REPONSE A EDWY PLENEL

A la suite de la tribune d'Edwy Plenel,

Cher Edwy Plenel, 

Un beau billet qui traduit un dégoût de la situation dans laquelle nous nous trouvons. 

Oui, l'heure est grave, et il est tout à fait regrettable, que vous oubliiez, vous, un éminent journaliste, par corporatisme peut être ou par aveuglement, un paragraphe, concernant la Presse, et son quasi monopole, avec elle les instituts de sondages instrumentalisés par le pouvoir, et par l'Etat profond, celui qui grenouille à l'Elysée et qui nous propose aujourd'hui sa construction ex néhilo, issus des parcours incestueux des "lauréats" de la Noblesse d'Etat. 

Cette presse, qui a depuis 5 ans, depuis un tragique dessin de Plantu assimilé Mélenchon et Le Pen dos à dos, afin de l'excommunier du camp républicain, de celui des "ayant droits, au châpitre ! 

Que dire de vos confrères, soumis aux actionnaires de grands groupes de presse, comme en Allemagne notamment, et qui relaient la "voix d'un maître", la voix d'un César que vous ne mentionnez pas : "Ce fameux marché", dont Macron est le nouvel avatar, la nouvelle icône, l'hologramme !!! 

Cette presse vous n'en dîtes aucun mot. "La dédiabolisation" les Insoumis l'ont combattue pied à pied, rappelez-vous les multiples débats avec Zemmour, rappelez vous la tribune d'Alexis Corbière contre la reparution de Mein Kampf, si vous refusez avec une obstination incompréhensible de considérer le travail que nous avons fait lors de cette campagne, sur chaque recoin de notre beau pays pour que nos idées, notre programme, s'impose face à celui de ce parti fasciste. 

C'est nous les Insoumis qui avons combattu Hollande et sa "monarchie présidentielle", qui entend, avec Macron, se transformer en Monarchie de Jouyet, autant que le FN que nous avons fait reculer. 

Vous renvoyez de Mélenchon et de nous les Insoumis, une image qui n'est pas la nôtre. Nous assimiler et nous considérer comme des moutons manque de clairvoyance, voire de dignité.

Nous renvoyer nous les insoumis, dos à dos avec Hollande  sans mentionner une industrie médiatique totalement inféodée à 90% à des groupes industriels et financiers, ne tient pas la route une seconde. 

Tel on fait son cri on se mouche, Monsieur Plenel... et nous faire passer nous les Insoumis pour les Lacombe Lucien, n'est pas sérieux.

Cela n'est pas à la hauteur du combat de ce jour, devant la nullité crasse du candidat de l'Elysée, et de cette caste dont certes vous avez parfois parlé, sans jamais en dénoncer vraiment les pratiques, sinon à effleurer le sujet comme dans cette affaire concernant Fillon et Jouyet ainsi que sa petite clique à l'origine de cette mascarade que constitue ce second tour.

L'heure en vérité n'est pas à régler des comptes. L'heure est au combat et le combat mené dans la dispersion et la zizanie est voué à la défaite. 

Le boulot est donc à faire ensemble. Et il ne tient qu'à vous en fait d'accepter une fois pour toute que nous n'admettions pas nous, les Insoumis, d'être assimilés sous le vocable de populisme aux pires ennemis de la République.

Jamais M Plenel les mots n'ont eu plus d'importance qu'aujourd'hui !  

Il n'y a pas les populismes, Barbier ajouterait de droite et de gauche. Il y a le fascisme et la France Insoumise, force républicaine et de gauche. Il n'y a pas deux Césars... l'un Mélenchon est le porte parole d'un mouvement populaire qui ne mérite pas le mépris et la ringardisation des "sans dents", ou celle des médias, et il y a les Duche du fascisme et Le Pen telle la progéniture de Mussolini en Italie en est une. 

