Haïti: la pandémie instrumentalisée par le pouvoir pour réprimer la contestation

Contrairement aux prévisions alarmantes faites au printemps, la pandémie de COVID-19 ne semble pas s'abattre sur Haïti. La crise mondiale reste pourtant lourde de conséquences pour la population haïtienne : la pandémie est utilisée par le pouvoir en place pour contrôler – avec l'aide de milices – le mouvement de contestation anti-gouvernemental qui agitait le pays depuis plusieurs années déjà.

Contrairement aux prévisions alarmantes faites au printemps, la pandémie de COVID-19 ne semble pas s'abattre si durement sur Haïti : le 13 août, le pays caribéen comptait officiellement 7 781 cas confirmés et 192 décès, alors que des chiffres allant jusqu'à 20 000 morts avaient été précédemment évoqués.

« On observe que nous n’avons pas autant de décès ou autant de cas sévères que ce à quoi nous nous attendions », a déclaré Patrick Dély, qui dirige le département d’épidémiologie au laboratoire national, en Haïti. L’État d’urgence sanitaire a d'ailleurs été levé le 20 juillet dernier dans le pays, même s'il est important de préciser que le respect des mesures barrières pour éviter la propagation du virus restent de mise tout comme un couvre-feu établi de minuit à 4h00 du matin.

« La catastrophe annoncée n'est jamais arrivée et n'arrivera peut-être jamais. Pour les spécialistes de la santé, ça reste énigmatique. La vérité, peut-être, eu égard à l'analyse de quelques chercheurs indépendants, c'est une combinaison de l'ensemble de ces facteurs: notre population est jeune, le virus a du mal à se développer dans notre climat, les vaccins qu'on a pris contre la tuberculose et la malaria nous ont aidés, et surtout la connaissance et l'usage de la médecine traditionnelle par la population », explique au cours d'un entretien Guy Laurore Rosenez, défenseur des droits humains au Bureau des Avocats Internationaux (BAI) et membre du Mouvement de Liberté, d'Égalité des Haïtiens pour la Fraternité (MOLEGHAF).

Une Commission d’évaluation des remèdes traditionnels utilisés contre la Covid-19 en Haïti, composée de 5 professeurs de l’Université d'Etat d'Haïti a d'ailleurs présenté un rapport jeudi 30 juillet 2020 dans lequel elle établit qu'« il est possible de dire aujourd'hui que la population a su faire un choix de plantes et de recettes pouvant, dans l'urgence où elle se trouve, l'aider à gérer l'affection. Le fait qu’il s’agisse d’une population n’ayant jamais renié ses savoirs ancestraux en ce qui trait à l’usage des plantes et qui a toujours fait appel à la phytothérapie pour traiter ses maux quotidiens, a certes aidé à cette réaction rapide et adéquate à une maladie complètement inconnue jusqu’ici. Ce riche savoir a sans doute contribué à éviter de nombreuses pertes de vie au sein d’une population déjà affectée par une situation socio-économique catastrophique. »

Cependant, la crise sanitaire mondiale reste lourde de conséquences pour la population haïtienne, puisqu'elle est largement utilisée par le pouvoir en place pour contrôler le mouvement de contestation anti-gouvernemental qui agitait le pays depuis plusieurs années déjà.

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« L'arrivée du virus est un soulagement pour le gouvernement de Jovenel Moise »

 C'est en 2016 qu'est arrivé au pouvoir, après un processus électoral tumultueux long de plus d'un an et avec un taux de participation d'à peine 21%, l'actuel président haïtien Jovenel Moïse. Agro-industriel exportateur de bananes et novice en politique, il a été propulsé par l'ancien président Michel Martelly (2011-2016) comme son successeur avec le soutien des États-Unis, de l'Organisation des États américains (OEA) et d'autres gouvernements étrangers. Selon des documents obtenus par Al Jazeera, auparavant, Martelly lui-même avait reçu de l'argent des États-Unis par le biais de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID, pour son acronyme en anglais) pour faciliter sa victoire électorale.

