"IL" hésite.

Mais il conserve son argumentaire mensonger.

Ce matin (lundi 26 octobre) Jean-Luc Mélenchon, sur France Inter. Il ne se déclare pas candidat. Pourtant, le calendrier est pressant : il avait dit qu'il prenait sa décision en octobre et la rendait publique en novembre.

Devant le micro il dit qu'il n'a pas pris sa décision, car il lui reste beaucoup de gens, dont la position est importante pour lui, à consulter. Que sait-on ? Par d'assez nombreux témoignages, que la consultation sur la plateforme des insoumis a donné un certain nombre de réponses négatives "ne te présente pas", et surtout beaucoup d'abstentions. Beaucoup de camarades, devinant (peut-être à tort) qu'on ne tiendrait pas compte de leur avis, n'ont pas répondu. Et certainement d'autres, bien sûr, ont répondu par une approbation enthousiaste.

Mélenchon sait que, s'il se déclare candidat maintenant, le même jour, Yannick Jadot fera de même, peut-être que le PCF fera une déclaration laissant entendre qu'il présentera également un candidat, et des sondages enterreront les espoirs de changement progressiste.

Ceci dans une période où le Président et le gouvernement, les Macron, Véran, Darmanin, Blanquer suscitent dans la population, tant par leur gestion chaotique de l'épidémie que par leur tentatives de virage à l'extrême-droite sous les couleurs du racisme anti musulman, un dégoût sans précédent.

Mélenchon ne se déclare pas (pas encore) candidat, mais maintient intégralement, de manière assez dérisoire, son argumentaire mensonger. 

1) il dit : même unie, la gauche, selon les sondages, ne fait que 25%, donc ça ne fait pas le compte. Un peu rapide, car les auditeurs savent que 25%, c'est largement ce qu'il faut pour aller au second tour ...

2) il dit : si la gauche s'unissait, ce serait sur un texte vide, car les différents courants sont en désaccord sur tout.

Trop heureux, les journalistes n'ont aucune objection, alors qu'il est parfaitement évident que c'est faux.

Ni sur le partage des richesses, ni sur la planification écologique, ni sur l'UE, ni sur la VIème République, ni sur le nucléaire il n'existe entre le PCF, la FI, les Verts et ce qui reste du PS il n'existe de désaccord insurmontable.

Nous l'avons démontré ici même, dans cette édition. L'hebdomadaire POLITIS l'a également démontré dans sa dernière parution tant en faisant dialoguer deux députés que par une analyse fouillée des programmes. Certes, il y a des différences de formulation, mais un débat sérieux avec la volonté d'aboutir en viendrait à bout.

J'ai écris : ce qui reste du PS. En effet, toute la droite du PS est partie chez Macron et les "hollandistes" comme Cazeneuve ou Vals, c'est à dire ceux dont Macron n'a pas voulu, sont archi minoritaires et peut-être sur le départ.

Mélenchon --ce n'est pas la première fois-- s'est lui-même fichu dans une nasse. Il a coupé les ponts derrière lui en affirmant qu'une candidature unitaire serait vide de contenu. Et devant lui il a un mur : s'il se présente il est le fossoyeur du changement, et en particulier de la sixième République. Il a besoin de temps. Mais le temps est aussi ce qu'il faut à ceux qui contrairement à lui veulent une candidature unitaire...

Et ceci, je le répète, au moment ou Darmanin pousse de toutes ses forces vers l'extrême-droite et un climat de guerre civile larvée contre le fameux "islamo-gauchisme". Au moment où Blanquer accuse de manière délirante l'ensemble de l'Université et s'attire une réponse cinglante.

Vraiment, les jours qui viennent seront politiquement "chauds".

Je tourne mes regards vers le mouvement créé par "2022encommun.fr". Ils partirent mille et sont à vingt fois plus. Ce n'est pas mal. À SUIVRE !

 

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