L’année 2010, année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Pourquoi ce choix ? Comment va t-elle être mise en œuvre ? Quels vont être les temps forts de cette année européenne ? Eléments de réponses avec Emmanuelle Roure, administratrice à la Représentation en France de la Commission européenne.
propos recueillis par Florian KrzyzanowskiL’Europe se mobilise, toute l’année 2010, pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Pour quelles raisons ?
Il s’agit d’un choix conjoint du Parlement Européen et du Conseil de l’Union Européenne, sur proposition de la Commission. Il faut savoir que le choix du thème a été effectué en 2008 au moment de la crise financière et sociale qui a touché l’ensemble des Etats membres. Il est donc en adéquation parfaite avec l’actualité.
Comment cela va t-il s’organiser ?
Les 27 Etats membres participe à la mise en œuvre de ce projet. Même l’Islande et la Norvège ont décidés de s’associer à cette année 2010. Une cellule de coordination a été mise en place à Bruxelles, à travers la Direction Générale Emploi pour coordonner la mise en œuvre de cette année 2010. Le maître mot c’est la décentralisation. Chaque Etat membre cette année sur son territoire.
Que va-t-il se passer en France ?
Un comité de pilotage réunis l’Etat, à travers la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), des associations comme le Secours Populaire et ATD Quart-Monde et la Commission européenne. Ses principaux objectifs sont de définir les priorités nationales et de choisir les projets. Nous avons lancé un appel à projet en 2009 et après examen des candidatures, 68 projets ont été sélectionnés. Les projets retenus ont fait ressortir trois thématiques : l’accès au droit, les parcours d’insertions et le développement des partenariats territoriaux. Autant de réalisations concrètes que la France entend donner à cette année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Chaque lundi, le journal La Croix publiera un article sur l’un des projets.
Quel est le budget de cette opération ?
Environ 17 millions d’euros pour l’ensemble des Etats membres, dont 1,5 million d’euros attribué par la France.
Sur le terrain, quels seront les temps forts de cette année européenne ?
En France, trois séminaires régionaux vont être organisés. Le premier à Rennes le 20 mai a pour thème l’insertion. Le second à Marseille le 11 juin, reprendra la thématique de l’accès au droit. Enfin, durant le troisième séminaire à Lille courant septembre, les débats s’articuleront autour du développement des partenariats territoriaux. Il s’agit de faire réagir, de faire débattre la population autour des priorités retenues par le comité de pilotage.
Par quels moyens les Etats membres et la Commission européenne comptent-t-ils communiquer autour de cette année 2010 de lutte contre la pauvreté et l’exclusion social ?
Chaque Etat membre a choisi des ambassadeurs pour mieux porter le débat autour de ces questions de pauvreté et d’exclusion. En France, c’est Francois Soulage, président du Secours Catholique qui a été nommé ambassadeur de cette année européenne. Plusieurs Etats membres vont également développer des partenariats pour accroitre la diffusion de cette année européenne. En Italie par exemple, le Giro (le tour cycliste d’Italie, NDLR) sera associé à la promotion de l’année européenne par l’utilisation du logo dans la caravane publicitaire précédant la course. Le même type d’accord est en cours de discussion en France.
Toutes ces initiatives et débats vont-ils aboutir, à des recommandations à l’échelle européenne ?
En France, et dans tous les Etats membres, une déclaration politique conclura cette année. Celle-ci sera une synthèse des séminaires régionaux.
Pour en savoir en plus :
http://www.2010againstpoverty.eu/
http://ec.europa.eu/france/index_fr.htm
http://www.leurope-contre-la-pauvrete.gouv.fr/