Pour Guy Laurore Rosenez, Moïse n'est autre qu'« un président très illégitime et contesté par la population, allié de l'élite conservatrice haïtienne qui utilise l'Etat comme moyen de gagner de l'argent et détourner les fonds publics. »

Depuis son arrivée au pouvoir, il a fait face à de nombreuses crises causées tour à tour par la corruption, la pénurie de carburant, ou la définition du budget de l'État mais aussi les inégalités, le chômage, l'inflation et l'insécurité croissante.

À partir de 2018, le mouvement de contestation qui exige son départ du gouvernement devient massif. Malgré des épisodes de répression extrêmement violente, qui donne lieu à différents massacres en particulier dans les quartiers de la Saline, Bel Air, Tokyo, Grand Ravine et Carrefouf-feuilles, le mouvement continue et la situation débouche sur le « péyi lók » (en français « Pays bloqué »)  : la paralysie totale, de septembre à décembre 2019, de la circulation et de l'activité économique et commerciale sur l'île.

« C'est dans ce contexte que l'on a commencé à entendre parler à travers le monde d'un virus qui était en train de se propager à travers le monde », explique Laurore-Rosenez. C'est finalement, en mars 2020 qu'est enregistré le premier cas de coronavirus en Haiti : « à partir de là, le pouvoir qui était à genoux à causes des mobilisations va pouvoir souffler : l'arrivée du coronavirus est un soulagement pour Jovenel Moïse qui va prendre un ensemble de mesures pour limiter la circulation ».

Un couvre-feu est établi, et la population est sommée de rester chez elle, malgré les conditions de vie réelles sur l'île qui rendent impossible le respect du confinement. Comme le détaille le défenseur des Droits Humains, « dans le contexte haïtien il est impossible de demander à la population de rester confinée chez elle dans la mesure où l'on a affaire à des gens qui vivent au jour le jour, c'est une économie informelle où l'on survit grâce à des activités de débrouille. Mais le pire c'est qu'il y a eu une campagne médiatique pour alarmer la population. »

Le Ministre des Travaux publics, Joacéus Nader, a par exemple déclaré se préparer à faire face à une importante quantité de décès dû au COVID-19, pouvant atteindre les 1 000 à 1 500 par jour, et dont les éventuelles dépouilles allaient être inhumées dans des fosses communes, ravivant par là les souvenirs douloureux du séisme qui avait fait plus de 220 000 victimes en 2010.

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Pourtant, et heureusement, la situation sanitaire ne s'est pas aggravée jusqu'à présent. « Je pense qu'il est important que le monde entier sache qu'Haïti s'en sort bien et que tout le reste, ce sont des propagandes gouvernementales pour justifier les répressions du régime pour se reproduire au pouvoir, à moins d'un an de la fin du mandat constitutionnel du soit-disant président de la république qui veut prolonger son mandat d'un an de plus », insiste Laurore-Rosenez.

La naissance du G9, groupe armé à la solde du pouvoir

Outre les mesures sanitaires prises par le gouvernement de Jovenel Moise, le pays caribéen est actuellement marqué par un événement majeur : la naissance du “G9 an fanmi e alye” (en français «  G9 en famille et alliés »), une alliance de gangs armés principalement actifs dans la région de la capitale Port-au-Prince.

 « G9 en famille et alliés est une fédération des gangs armés où de nombreux criminels, auteurs de plusieurs massacres contre la population civile des quartiers populaires, agissent à la solde du pouvoir dans le cadre d'un terrorisme d'État. C'est très grave et c'est même plus grave que la catastrophe annoncée par la COVID-19 qui n'a pas eu lieu », alerte Guy Laurore-Rosenez.

 Les liens étroits qui unissent les membres du G9 et le gouvernement de Moïse ont été dénoncés à de nombreuses reprises par les principales organisations de défenses des Droits Humains du pays, en particulier le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et la Fondasyon Je Klere (FJKL).

