Back to the 30's

"(...) Aux objets répugnants nous trouvons des appâts, chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas, sans horreur, à travers des ténèbres qui puent". (Baudelaire)

Il faut rapprocher différents évènements : la proclamation des militaires, les provocations des black blocs contre le syndicat, les rapprochements politiques entre centre droit, droite et extrême-droite, la brutalité croissante des polices depuis 2017, l'écoute et la surveillance généralisées, les fusions de fichiers... et penser aux années 1930.

Sommes-nous prêts à dire "Après Le Pen, ce sera nous ?" comme l'ont déclaré à propos de Hitler les communistes allemands à cette époque, faisant ainsi la courte échelle aux nazis ? 

Le contentieux du camp des travailleurs avec Martine Aubry est-il plus important que l'était celui des travailleurs allemands avec le parti de Noske et de Scheidemann ?

Je pense que l'heure est aux rapprochements entre les éléments ouvriers, syndicalistes, partis "de la vieille gauche", d'abord entre eux, et avec les éléments petits bourgeois qui ne sont pas disposés, aujourd'hui, à basculer dans le camp des gros actionnaires et des milliardaires pour la lutte à mort qui vient. 

La division est aujourd'hui la faute impardonnable. Défiler à part, à Lille, de fait contre la liste unitaire et vociférer "Non, Karima, ne dis pas de conneries", à celle qui dit œuvrer pour le rassemblement,  ou bâtir contre la gauche une unité provocatrice derrière un macronien prétendu repenti dans les pays de Loire, c'est creuser la tombe du mouvement social.

Le camp du capital se rassemble et si nous ne parvenons pas à faire de même, la masse des indécis rejoindra la droite et l'extrême-droite.

Le temps est à l'orage.

Ce processus est en cours. S'il se poursuit, la démocratie sera écrasée et les travailleurs le paieront très cher.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.