Une candidature personnelle à gauche en 2022? Non! Non! Non!

Nous ne sommes pas en 2016. Beaucoup d'eau a passé sous les ponts. Un grand mouvement populaire, celui des Gilets Jaunes. Ce mouvement s'est appuyé... sur le «charisme» d'un chef génial ? NON ! Sur des Assemblées populaires.

Nous sommes de ceux qui ont soutenu en 2008, en 2012 et en 2017 les initiatives de Jean-Luc Mélenchon, quand elles ont ouvert de nouvelles voies pour un grand changement progressiste, plus nécessaire que jamais aujourd’hui dans notre pays. 

Nous sommes en 2020. La première victoire remportée par la gauche depuis très longtemps ce sont les élections municipales où des décennies de gestion municipales par la droite ont été effacées. Par de grands leaders ? Non ! Par l'unité des listes des trois urgences : sociale, écologique, démocratique.

Le gouvernement que nous voulons aura devant lui, pour s’atteler aux trois urgences, des tâches herculéennes. Il abrogera les lois scélérates imposées en trois décennies de réaction. Il devra mettre en chantier un plan de relocalisation et de ré industrialisation dans une perspective écologique et de mutation énergétique. Un plan de re définition de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage avec les mêmes impératifs. Un plan pour la gestion de l’eau, l’assainissement des fleuves, des rivières, des littoraux, la gestion des forêts. Un grand plan logement. Ces grands travaux créeront des millions d’emplois mais nécessiteront d’immenses plans de formations. Une réforme de l’état qui coûte aujourd’hui beaucoup  trop cher. Une ré orientation de l’Armée exclusivement vers la défense (nous n’avons rien à faire au Mali), la fin des ventes d’armes aux régimes criminels. Une refonte du système bancaire qui doit servir l’économie et non enrichir et protéger des parasites. Bien d’autres choses encore … Et par-dessus tout une réforme constitutionnelle faisant une place décisive aux Assemblées Populaires.

Ce gouvernement aura contre lui toutes les forces de la réaction en France, dans l’Union Européenne et bien au delà.

La question de l’élection présidentielle doit être abordée à partir de ces tâches gigantesques.

C’est pourquoi nous disons qu’il faut maintenant rassembler une vaste équipe de femmes et d’hommes politiques et de personnalités progressistes couvrant tout l’éventail politique de la gauche, et tourner le dos au piège que pose, depuis des décennies à la gauche la Vème République ! Le piège de la personnalisation à outrance, le piège de la quête du grand homme, du guide, du Tribun.

L’enjeu est tel qu’aucun « destin personnel » ne doit prendre le dessus sur le collectif.

Écoutons la voix des peuples en révolte : de Beyrouth à Santiago en passant par Alger et Minsk, les peuples parlent d’Assemblées, pas de « sauveur ». Prenons la leçon du mouvement des Gilets Jaunes qui a bâti des Assemblées, lui aussi, et ne s’est pas donné de « grand chef ».

Oui, il faudra choisir un nom pour le bulletin de vote et pour le second tour, mais ce n’est pas la priorité.

Elles et ils existent, les personnalités du monde politique et de la société civile qui partagent « les trois urgences » chacun peut avoir leurs noms en tête. C’est eux qui doivent en priorité se rassembler, faire EQUIPE, faire COLLECTIF et mener campagne dans les villes et les quartiers, dans les Assemblées Populaires.

Seule la victoire est belle, il est temps de la bâtir !

 

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