Alban étaient consacrées à la fabrique de la violence. A cette occasion, il paraissait important de revenir sur les fondements des phénomènes violents dans le champ institutionnel : voici donc cette présentation en deux parties, origines et déploiements

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Quand l’équipe des journées de St Alban m’a sollicité pour aborder les enjeux de la violence dans le champ institutionnel en pédopsychiatrie, je me suis demandé par quel bout j’allais bien pouvoir prendre cette problématique. Trop d’exemples, trop de vécus, trop d’histoires se bousculaient en moi, dans tous les sens…Le mot « Violence » charriait effectivement tout un spectre de situations, avec le risque d’en arriver à une forme de litanie descriptive, certes indignée, mais peu pertinente sur le plan de l’analyse clinique des phénomènes en question.

De fait, selon Piera Aulagnier, nous ne pouvons que constater une forme de « surcharge sémantique qui pèse sur le concept de violence ». Par ailleurs, en dépit de connotations a priori très négatives, l’étymologie du mot « violence » dérive du latin « vis », qui signifie « force en action ». Le verbe « volere » découle effectivement du grec « bios » intimement lié à l’idée de vitalité, au désir de vivre. Ainsi, comme le souligne Florian Houssier, au-delà de la destructivité et de l’intention de nuire, « la violence est aussi une force de vie vouée à être liée au courant libidinal, intégrée puis sublimée en vue de la poursuite des désirs du sujet ».

vitrail de la chapelle de l'hôpital François Tosquelles à Saint-Alban

Dès lors, évoquer les enjeux de la violence institutionnelle suppose au préalable un travail de discrimination, de délimitation et de définition. En effet, à défaut, l’écueil évident serait d’aboutir à des confusions et à des amalgames qui ne permettraient pas de véritablement clarifier les dynamiques en jeu.

Or, en tant que pédopsychiatre d’orientation analytique – oui, oui, ça existe encore, et non, ce n’est pas une insulte…-, il me semble toujours intéressant, pour ne pas dire nécessaire, d’en revenir aux fondements des phénomènes afin d’en appréhender les origines et les déploiements ultérieurs. Ainsi, vouloir comprendre la violence dans le cadre institutionnel devrait déjà en passer par un retour à ses sources archaïques, c’est à dire à ce qui se tisse à l’aube de la vie psychique à travers les liens primaires et les premières affirmations développementales, au sein de l’institution primordiale que constitue la famille.

Il n’est sans doute pas politiquement correct de se pencher sur les racines familiales de la violence, mais c’est néanmoins un impératif anthropologique si on espère pouvoir faire preuve d’un minimum de discernement.

De fait, comme le soulignent l’anthropologue D. Graeber et l’archéologue D. Wengrow, « la domination commence à la maison ». « Si l’esclavage trouve son origine dans la guerre, il est d’abord et avant tout une institution domestique ». « Les hiérarchies et la notion de propriété ont peut-être un fondement sacré, mais les formes d’exploitation les plus brutales s’enracinent dans les liens sociaux les plus intimes : elles représentent une perversion des relations d’éducation, d’amour et de soin » …A bon entendeur. Sans vouloir vous assommez avec les statistiques officielles concernant les violences intrafamiliales, je rappellerais uniquement que, dans la start up nation, un enfant meurt tous les 5 jours à domicile, du fait de la maltraitance de son entourage…

Pourtant, ces faits paraissent toujours scandaleux, inenvisageables, et tendent dès lors à être invisibilisés par d’intenses communautés de déni. Il n’y a qu’à voir les campagnes calomnieuses menées par certains groupes d’intérêts pour acculer les cliniciens et les institutions qui oseraient encore signaler des situations de maltraitance, en particulier concernant des enfants dans le spectre de l’autisme…Bref, passons…