 « Le G9 est aujourd’hui puissant au niveau du pouvoir. L’un de ses responsables, Jimmy Cherizier alias Barbecue, affirme vouloir prendre le contrôle de plusieurs quartiers défavorisés du pays. Les membres du G9 participent à des rencontres de haut niveau, sont consultés par les autorités étatiques et leurs conseils sont pris en compte », dénonce par exemple le RNDDH.

 Le cas de Chérizier est particulièrement criant : d'après le site de recherche et d'analyse sur le crime organisé Insight Crime, la première fois qu'il a été impliqué dans un massacre, en novembre 2017, il était membre de la Police Nationale d'Haïti (PNH). Le massacre a commencé par une opération anti-gangs et s'est terminé par l'exécution extrajudiciaire d'au moins 14 civils innocents dans le quartier de Grand Ravine, à Port-au-Prince. Un an plus tard, en novembre 2018, Chérizier aurait été impliqué dans le meurtre de 71 personnes durant le massacre de La Saline, le pire en Haïti depuis plus d'une décennie. En novembre 2019, son nom est apparu dans un rapport des Nations Unies concernant de nouvelles violations des droits humains dans le quartier Bel-Air. Aujourd'hui, après avoir été expulsé de la police en décembre 2018, Chérizier est devenu l'un des principaux leader du G9.

 Malgré un mandat d'arrêt émis contre lui en février 2019, « chaque jour, les pouvoirs de Jimmy Cherizier se renforcent. Il est un homme puissant, craint par le secteur privé des affaires, bras armé du président Jovenel Moïse, protégé par l’institution policière qui facilite ses déplacements, l’assiste dans ses différentes actions et fait souvent appel à lui », affirme le RNDDH.

 Contrairement à ce qui a pu être relayé dans certains médias, "G9 n'a rien à voir avec une initiative de paix, d'ailleurs les victimes pleuvent encore dans les quartiers populaires", souligne Laurore Rosenez.

 Entre le 23 et le 27 mai, dans le quartier de Pont rouge, à Port-au-Prince, l’alliance formée par les gangs armés a tué au moins 34 personnes. Selon des informations relayées par le RNDDH, au cours du mois de juillet 2020, la violence liée aux gangs a fait au moins 50 morts et une trentaine de personnes ont été portées disparues dans le quartier de Cité Soleil.

 Les exactions commises par le G9 semblent bénéficier d'une totale impunité. Comme l'a dénoncé la FJKL dans un communiqué, « Tout se passe comme si les autorités n’existaient pas ou se veulent à tout prix complices des assassins. Aucune arrestation n’est effectuée. Aucune interpellation non plus. Les criminels continuent de bénéficier de l’impunité officielle et ne s’inquiètent de rien ».

 « Apparemment, les chefs de gangs ne sont pas poursuivis tant qu'ils contribuent à maintenir la paix dans les quartiers qui sont sous leur contrôle. En retour, le gouvernement Moïse voit en eux des soldats fidèles qui luttent contre l'insécurité, font taire les voix de l'opposition et renforcent le soutien politique dans toute la capitale », dénonce par ailleurs Insight Crime.

 "Le pouvoir se sert des gangs, les gangs sont à la solde du pouvoir, ça tout le monde le sait mais ces exemples montrent l'évidence de la situation", conclue Laurore-Rosenez.

Une longue histoire de milices paramilitaires et d'ingérence internationale

 Le fait qu'un gouvernement bénéficie du soutien d'un groupe armé de type paramilitaire n'est pas nouveau en Haïti.

« Il y a un classique dans la sociologie politique haïtienne: la violence joue un grand rôle dans les rapports de pouvoir », déplore Laurore-Rosenez avant de revenir sur différentes périodes de l'histoire de son pays.

C'est sous le pouvoir de François Duvalier (1957-1971), alias Papa Doc, qu'avait été créée la milice paramilitaire des « Volontaires de la Sécurité Nationale » (VSN), plus connue sous le noms de ses membres, les « Tontons Macoutes ». Inspiré des chemises noires de l'Italie fasciste, ce groupe est créé en 1959 et a fonctionné jusqu'à la chute, en 1986 de Jean-Claude Duvalier, « Baby Doc », fils et successeur de François Duvalier. On estime qu'au cours de leur activité, les Tontons Macoutes auraient tué et fait disparaître plus de 150 000 personnes, pour la plupart des civils et des opposants au régime.

