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Le Club de Mediapart dim. 25 sept. 2016 25/9/2016 Édition de la mi-journée

Une nuit en maraude

Deux fois par semaine, des bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent les rues de la capitale. Pour apporter un soutien aux sans abris. par A. de B.

Deux fois par semaine, des bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent les rues de la capitale. Pour apporter un soutien aux sans abris.

par A. de B.

Local de la Croix-Rouge, 5e arrondissement de Paris. Quatre bénévoles remplissent des sacs. Vêtements, conserves, ustensiles d’hygiène et autres produits de première nécessité. Ils effectuent les préparatifs de la soirée. Tout au long de l’année, ces volontaires de l’action sociale partent à la rencontre des personnes en grande difficulté. Celles pour qui la rue fait office de logis. La maraude, c’est surtout pour créer du lien social. Pour écouter et partager avec les exclus du système dans un moment de convivialité.

Champagne ? Maximilien, Bastien, Aude et Fabienne ont entre 18 et 30 ans. « Je suis rentré assez naturellement dans cette aventure. Et je ne suis plus repartis », raconte Bastien. Vêtus de leur uniforme marron clair, les quatre volontaires quittent le local. En face de la porte d’entrée, assis à même le trottoir, Fredo les invective immédiatement en plaisantant : « Bon ! Vous avez du café ? Du champagne ? » On lui tend un gobelet rempli de café. Voilà peu, ce SDF a fait de la figuration dans un film de la réalisatrice Zabou Breitmann. Son cachet lui a permis de se constituer un petit pécule. Pourtant, une histoire le préoccupe. Fredo a eu des problèmes avec la police et doit passer au tribunal. 300 euros d’amende pour insulte à agent. Les volontaires tentent de trouver une solution avec Annie, une autre SDF qui se tient aux côtés de Fredo.

Désinfectant. A la Croix-Rouge, les consignes sont strictes. « Surtout sous l’uniforme, on ne brûle pas les feux rouges. » De même, après chaque poignée de main échangée lors de la maraude, les volontaires se les nettoient avec un désinfectant. Le parcours est défini à l’avance. « Les gens connaissent nospoints de passage. Ce sont généralement des habitués, précise Maximilien. Si la plupart des personnes rencontrées sont réceptifs à notre action, certains ne tiennent pas être dérangés. » Place de la Contrescarpe, les cafés regorgent demonde. Un homme est adossé à l’une des grilles du square. Les quatre tentent une approche. Après avoir refusé d’engager le dialogue, leur interlocuteuraccepte néanmoins un petit sac de denrées alimentaires.

Dix ans dans la rue. « Le premiercontact est parfois difficile Et si ça ne passe pas, pas besoin d’insister ». Alcool, emploi, divorce, famille… Les raisons qui expliquent le processus de clochardisation sont aussi diverses que complexes. Les hommes constituent la grande majorité de leurs rencontres. « Les femmes, elles, résistent plus longtemps, observe Maximilien. Dès qu’elles tombent pour de bon, la déchéance est encore plus grande… »

Place Bernard Halpen, l’équipe retrouve Sergio, Fabrice et David, trois hommes sans abri. La discussion s’engage. Fabrice raconte son expérience. « Ça va très vite. En une semaine, j’ai perdu mon boulot et ma femme m’a quitté. Mais je ne pouvais plus payer mon appartement… » Fabrice est à la rue depuis dix ans.

 

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Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion

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  • Rédacteur en chef : P U C E
À propos de l'édition

FMR… L’édition web 2010 de la PUCE, la Préparation Universitaire aux Concours des Ecoles de journalisme de Paris 8. Depuis leur quartier général à l’université de Saint-Denis, les étudiants

ont transformé un atelier, du côté de Pigalle, en salle de rédaction. Après les exercices en salle de cours, et à la place des vacances de Pâques, à nous le terrain. Reportages, enquêtes, interviews… L’édition FMR (Formation Media Reporter)  traite de la lutte contre la pauvreté et les discriminations. L’occasion pour ces reporters en herbe de poser leurs deux pieds dans le pré carré du journalisme. En temps réel.

La construction d’un journal, c’est d’abord une conférence de rédaction caféinée. Le meilleur moyen de s’accorder sur les reportages qui seront abordés, de déterminer un angle, un genre journalistique, un délai d'édition. Et puis, le grand saut. Seuls ou en groupe, les chasseurs d’information ne sont armés que de leur stylo, voire d'un téléphone portable. Au mieux, d’une camescope. Ils dénichent des infos, vérifient leurs sources et produisent des papiers. Le journalisme, c'est d'abord raconter la vie. FMR, c'est même ouvert la nuit…