Là commencent les responsabilités, et Trotsky l'aurait aussi bien expliqué que Gramsci. L'hégémonie culturelle que le FN est en train de gagner, c'est celle que les médias ont construits, et il est étonnant que vous Edwy Plenel, un membre éminent de la SDJ, vous n'en fassiez aucunement mention dans ce billet. 

Or, cette unanimité des grands médias à faire de Le Pen tantôt l'épouvantail facile du pouvoir, tantôt d'en faire la "respectable" qui aurait rompu avec la bande fasciste de son père, participe de la défaite de la République, et de l'exclusion morale de tout un pan de la société qualifiée de "perdants" de la mondialisation ! 

M Plenel nous ne jouons pas... Les nôtres ne jouent pas. Lorsqu'on joue c'est qu'on est consentant. Les nôtres au chômage, dans la misère, contraints à l'émigration sont victimes des prédations, des spoliations, de ceux qui ont tous les moyens de les insulter. 

Les mots Monsieur Plenel... les mots... Le Pen n'est pas "populiste"... Elle est fasciste et néo fasciste, et ce terme peut être utilisé sans crainte de poursuite avant le désastre puisqu'une jurisprudence Mélenchon le permet. 

Aussi, M Plenel, ignorant tout finalement, du travail concret qui est le nôtre collectivement pour endiguer, pour exfiltrer ceux qui parmi les électeurs (non parmi les Insoumis) se laissent berner par le discours de Le Pen, qui a chaussé nos chaussures, avec le chausse pied de la presse, de Macron, de Hollande, et du PS... sans parler du profiteur et de ses défenseurs, de droite, qui revêt nos habits pour mieux tromper les gens, vous participez à cette panique et à cette défaite à craindre face à la culture fasciste. 

Pour conclure, M Plenel, la lithanie des erreurs d'analyse des "moralistes", aura été totalement surréaliste et aura dépassé tous les entendements. Vous en appeliez aux accords d'appareils, alors que ceux-ci étaient en déroute. Vous en appeliez, vous et la ligne rédactionnelle, aux primaires... On en voit aujourd'hui le résultat avec cette concrète représentation donnée aux gens que le pouvoir ne respectait aucune règle pas plus que son parti, pris de panique à l'idée qu'une force populaire, propose une autre représentation du pays, de l'Europe, du monde, que celle pour laquelle il s'est couché. Vous en appeliez aussi à "l'union de la gauche"... Au bricolage politique, à la combinazione qui aurait mis Le Pen dans une position inaccessible au second tour. Vous et votre ligne éditoriale n'ont pas échappé au final à l'erreur funeste qu'ont commis les médias américains, allemands, espagnols, et les autres... qui ont par arrogance sur estimé l'identification des gens au modèle néolibéral, à ses hiérarchies, à ses esthétiques, et à ses mots... sous estimé aussi le mal fait, le fossé qui sépare aujourd'hui les peuples, et le nôtre de ces minorités puissantes qui prétendent faire et défaire les opinions, imposer son verbiage, prétendant marchandiser aussi nos valeurs. 

Il faut espérer M Plenel, que tout ce petit monde dont nous ne sommes pas, nous les Insoumis, n'aient pas donné à Le Pen, toutes les armes (l'état d'urgence, les lois renseignements etc) pour un carnage en cas de victoire... Tous les outils également pour l'emporter dans les urnes Dimanche, ou dans la société, dès Lundi, à moins qu'au final comme l'analysait Trotsky ou Daniel Guérin aussi, ce n'ait été le souhait conscient ou inconscient de l'oligarchie de nous lacher ses chiens !

Nous restons nous groupés, à LFI, et nous vous remercions de cette leçon de tolérance et d'ouverture, montrant une fois de plus qu'à trop inspecter le pouvoir, vous en épousez les façons de voir, et vous en oubliez le Peuple que vous vous faîtes mission d'informer

Cela ne m'empêche pas, de vous adresser mes fraternelles salutations d'Insoumis. 

 

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