En 1991, après le coup d'Etat militaire qui a condamné à l'exil le président récemment élu Jean-Bertrand Aristide, c'est le Front Révolutionnaire Armé pour le Progrès d’Haïti (FRAPH) qui est créé. Dans une longue campagne de terreur contre la population civile haïtienne, le FRAPH, avec les forces armées, a perpétré de nombreuses violations des droits de l’homme, principalement dans les quartiers les plus pauvres des villes haïtiennes où se concentrait la base du support populaire d’Aristide.

Depuis, le recours à des milices paramilitaires semble être devenu “un classique de la politique haïtienne, pour se maintenir au pouvoir ou pour renverser un président et prendre le pouvoir ", résume le défenseur des droits humains. Dans un rapport intitulé «Gouvernance politique, économique et socioculturelle: diagnostics et perspectives de réformes», les États Généraux Sectoriels de la Nation ont consacré une section au problème. Selon le document, qui a été rédigé avec la participation de près de 600 organisations dans le pays, en Haïti « seuls les candidats qui disposent de la force de violence (groupe armé), de l’argent, et des réseaux adéquats sont en mesure de gagner les élections. Donc, il faut être dans la position du plus fort. D’où une quête de puissance qui conduit à une forme de criminalisation politique. Le politicien cherche l’appui des secteurs qui pratiquent la violence, en échange de protection. Les participants établissent un lien entre la prolifération des gangs dans les quartiers difficiles avec cette stratégie politicienne”.

Il convient de signaler que cette dure réalité n'est pas sans lien avec le comportement de la « communauté internationale », en particulier des Etats-Unis et des membres du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU).

Aussi bien les « Tontons Macoutes » que le FRAPH sont connus pour avoir bénéficié du soutien financier et matériel de la Central Intelligence Agency (CIA) américaine. « Depuis cette époque, l'impérialisme américain fait un travail acharné contre l'organisation populaire, pour neutraliser l'engagement politique en Haïti », rappelle Laurore-Rosenez. Et c'est à partir de 2004, lorsqu' après avoir réussi à revenir au pouvoir, Aristide subit un deuxième coup d'État, que la participation des États-Unis à la gestion du pays est complétée par l'arrivée des Nations Unies.

« À partir de 2004, l'ONU a pris le contrôle du pays, avec d'une part la présence des soldats onusiens et d'autres part l'association que l'on appelle le « Core Group » et qui regroupe des représentants des Nations Unies, de l'Union Européenne (UE) et de l'Organisation des États américains (OEA) ainsi que de les ambassadeurs américain, canadien, français, espagnol, allemand et brésilien ».

 © Ansel Herz, CC 2.0 © Ansel Herz, CC 2.0

Le Défenseurs de Droits Humains et activiste haïtien pointe particulièrement du doigt la mise en place du processus onusien de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) sur le territoire. Si, officiellement, la mission du DDR consiste à « désarmer les membres des groupes armés, à libérer ces combattants de leurs groupes et à les aider à réintégrer la société civile », pour Laurore-Rosenez il a plutôt eu l'effet de consolider des groupes armés au service du pouvoir.

«La majorité des gens qui résistaient avant 2004 avaient des convictions politiques et résistaient aux assauts des militaires de l'ONU par les armes, mais on a vu que par la suite ces quartiers sont devenus plus que jamais des quartiers armés mais sous le contrôle de gangs qui n'ont aucune conviction politique, mais qui au contraire sont au service du pouvoir et de la bourgeoisie commerçante haïtienne. Les gangs armés qui ont pris le contrôle dans les quartiers populaires servent à empêcher la population de gagner les rues pour manifester », déplore-t-il.

