Qui sème des baffes récolte des vestes !

Législative partielle du XXème arrondissement : nième leçon d'un nième échec.

Mon amie Monique qui vit dans le XXème, à Paris, y croyait : Danièle Simonnet, est quelqu'un de bien et elle a menée une campagne très active, au porte-à-porte et sur les marchés. Son adversaire Lamia El Aaraje, PS, l'emporte pourtant largement avec 56% des suffrages, dans le contexte d'une participation très réduite : 16%. Les quatre élections partielles de ce dimanche sont quatre succès pour l'ordre établi : succès de droite, de LREM et du PS.

Aucune des deux candidates n'était soutenue par un parti autre que le sien. Cependant la députée LREM Aurore Bergé avait déclaré préférer Lamia El Aaraje et Marie George Buffet soutenait Danièle Simonnet.

Danièle Simonnet n'était pas soutenue par ses alliés naturels, le PCF et les écologistes. Il faut dire que la participation squelettique, fréquente dans les partielles, met au premier plan les militants convaincus, et ces derniers n'ont pas la mémoire courte.

Les militants du PCF n'oublient pas qu'un mois après l'échec de mai 2017, Jean-Luc Mélenchon envoyait au premier secrétaire Pierre Laurent ce SMS "Vous êtes la Mort et le Néant", ceci alors que, sans l'appui du PCF, JLM n'obtenait pas les 500 signatures nécessaire pour se présenter.

Alors, de quoi parlait-on, dans la réunion EELV du XXème arrondissement, la semaine dernière ? De l'entretien que Mélenchon a donné au journal "Le Monde" et qui est paru le 11 mai. Celui où il déclare avec tout le mépris dont il est capable :" Les écologistes ont un avenir ... tant qu'on ne les voit pas aux affaires".

Les partisans de Jean-Luc Mélenchon insistent sur ses qualités : Mélenchon est honnête, il a des idées progressistes et il est un remarquable orateur.

Mais il est le contraire d'un stratège politique. Il accumule les fautes, les erreurs et les bévues. Faute gravissime : avoir refusé que la FI soit un mouvement démocratique, dont les militants élisent les dirigeants et dont les organismes de base débattent de la politique. Il a chassé, décourageé tous les éléments talentueux pas assez à plat ventre devant lui. E

rreur stratégique : croire qu'on peut se dispenser du débat entre les différentes composantes de la gauche. Injurier les gens, baver de haine et de mépris envers les uns et envers les autres.

Faute catastrophique : présenter sa candidature dix huit mois avant le scrutin, affirmer qu'aucune unité n'est envisageable et renforcer ainsi tous les courants du PCF, du PS, de EELV qui se serrent autour de leurs maigres acquis. Prophétie autoréalisatrice ! Rendre l'unité à peu près impossible pour le plus grand profit de la droite et de l'extrême-droite.

Assez, monsieur Mélenchon ! Assez ! Il faut laisser la barre à Clémentine Autain, à François Ruffin, à Adrien Quatennens !

Monsieur Moi-Tout-Seul, vous êtes tout seul ! La troupe de fans prête à sombrer avec vous, ne vous aide pas, elle vous leste !

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