Des maladies incurables: un lobby médical contre des solutions existantes?

Le 22ème téléthon a commencé et les animateurs peinent à convaincre. Il semblerait qu’à cette occasion, il manque quelqu’un sur la scène : le docteur André Gernez, qui a ouvert des pistes prometteuses dès 1944.

Le 22ème téléthon a commencé et les animateurs peinent à convaincre. Il semblerait qu’à cette occasion, il manque quelqu’un sur la scène : le docteur André Gernez, qui a ouvert des pistes prometteuses dès 1944.

Médecin en province et parce qu’il était persuadé qu'un scientifique le ferait, il attendra 1966 pour publier avec son équipe un postulat sur différentes maladies (cancer, schizophrénie, myopathie de Duchenne, Parkinson, Alzheimer, psoriasis, asthme, sclérose en plaques).

A partir d'expérimentations réalisées à l'Inserm entre 1966 et 1971, cette équipe a pu démontrer qu'avec la mise en application d'un protocole de prévention active, 93% des cancers pouvaient être évités. Cette étude irréfutable ne sera jamais publiée, ce sera le scandale du siècle. Les tutelles de l’époque refuseront, contre l'avis du ministre de la Santé, de publier ce protocole au motif que « cette thérapeutique viderait hôpitaux et cliniques affectant ainsi leur rentabilité ».

Devant ce front des lobbies médicaux, Gernez demande en 1991 sa radiation de l’Ordre des médecins qui ne deviendra officielle en 1995.

André Gernez, 85 ans aujourd’hui, se désole que tant de destins soient brisés et ne peut se contenter du prix décerné par le sénat pour l'ensemble de ses travaux et l'ostracisme dont il est victime. Bien connu des professionnels de Villejuif, de l’Académie de médecine, de l’Académie des sciences, il aurait été reçu à l'Elysée en septembre 2007.

 

Myopathie de Duchenne

Transmise par les femmes, cette affection des fibres musculaires n’atteint que les garçons dès l’âge de 2 ans. Ils souffrent d'abord d'une diminution du tonus musculaire, souvent suivie d'une insuffisance respiratoire. Même si des solutions thérapeutiques sont à l'étude, il n'existe pas, officiellement, de traitement. Depuis plusieurs années, le Dr André Gernez propose une solution préventive simple et sans danger.
« Les muscles squelettiques sont constitués de fibres rapides qui initient la contraction et de fibres lentes qui l'achèvent. La myopathie dégénérative se caractérise par une contraction musculaire qui met en jeu les fibres lentes et exclut les fibres rapides. Or la dualité structurale du muscle n'existe pas à la naissance : chez le nouveau-né, tous les muscles sont lents. En fait, le nouveau-né est, physiologiquement, un myopathe. »
Pourquoi certains enfants restent-ils myopathes ?
« La normalité du système musculaire se constitue au cours des six premiers mois après la naissance par la maturation des fibres rapides qui instaure progressivement la dualité musculaire normale : fibres lentes + fibres rapides. Cette maturation s'effectue sous l'influence d'une enzyme, la CPK (créatine-phosphokinase). Si le muscle fixe mal cette enzyme (on constate, alors, une augmentation du taux sérique de la CPK dans le sang), la maturation des fibres rapides est retardée. Or, paradoxalement, cette faiblesse de rétention musculaire n'a de conséquence que pour le garçon. La mère du myopathe - qui pourtant transmet la maladie - et les sœurs du myopathe restent saines alors qu'elles présentent la même déficience enzymatique. Cette singularité a pour origine la survenue, chez le nourrisson masculin, d'une bouffée sécrétoire d'hormone masculine (testostérone), qui est brève mais qui atteint le taux de celui de la puberté et qui est proche de celle de l'adulte. Or, si les hormones sexuelles mâles sont anabolisantes chez l'adulte, elles sont structurantes chez le nourrisson, c'est-à-dire qu'elles fixent tout retard de maturation des fibres musculaires rapides. L'activation fonctionnelle musculaire ne fait alors que renforcer la prévalence des fibres lentes. »
De physiologique, la myopathie devient pathologique et son évolution est alors fonction de la fixation musculaire de l'enzyme. La fille, même affectée de la même déficience enzymatique, poursuit, ralentie mais sans pathologie, sa maturation musculaire et échappe à la myopathie.

 

Myopathie de Duchenne : une solution préventive existe.

Les nourrissons à risques sont identifiés par les antécédents familiaux et l'analyse du taux sérique de créatine. Sur ces enfants, la solution consiste à inhiber la brève poussée sécrétoire d'hormone mâle (testostérone) par une hormone féminine (progestérone). Une simple crème à la progestérone, appliquée chaque jour préventivement sur les membres des nourrissons à risque, suffirait pour éviter la maladie.

Cette technique, connue depuis 1984, a été testée avec succès par plusieurs médecins dans plusieurs familles à risques. Très simple à mettre en place, sans aucun risque pour l’enfant et reconnue dans plusieurs pays étrangers, cette méthode est ignorée par la France…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.