Entre résistances et complicité internationale

 La dureté de la situation n'a pourtant pas mis fin aux résistances en Haïti, la première république noire du monde née d'une révolution victorieuse de milliers de personnes réduites en esclavage.

Comme l'explique Laurore-Rosenez, « dans le contexte actuel où le pouvoir instrumentalise le coronavirus avec l'appui de la milice G9, il y a plusieurs formes de résistance: au niveau institutionnel, au niveau de la classe politique et dans la société civile ».

En termes institutionnels, se sont principalement les organisations de défense des droits humains qui sont actives, en publiant constamment des rapports pour dénoncer l'implication du pouvoir dans les différents massacres.

Au niveau politique, il existe en Haïti « une opposition politique plurielle composée par les partis politiques traditionnels et quelques partis plus ou moins "progressistes" », indique le défenseurs des droits humains et activiste. Malgré leurs différences, plusieurs points d'accord les unissent actuellement, notamment « le fait que le mandat de Jovenel Moïse se termine le 7 février 2021, alors que Jovenel Moise qui veut prolonger son mandat d'un an, dit qu'il se termine le 7 février 2022.

Ils veulent aussi un pouvoir de transition, et partagent certaines revendications comme le procès des massacres, et le procès du cas de corruption PetroCaribe ».

 Finalement, c'est dans la rue que la résistance est la plus vive : « En dépit du coronavirus il y a des gens dans la rue, en train de manifester dans des conditions extrêmement difficiles, puisque le pouvoir, prétextant l'épidémie de coronavirus, réprime à chaque fois que les gens se réunissent mais les manifestants reviennent toujours. Jusqu'au 6 août il y a eu une manifestation. Il y a une situation de lutte, il y a une résistance en dépit de tout", insiste Laurore-Rosenez.

 C'est dans ce panorama que devront donc se préparer les prochaines élections présidentielles.

Face à la situation, il convient tout de même de mentionner le silence quasi total de la communauté internationale. C'est tout juste le 12 août dernier que le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) s'est exprimé dans un bref communiqué déclarant « sa vive préoccupation face à la recrudescence de l’insécurité sur l’étendue du territoire national », sans jamais reconnaître les liens qui existent entre l'Etat Haïtien et les responsables directs des violences.

Pour le sociologue haïtien Laënnec Hurbon, « s’il est vrai que le diable est dans les détails, l’aveuglement d’une partie importante de la communauté internationale sur les élections en Haïti sous le contrôle de la fédération des gangs armés ne serait rien d’autre que son soutien au régime instauré par Jovenel Moïse”.

Pour le Centre Stratégique Latino-américain de Géopolitique (CELAG, pour son acronyme en español), le soutien reçu par Jovenel Moïse et son parti, le PHTK (Parti haïtien Tèt Kale), de la part des Etats-Unis est d'ailleurs la principale raison pour laquelle il est encore au pouvoir aujourd'hui. «Le PHTK est le garant actuel des affaires du capital international, principalement à travers le transfert de terres paysannes aux transnationales américaines. (…) Actuellement, cette influence est le seul soutien à un président impopulaire, dont la démission est toujours réclamée par le peuple dans des manifestations massives », déclare l'organisation depuis des mois.

À la responsabilité des États-Unis dans la crise haïtienne, Laurore Rosenez ajoute le rôle des autres membres du Core Group, en particulier les gouvernements allemand, canadien, espagnol et français.

«En réalité, ce sont des pays qui soutiennent la corruption et l'impunité en Haïti, qui soutiennent le détournement de fonds, qui soutiennent des gouvernements sanglants qui massacrent le peuple haïtien. Et quand les gens indignés se lèvent pour rejeter le régime, ce groupe impérialiste appelle au dialogue. Mais il n'appelle pas à un dialogue visant à mettre fin à l'insécurité, à l'impunité, à la violence armée et à la corruption. Non, ils appellent à un dialogue qui ne cherche qu'à maintenir le statu quo et à préserver le régime. Il est très important de comprendre qu'ils sont effectivement contre tout véritable dialogue en Haïti », dénonce-t-il fermement.

 

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