Vierge à l'enfant de la chapelle de l'hôpital François Tosquelles à Saint-Alban

Cependant, ce n’est pas avec une idéologie irénique à l’eau de rose que nous allons pouvoir comprendre quelque chose des dynamiques de la violence ; chassez le négatif par la porte, il revient par la fenêtre…D’ailleurs, comme le souligne malicieusement Frédéric Lordon, « on accorde généralement qu’une discipline née à la fin du XIXème siècle a été un progrès pour la pensée. Elle s’appelle la psychanalyse, et ce qu’elle nous montre des fonds de cuve de l’âme humaine n’est pas joli-joli, en tout cas peut susceptible de soutenir une anthropologie à fleurs » … Il parait donc essentiel de clarifier d’emblée un point que nous allons approfondir. Que ce soit dans la famille, ou dans toute forme institutionnelle, il y a violence et violence. Nous entendons par là qu’il y a une forme de violence qui va dans le sens de l’affirmation, de la maturation, de l’élargissement des capacités d’agir, de la subjectivation, etc. Et une autre forme de violence qui se situe davantage du côté de l’emprise, du sadisme, de la destructivité, des passions tristes et mortifères, etc.

Et c’est justement dans la sphère des interactions primaires que l’on pourra mieux discerner ces deux tendances. En effet, les processus développementaux sont inévitablement empreints d’une forme de violence, à même non seulement de garantir la survie mais aussi l’individuation, la maturation, la socialisation et la reconnaissance progressive de l’altérité. Selon Cornelius Castoriadis : « du point de vue psychique, la fabrication sociale de l’individu est un processus
historique moyennant lequel la psyché est contrainte (que ce soit doucement ou brutalement, c’est toujours d’une violence faite à sa nature propre qu’il s’agit) d’abandonner (jamais totalement, mais suffisamment quant au besoin/usage social) ses objets et son monde initiaux et d’investir des objets, un monde, des règles qui sont socialement institués
 » (CASTORIADIS, C. 1990. Le monde morcelé, Paris, Le Seuil).

Néanmoins, de façon prioritaire et antérieure, le bébé, totalement immature et dépendant, doit d’abord garantir son autoconservation, l’effort pour persévérer dans son être, ce qui suppose, d’après Jean Bergeret, la mise en œuvre d’une forme de « violence fondamentale » (Bergeret, 1984) à même de soutenir les forces primitives de vie.

Il s’agirait là d’une forme de « violence instinctuelle », d’un fond phylogénétique et anthropologique, qui n’aurait rien à voir avec l’agressivité, le sadisme ou la haine, mais plutôt avec un besoin égoïste de possession, de domination et d’emprise, ne tenant aucun compte de la douleur éventuelle d’autrui. Et pour cause, à ce stade proto-représentationnel et préambivalent, l’objet instinctuel n’est pas véritablement identifié, il « bénéficie d’un statut beaucoup plus réduit, beaucoup plus flou, beaucoup moins spécifique que l’objet pulsionnel ». De fait, selon Freud, « l'extérieur, l'objet, le haï seraient, tout au début, identiques ». Ainsi, cette « violence » n’est-elle pas adressée et ne cherche-t-elle pas à atteindre l’autre, non clairement repéré comme tel.

« La violence fondamentale se centre au contraire sur un effort d’édification d’une identité primaire narcissique dont le principal « objet » demeure le sujet lui-même, l’objet « extérieur » n’étant encore qu’en cours d’individualisation » (Bergeret).

Il faudra donc accéder à l’identification secondaire, reconnaitre la singularité de l’objet d’attachement et du lien chargé d’ambivalence à son égard, pour que puisse se déployer une véritable agressivité, visant « à nuire de façon très spécifique à l’objet, surtout à le faire souffrir » - à la mesure de l’intrication des pulsions libidinales et des tendances hostiles.

Ainsi, il convient de ne pas « confondre au sein de la relation mère-enfant ce qui appartient au registre de l’agressivité (et qui contient un amalgame d’amour et de haine) avec ce qui ressort de la seule violence fondamentale, instinct primaire purement défensif de la vie et ne connotant ni vectorisation objectale encore précise ni capacité d’amour ou de haine ».

