Keating Five: le coup de grâce d'Obama contre McCain?

Faut pas chercher Barack Obama. L'équipe McCain-Palin risque de l'apprendre à ses dépens à l'occasion de l'exhumation de l'affaire Keating Five.
KEATING ECONOMICS: John McCain & The Making of a Financial Crisis © BarackObamadotcom

Faut pas chercher Barack Obama. L'équipe McCain-Palin risque de l'apprendre à ses dépens à l'occasion de l'exhumation de l'affaire Keating Five.

Reprenons la chronologie. Samedi, à un mois de l'élection, Sarah Palin est en meeting sur les terres d'Obama, dans l'Illinois. Petit effet de salle: le candidat démocrate est, dit-elle, «quelqu’un qui voit l’Amérique semble-t-il comme tellement imparfaite qu’il copine avec des terroristes qui prendraient pour cible leur propre pays.» Elle fait allusion à un article paru le matin même dans le New York Times et qui détaille les rapports (très distants: ils ont fait parti ensemble du conseil d'administration d'une fondation et travaillé sur un projet de réformes scolaires à Chicago) entretenus par Barack Obama avec Bill Ayers, l'un des cofondateurs des Weathermen, un groupe révolutionnaire actifs lors de la guerre du Vietnam (Obama avait 8 ans à l'époque des attentats contre le Pentagone en 1971 et le Capitole en 1972!).

Œil pour œil, le camp démocrate a répondu en dévoilant un site et film consacrés à l'affaire «Keating Five»: en 1989, cinq sénateurs — dont John McCain — ont été accusés de corruption pour être intervenus en faveur de Charles H. Keating Jr., patron de la Lincoln Saving & Loan Association — une caisse d'épargne californienne qui avait financé leur campagne — qui faisait l'objet d'une enquête du FHFB, le conseil fédéral du crédit immobilier.

La banque s'est effondré, causant la ruine de quelque 20.000 épargnants et l'administration américaine avait du dépenser 160 milliards de dollars, dont 125 financés directement par le contribuable. John McCain a été innocenté mais blamé pour son manque de jugement dans cette affaire.

Toute ressemblance avec la crise du «subprime» (le crédit immobilier) et les faillites de banques actuelles (notamment les sommes faramineuses injectées par l'Etat) sont évidemment bienvenus dans le contexte de panade financière de ces derniers jours.

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