Inventer une politique d'hospitalité n'est pas une utopie

Utopie n°12 - Par Geneviève Domenach-Chich, vice-présidente de La Cimade Ile-de-France Non, décidément, cette idée d'utopie me rend mal à l'aise, surtout lorsqu'il s'agit de penser des politiques migratoires. «Utopie», selon le Larousse, signifie «conception imaginaire, rêverie, chimère, mirage, projet dont la réalisation est impossible». Or, Oui, une politique alternative aux politiques actuelles version Hortefeux, Besson, Sarkozy est possible, réaliste et même raisonnable.

Utopie n°12 - Par Geneviève Domenach-Chich, vice-présidente de La Cimade Ile-de-France

 

Non, décidément, cette idée d'utopie me rend mal à l'aise, surtout lorsqu'il s'agit de penser des politiques migratoires. «Utopie», selon le Larousse, signifie «conception imaginaire, rêverie, chimère, mirage, projet dont la réalisation est impossible». Or, Oui, une politique alternative aux politiques actuelles version Hortefeux, Besson, Sarkozy est possible, réaliste et même raisonnable.

 

 

 

Lorsque nous préparons un texte, qui sera bientôt mis en discussion au sein de La Cimade intitulé " pour une autre politique d'immigration: inventer une politique d'hospitalité" nous ne rêvons pas. Nous nous appuyons sur des faits, sur notre expérience dans nos permanences d'accueil des étrangers pour affirmer :

 

1/ que la MOBILITE d'un nombre limité de femmes et d'hommes a toujours existé et qu'elle est aujourd'hui une banalité de la mondialisation (elle concerne moins de 3 % de la population mondiale). La mobilité est donc un fait banal et non un mirage et le droit à la mobilité doit donc être revendiqué comme un droit de l'homme.

 

2/ que l'HOSPITALITE n'est pas une chimère, elle n'est même pas seulement synonyme d'aide ou de charité mais qu'elle est surtout une politique d'accueil de l'autre; l'autre , l'étranger considéré non comme un être en défaut, un débarquant, un être assigné aux marges de la société, exploité mais un être au parcours intelligible, qui prend, ici, sa part dans l'économie de la Cité, qui est un être de droits et à qui il s'agit d'assurer statut, stabilité d'existence, citoyenneté dans le respect de la loi.

 

3/ que la CITOYENNETE , comme la démocratie, est une construction de tous les jours et non une rêverie, que des hommes et des femmes démontrent chaque jour la capacité de résistance et d'ouverture de la Cité à l'étranger, au travailleur sans papier, au parent d'enfant scolarisé et menacé d'expulsion, à la jeune fille menacée d'etre mariée de force en cas de retour dans son pays etc

NON, inventer une politique d'hospitalité n'est pas une utopie.

Geneviève Domenach-Chich

vice présidente Cimade IDF

 

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