Cependant, cette force vitale constituant le fondement d’une véritable lutte pour l’existence se manifesterait au sein d’un double courant de sentiments régnant entre les parents et les enfants, un courant d’attachement libidinal d’un côté, et un courant d’affrontement et de rivalité de l’autre.

Toute mère suffisamment bonne est effectivement traversée par ses propres fantasmes, sa conflictualité ou son ambivalence par rapport à son désir de maternité, ainsi que par un investissement pulsionnel qui préexiste à l’arrivée de l’enfant réel ; cet être de chair et de larmes entre parfois en collusion brutale avec l’enfant imaginaire et fantasmatique qui l’anticipait sur un mode idéalisé. Et comme le rappelle Winnicott, il n’y a que trop de raisons pour une mère de haïr légitimement son bébé, cette créature incompréhensible qui vient « parasiter » son corps, son âme et envahir toutes ses préoccupations, qui la fait basculer du statut de femme et d’amante à celui de mère aliénée par la dépendance de son nouveau-né. Et que dire du père, qui voit ce « rival » l’éclipser, lui dérober sa place en accaparant l’attention exclusive de sa compagne…

D’après Bergeret « à ce niveau très élémentaire de l’épigenèse imaginaire interactionnelle la production fantasmatique violente ne peut fonctionner que dans les deux sens de la communication interpersonnelle ». Dans une dynamique transgénérationnelle, face à la violence fondamentale du tout jeune enfant, « l’adulte voit, en même temps, se réveiller en lui en écho les parties forcément mal intégrées de sa propre violence primitive ». Désolé, tout cela n’est pas très politiquement correct…

Dès lors, « les réponses apportées par la mère dépendront de la façon dont elle sera elle-même en mesure de recevoir les identifications projectives de l’enfant ; le choix entre l’acceptation ou le refus de ces premières formations imaginaires assez brutales de l’enfant sera déterminé chez la mère en fonction du degré d’intégration de ses propres mouvements imaginaires violents à elle. De tout cela découlera chez la mère soit une réaction de tendresse et d’acceptation, soit une réaction de refus et de violence avec la troisième solution, en plus, d’une pseudo-tendresse constituée par un simple contre-investissement des représentations imaginaires violentes ».

Au fond, pour intégrer, organiser et vectoriser cette violence fondamentale, pour l’orienter vers des possibilités d’intrication, de liaison, de symbolisation, de créativité, il faut donc des inductions extérieures, les rêveries, fantasmes, narrations, mouvements de l’entourage relationnel, qui eux-mêmes font inévitablement effraction au sein du psychisme émergent.

Le devenir de la vie pulsionnelle, et notamment des incontournables mouvements de violence, dépendra donc à la fois des prédispositions « biologiques » ou du tempérament du sujet, mais aussi, de façon déterminante, des « réponses » interactives que l’environnement apportera à ces manifestations.

Comme le soulignait M. Klein, « plus le Moi parvient à intégrer les pulsions destructrices, plus il s’enrichit » - en considérant que cette possibilité dépend évidemment des conditions environnementales au sens large - incluant aussi les arrière-plan sociaux - et de la reconnaissance ou de la tolérance à l’égard des manifestations violentes en tant que tentative d’affirmation subjective.

A défaut de cette intégration de la violence primitive, c’est toute l’économie affective du sujet qui peut se trouver fragilisée dans ses fondements. Dès lors, « le registre élaboré libidinalement et le registre violent primitif co-existent sans liaison », sans métabolisation de cet instinct primordial au sein d’un imaginaire qui aurait admis une fois pour toute l’ambivalence des sentiments sous le couvert de l’intersubjectivité.

