De l’égalité, encore de l’égalité, toujours de l’égalité !

Utopie n° 4 - Catherine Lebrun, Union syndicale Solidaires Pour l’union syndicale Solidaires le combat pour davantage de droits sociaux et démocratiques des étrangers et le respect du principe du droit du sol sont fondamentaux.

Utopie n° 4 - Catherine Lebrun, Union syndicale Solidaires

Pour l’union syndicale Solidaires le combat pour davantage de droits sociaux et démocratiques des étrangers et le respect du principe du droit du sol sont fondamentaux.

Nous rejetons avec force toute politique instaurant une Europe forteresse et toute législation nationale érigeant des régimes d’exception à l’encontre des étrangers.Au plan européen, les ministres européens de l’immigration, sous la houlette de Brice Hortefeux, ont validé, le 7 juillet 2008, un projet de « Pacte européen sur l’immigration et l’asile » : immigration choisie, répression de l’immigration irrégulière, et harmonisation des règles du droit d’asile sont les trois piliers d’une politique néocolonialiste de cette Europe forteresse.

 

Le préambule déclare, non sans cynisme, que les migrations internationales perdureront tant que les écarts de richesse et de développement existeront. Qui sont les principaux responsables de cet état de fait si ce n’est les pays occidentaux qui ont pillé pendant des décennies les pays du Sud et les institutions internationales qui ont mené depuis plusieurs années des politiques d’ajustement structurelles pour leur propre profit !

Cynisme encore lorsqu’il est évoqué le danger de mise en cause de la cohésion sociale des pays européens face à une immigration mal maîtrisée alors que ces mêmes gouvernements mènent des politiques libérales dynamitant toutes les protections sociales au nom d’une concurrence « libre et non faussée » !

 

En France, le gouvernement Sarkozy sous couvert de transposition de directives européennes sape les fondements de la Constitution qui stipule «l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

 

Les termes du débat entre « assimilation » et « intégration » sont au fondement des choix politiques en la matière. Depuis 2003 avec les lois Sarkozy, on est passé d’une conception intégrationniste impliquant une obligation pour l’état de stabilité juridique envers les étrangers résidant durablement en France, à une logique d’assimilation/injonction déniant toute légitimité à l’identité d’origine et conditionnant le droit de séjour à des gages de bonne conduite « républicaine ». Ce pouvoir discrétionnaire exercé par les agents de l’état est symbolisé par le contrat d’accueil et d’intégration. En effet, ce «contrat» est un véritable jeu de dupes car il s’impose aux étrangers mais sans aucun recours contre l’état qui ne favoriserait pas l’égalité de traitement de ces citoyens. Au contraire, les immigrés sont toujours stigmatisés comme une menace pour la cohésion nationale.

 

L’inflation réglementaire depuis 2005 avec ces centaines de décrets et pas moins de onze modifications du Code des étrangers témoigne de cette frénésie sécuritaire en la matière.

 

Si les politiques d’immigration restrictives sont menées de concert dans toute l’Union Européenne, la France est le seul pays à avoir instauré un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, dont la longueur du titre dissimule mal la véritable vocation liberticide à l’égard des immigrés.

 

Eric besson, succédant à Brice Hortefeux, à la tête de ce ministère, restera comme le serviteur le plus zélé de cette politique sarkozyenne. Après l’échec du débat nauséabond sur l’identité nationale de l’automne 2009, la fermeture de la « jungle » de Calais, la transposition des directives européennes dans une nouvelle loi marque une nouvelle offensive contre les immigrés.

 

Les combats de RESF contre l’expulsion des jeunes scolarisés, de l’UCIJ contre les lois anti - immigrés, les campagnes ciblées comme celles contre « Le racket des cotisations sociales » ou pour la suppression du ministère de l’Immigration, les luttes exemplaires des travailleurs et travailleuses sans papiers, ou encore les campagnes pour le droit de vote des immigrés, sont autant de fronts de résistances indispensables qui permettent de modifier la perception à l’égard des immigrés.

 

Il y aussi tout le travail permanent autour de l’accès aux droits sociaux des étrangers que mène les associations et dont le mouvement syndical doit s’emparer davantage.

 

Mais si toutes ces batailles partielles permettent d’arracher de nouveaux droits, la question d’une lutte globale ciblant la logique d’ensemble des politiques anti -immigrés et leur fondement idéologique devient cruciale pour qu'advienne un autre vivre ensemble.

 

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