Notre place est aux côtés du Front de gauche

A la suite de la prise de position de trois cadres du NPA en faveur de Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, une quinzaine de dirigeants et militants se prononcent eux aussi pour le candidat du Front de gauche.

A la suite de la prise de position de trois cadres du NPA en faveur de Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, une quinzaine de dirigeants et militants se prononcent eux aussi pour le candidat du Front de gauche.

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puceinvite.jpgDans un moment politique menaçant, où les promesses d’austérités le disputent à l’hystérie sécuritaire et au racisme légitimé, l'unité est indispensable pour imposer un autre futur que celui auquel ils nous condamnent.

C’est donc avec tristesse que nous constatons que l'organisation que nous avons construite tourne le dos avec constance à toute tentative de rassembler politiquement notre camp social et ses organisations face à Sarkozy et à l’austérité violente qui s’annonce.

Le problème vient de loin. Le superbe isolement qui est le notre depuis la fondation du NPA se cristallise aujourd’hui dans une campagne présidentielle que nous ne mènerons pas. Car c’est la fonction même de cette campagne qui nous interroge, pas les qualités du candidat du NPA mais bien plutôt l’orientation politique de ceux qui la dirigent.

De la dénonciation du candidat du Front de Gauche comme appartenant au camp des «politiciens professionnels en cravate», à la certitude affichée de sa future collaboration avec le PS, cette candidature divise ce qu’il s’agit d’unir: la volonté du peuple de gauche de se débarrasser de Sarkozy tout en résistant à l’austérité.

Et cela, alors même que nous voyons (et qui veut observer, verra) la dynamique de la campagne du FdG, la maturité politique et la conscience qui s’y fait jour.

Les dizaines de milliers de personnes rassemblées à la Bastille ou dans les meetings du FdG ne disent pas autre chose. Il faut que la gauche de gauche s’unisse et dise d’une seule voix : Sarkozy dégage ! Assez d’austérité !

Que des milliers de jeunes vivent là leur première expérience militante, que des milliers de syndicalistes voient avec cet instrument la possibilité d’un prolongement politique à leurs engagements quotidiens nous interpelle.

Car notre tradition politique s'intéresse aux mouvements réels qui animent notre classe, souhaite les accompagner, et leur donner une perspective radicale contre l'ordre existant.

Pas besoin donc de peindre cette campagne en rouge pour comprendre que notre place est aux côtés de  celles et ceux qui mènent cette tentative de percer le plafond de verre des politiques capitalistes.

Nous savons les désaccords que nous avons avec la campagne du FdG ou certaines déclarations de son candidat. Nous ne partageons pas, par exemple, le rapport bien trop instrumental que les principales forces du FdG entretiennent avec les mouvements sociaux; nous aimerions que cette campagne soit plus offensive pour dessiner un avenir débarrassé du nucléaire civil et militaire. Mais ces désaccords ne changent rien à la conviction des milliers de salariés et de jeunes qui la mènent. Et c’est ce processus de maturation politique que nous voulons accompagner.

C’est dans le succès de cette campagne que réside une partie des clefs de l’avenir. 

Parce qu'un score élevé de son candidat contribuerait à redonner confiance à notre camp social pour les combats qui s'annoncent.

Mais aussi parce que ce que nous appelons bloc de gauche contre l'austérité ou front social et politique est inscrit dans les coordonnées de la situation politique. Nous qui pensons qu’il faut dans un même mouvement, unir les anticapitalistes et construire ce bloc, nous savons que ce n’est pas un problème à venir, mais une tâche qui s’inscrit dans le réel et ses contradictions.

Le périmètre de ce bloc de gauche contre l'austérité dépendra de la position du FdG et de ses organisations par rapport à la participation à un gouvernement social-libéral et à une politique  d’austérité.

Nous sommes bien conscients des difficultés qui se posent à nous, à commencer par le faible rapport de force qui est le notre pour peser sur cette campagne et ses suites.

Mais c’est dans l’espace de débat et de confrontation qu’offre cette campagne que nous pensons être utiles.

C’est pourquoi nous la soutenons..

Louis-Marie Barnier, Conseil politique national du NPA 94
Marie-Do Bartoli, ex CPN 93
Laurent
Delgrès, CPN Paris XXe
Myriam Duboz, CPN 25
Catherine Faivre D'Arcier, CPN 38
Ludovic Haru, équipe d'animation Gauche Anticapitaliste Paris XXe
Alban Heuze, animateur du secteur jeune du NPA, 72
Rafik Qnouch, équipe d'animation GA Paris XIIIe
François Laporte, CPN 67
Jules Lavalou
, CPN 35
Guillaume Liegard, CPN Paris XXe
Olivier Mollaz, CPN Paris XVIIIe
Emre Ongun, CPN Paris XXe
Fanny Puel, ex CPN 37
Michele Sauve,  ex CPN Paris XXe
Thomas Vacheron, CPN 43.

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