Yes, She Did!

 8h18 ce vendredi 7 novembre 2008 : Ségolène Royal est l’invitée de Nicolas Demorand sur France Inter.

Photo Région Poitou-Charentes

 

8h18 ce vendredi 7 novembre 2008 : Ségolène Royal est l’invitée de Nicolas Demorand sur France Inter.

Pour annoncer que la motion E est arrivée en première position. Joli coup, peut-être négocié ! Tous les quotidiens habituels pris de court, pas de une accrocheuse. Et celle du lendemain qui n’aurait qu’un air de réchauffé après que toutes les radios, rédactions internet se seront emparé du traitement de ce résultat. « Un score, un beau score bien rond, bien appétissant, et ils s'immobilisent, frétillants » ironise Schneidermann sur l’attitude des media, vite réactif sur Arrêt sur Images. Il se demande même si ses confrères se seraient « convertis au ségolisme ». Mais non conclue-t-il : « ils respectent le succès, la victoire, comme le chien aime sa pâtée ».
La faute aux sondages. A force de sonder les sympathisants, tout ce beau monde a simplement oublié que ce sont les militants qui votent et que sympathie n’est pas empathie. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’après un rattrapage timide pour relayer ce résultat (les 13 H de France 2, France 3, TF1… peut-être), cela s’est mis à buzzer sur la TNT : BFM, I-Télé, C dans l’Air… Experts, analystes, interprètes en tous genres ou autoproclamés ont versé dans moultes tirades. Soudain elle n’était plus perruche, Bécassine, gaffeuse, incompétente, inconsistante, show woman… Même le Nouvel Obs a su retourner sa plume et la tremper dans l’encre de la vérité.

Mme Royal vient de l’emporter à nouveau ! « C'est une femme de tête, une main d'acier dans un gant de velours, qui s'impose dans un domaine peuplé d'hommes ». Preuve supplémentaire que « les uns et les autres disposent (peut-être) du pouvoir d'occulter, mais pas de prescrire, ni d'imposer ».

 

Une belle leçon de politique. Démonstration en directe de ce que peut être un parti politique :

- une machine à gagner les élections, maîtrisée et animée par des personnes loyales et sincères et renvoyant à d’autres instances pour les arguties intellectuelles ou spirituelles ;

- des militants qui déblaient le terrain afin de barrer le chemin du pouvoir aux politiciens improductifs et nuisibles.

 

 

On a vu ainsi tous les battus réagir comme de mauvais joueurs. Sauf que diriger un parti n’est pas un jeu. Martine Aubry, Bertrand Delanoé, aux abonnés absents, ont courageusement délégué leurs seconds couteaux devant les micros ; Michel Rocard menace encore de rendre sa carte ; Sylviane Agacinski n’en finit pas d’excuser l’absence de son mari pour voter en n’étant plus très sûre s’il est à l’étranger ou ailleurs : plus difficile que d’écorcher gratuitement Ségolène Royal chez Laurent Ruquier. Et puis Jean-Luc Mélanchon qui nous fait sa petite révolution : çà suffit comme ça , clame-t-il. « Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l’emporte avec sa proposition d’alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l’ont emporté alors qu’elles conduisent partout à l’échec. Elles avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n’y change rien malheureusement ». Et il poursuit avec un compère Marc Dolez, député du Nord « Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l’orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça! Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d’une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l’initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d’action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d’un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu’une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l’avant ».

 

 

Finalement, les militants ont fait un pied de nez aux amuseurs publics pour leur faire comprendre que Ségolène Royal est le contraire d’un messie : c’est une de ces personnalités qui peut porter des valeurs dans lesquelles une majorité de gens se reconnaît. Le fait tout simplement de savoir marier la démocratie participative avec l’intelligence collective.

Ce n'est pas encore un programme de gouvernement, mais il est permis d’envisager tous les possibles de ce parti socialiste : Benoît Hamon, Pierre Larrouturou, Julien Dray et tant d’autres qui sauront se révéler après que les fédérations ne seront plus des meccanos réservés aux seuls initiés.

 

A distinguer quelques noms, j'avais oublié Vincent Peillon, agrégé et docteur en philosophie, qui sous une apparence flegmatique cachant une puissance de travail certaine, a une formidable capacité à débattre.

 

 

Histoire de motions

Rappelons les motions en présence :Motion A (Delanoë) ; Motion B (pôle écolo) ; Motion C (Hamon) ;Motion D (Aubry);Motion E (Collomb-Royal) ;Motion F (utopia) et le vote de jeudi qui met en tête la motion E avec 29,1 % des voix.

 

C'est maintenant que la bataille commence et risque d'être rude d'ici au congrès de Reims. Ainsi voici ce que reçoivent ce samedi les militants de la Haute-Garonne. Cela ressemble à du TSS (tout sauf Ségolène) et même du TSF (tout sauf des femmes).

 

Chère Camarade, Cher Camarade,

 

Le Congrès Fédéral a eu lieu hier soir à Toulouse devant plus de 400 délégués.

 

Pour notre Fédération, les scores étaient de :

- Motion A : 29,7 %.

- Motion B : 1,2 %.

- Motion C : 22,8 %.

- Motion D : 23,9 %.

- Motion E : 21,5 %.

- Motion F : 0,9 %.

 

D’emblée, nous avons assisté à l’annonce d’un accord politique entre la motion A et la motion C, excluant toute négociation avec la D et la E, permettant ainsi d’avoir pour la motion A une majorité potentielle à 52%.

Le débat à été très très houleux…

Cette alliance a été qualifiée par de nombreux intervenants de la motion D et E de "coup politique".

La motion C argumente son alliance avec la motion A sur les bases du rejet d’accords avec le Centre …

A noter que le score de la motion C a été de 22,8% sur notre fédé et de 30% sur Toulouse intra-muros où la motion du député-maire Pierre Cohen n’a fait que 22% !!!..... La rénovation est en marche !!!...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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