En conséquence, « dans de telles situations économiques, la violence fondamentale demeure à l’état flottant, à l’état non intégré, et ne demande qu’à se voir réactivée à la moindre frustration, à la moindre occasion conflictuelle, sans grande capacité de secondarisation ».

Nous reviendrons ultérieurement sur les reliquats de cette violence fondamentale non intégrés, et sur certaines de leurs déclinaisons possibles dans les dynamiques collectives et institutionnelles.

Mais penchons-nous à présent sur les « inductions environnementales » qui permettent d’orienter ces formes violentes archaïques vers l’affirmation subjective et le déploiement de la créativité libidinale et existentielle.

Là se situe ce que Piera Aulagnier qualifie de « violence primaire », c’est à dire « l’action psychique par laquelle on impose à la psyché d’un autre un choix, une pensée ou une action qui sont motivés par le désir de celui qui l’impose mais qui s’étayent sur un objet qui répond pour l’autre à la catégorie du nécessaire ».

Explicitons : le dire et le faire maternelles déversent toujours « un flux porteur et créateur de sens, qui anticipe de loin sur la capacité de l’infans d’en reconnaitre la signification et de la reprendre à son compte ». Ainsi, cette « violence », non seulement inévitable mais nécessaire, renvoie à la différence entre un espace psychique parental constitué par l’après-coup, et déjà tissé d’histoires, de fantasmes, de refoulement, et une organisation psychique immature, en émergence. C’est ce que Jean Laplanche qualifie de situation anthropologique fondamentale, avec sa dynamique incontournable de « séduction originaire ».

D’emblée, le petit d’homme se trouve donc exposé à la « violence » d’un hors-soi qui élabore ses mouvements internes et en propose une interprétation signifiante (linguistique, comportementale, affective…). Cette activité est particulièrement, mais pas exclusivement, dévolue à la « fonction maternelle », porte-parole qui métabolise le vécu du bébé en tant que représentant d’un ordre extérieur. L’enfant reçoit ainsi des messages transformés, ayant d’abord séjourné dans l’aire de la psyché maternelle afin de pouvoir être réintégrés en une représentation de son rapport au monde. Ce matériau qui fait irruption est amené à être secondairement remodelé par la psyché de l’infans, sans pouvoir empêcher que fassent brèche dans son propre espace des éléments hétéronomes et énigmatiques ; « ce sont les rejetons du principe de réalité, témoins de la présence, de l’altérité et du discours du représentant de l’Autre » (ibid.). Cette parole qui vient de l’extérieur anticipe sur toute représentation possible, elle constitue une violence nécessaire pour que le bébé puisse accéder à l’ordre de l’humain qui se déploie autour de lui.

En définitive, la mère ne s’adresse pas seulement au bébé réel, elle communique également avec l’identifiant de l’enfant imaginaire et fantasmatique qu’elle conserve dans son monde représentatif.

Ainsi, « le discours maternel commence par s’adresser à une ombre parlante projetée sur le corps de l’infans » (ibid.). Par conséquent, le bébé ne peut échapper aux énoncés identificatoires qu’il reçoit, à tous ces désirs maternels qui le concernent et qui viennent anticiper son propre devenir. Les souhaits inconscients des figures d’attachement préfigurent dès lors de façon décisive les propres attentes et désirs de l’enfant.

D’un côté, cette énigme qui se distille dans la psyché infantile est donc un véritable besoin primaire, dans le sens où elle s’avère être le ferment qui favorise la sortie progressive de la sphère d’omnipotence primaire et l’émergence du sujet. Mais de l’autre, cette limitation de la toute-puissance infantile, cette violence interprétative qui le parle, le fantasme, l’identifie, le situe, l’assigne, l’inscrit, ne peut que mobiliser une forme de rejet du fait de sa dimension traumatique intrinsèque.

De surcroit, à travers les désajustements et les inévitables dysharmonies dans le lien primaire, la reconnaissance progressive de l’altérité ne peut naitre que dans la haine. Dans la mesure où l’objet d’attachement est source de satisfaction, il est aussi source de dépendance, il peut « manquer » et, pour cela, il sera haï et attaqué fantasmatiquement. En effet, comme le rappelle René Roussillon, « ces écarts mobilisent des mouvements de destructivité chez le bébé qui est en rage contre tout, lui et le monde, sous l’impression d’avoir perdu-détruit sa capacité à la satisfaction ».

Là se situe sans doute, selon Florian Houssier, le « modèle de toute violence : se vivre passivé ou sous l’emprise de l’objet provoque le retournement en son contraire, agir la violence dont le sujet se sent la victime de l’intérieur ». Reconnaitre la dépendance à un autre peut être perçu comme insupportable et persécutant, induisant alors un fantasme de représailles destructives. Or, c’est à ce niveau que le rôle de l’environnement relationnel est tout à fait décisif. En effet, pour Winnicott, il est nécessaire que « l’objet primaire » puisse survivre à cette destructivité, c’est-à-dire qu’il n’exerce pas de représailles, qu’il ne se retire pas, tout en signifiant qu’il a pu être touché, altéré, en restant vivant et créatif. Dans des circonstances « suffisamment bonnes », malgré les attaques fantasmatiques, le contact est renoué, le lien a pu résister, ce qui amène à intégrer la place de l’autre-sujet, possédant ses désirs et ses investissements de façon indépendante, échappant à l’omnipotence illusoire, tout en reconnaissant, en intégrant, et en signifiant les mouvements en jeu, notamment dans leur dimension d’hostilité. Dès lors, cette survivance du lien à la destructivité permet l’intégration progressive de la différenciation intersubjective, tout en apaisant la culpabilité vis-à-vis de ses propres motions violentes.

La subjectivation primitive est ainsi une véritable déterritorialisation, et la reconnaissance de l’altérité ne peut advenir que dans la confrontation vis-à-vis d’une réalité externe sur laquelle vient achopper le sentiment de toute-puissance infantile.

Or, c’est justement dans ce processus de maturation/socialisation de la psyché, imposé du dehors, que Cornelius Castoriadis situe les « racines psychiques et sociales de la haine », du fait notamment de « la tendance fondamentale de la psyché à rejeter (et ainsi à haïr) ce qui n’est pas elle-même ».

Ainsi, du point de vue psychanalytique, il existerait deux vecteurs de haine. Le premier, comme on l’a souligné, serait haine de « l’autre réel ». Plus paradoxalement en apparence, le deuxième serait la haine de soi. « Car le Moi est un des premiers étrangers qui se présentent à la psyché ». Pour Castoriadis en effet, « le Je, essentiellement fabrication sociale, n’est pas davantage « moi » que ne l’est n’importe quel voisin ou passant. Contrairement à ce qui semble être généralement cru, cette haine de soi est universelle. Il est clair qu’elle (plus exactement, le sujet qui la porte) ne peut survivre qu’en étant fortement domptée et/ ou déplacée vers des objets vraiment « extérieurs ». Moyennant ce déplacement, le sujet peut conserver l’affect en changeant d’objet ».
Voilà donc un des motifs fondamentaux de cette « violence » irréductible de la socialisation de la psyché : proposer du sens et des objets extérieurs pour orienter les pulsions destructrices, suggérer des voies de décharge, des dérivés sublimatoires, etc. En somme, à travers les significations imaginaires sociales et les entités collectives instituées, il s’agit entre autres de permettre une vectorisation libidinale de la violence fondamentale.

Dès lors, « cette structure ontologique (…) condamne irrévocablement toute idée d’une société « transparente », tout projet politique qui viserait la réconciliation universelle immédiate en prétendant court-circuiter l’institution ». Mais, en contrepartie, elle porte aussi en germe tous les relents de haine que le fait institutionnel peut à la fois accaparer, détourner, instrumentaliser, mais aussi attiser et recevoir…

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