Ils sont ici chez eux!

New Fabris, basé à Châtellerault, est un spécialiste de l'usinage de pièces pour PSA et Renault. Mais coup dur pour le bassin d’emploi de la Vienne, le tribunal de commerce de Lyon a prononcé en Juin la liquidation judiciaire assortie de l’arrêt d’activité immédiate : 366 salariés sont licenciés.

New Fabris, basé à Châtellerault, est un spécialiste de l'usinage de pièces pour PSA et Renault. Mais coup dur pour le bassin d’emploi de la Vienne, le tribunal de commerce de Lyon a prononcé en Juin la liquidation judiciaire assortie de l’arrêt d’activité immédiate : 366 salariés sont licenciés.

PSA et Renault, qui représentaient près de 90% de l’activité, avaient cessé de faire travailler New Fabris. Et les candidats à la reprise se sont retirés. Si l'allemand Halberg Guss et Bernard Krief Consulting (BK) manifestèrent un temps leur intérêt, on retrouve, bizarrement seul, BK Consulting dans la reprise partielle de Heuliez, autre équipementier, dans cette même région. Espérons simplement que Bernard Krief Communication, dont Jean-Pierre Raffarin assura la direction en 1981, ne soit pas un faux nez s’appuyant sur des capitaux du Moyen-Orient, en vue de futures opérations financières tordues. D'autant que PSA et Renault ont reçu plus de 6 milliards d’euros de l’État alors qu’il suffisait de 80 millions d’euros pour renflouer Heuliez, une entreprise créative et innovante.

Dans cette valse d’entités, New Fabris était passé en 2007 dans le giron de l'italien Zen, qui fut également propriétaire du breton SBFM (en redressement judiciaire depuis Janvier et les salariés en grève) et de Rencast (actifs en vente). Pour autant cette société qui compta jusqu’à 750 employés, si elle fait regretter aux anciens qui y travaillaient depuis plus de 37 ans, le lustre d’antan, elle entend bien ne pas laisser partir, sans contre partie, stocks et les lignes d’outillages, estimés aux environs de 4 millions d’euros.

 

C’est dans ce contexte qu’une délégation des salariés de New Fabris participa à la dernière session du Conseil régional, invitée par la présidente, Ségolène Royal (Crédit photo : Arnaud Fage).

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Avant de donner la parole au préfet de Région, invité à lire le rapport d'activité des services de l'État, Ségolène Royal a offert une tribune à un syndicaliste qui a rappelé succinctement la descente aux enfers de l'entreprise châtelleraudaise : « Nous occupons l'usine depuis le 16 juin, a-t-il dit, et les négociations sont au point mort pour la prime extra-légale de 30.000 euros par salarié que nous réclamons malgré l'intervention de Mme Royal qui est la seule politique venue nous voir depuis la liquidation. Jean-Pierre Abelin n'a pas eu le courage et Jean-Pierre Raffarin est invisible. Nous ne pourrons pas attendre septembre, ils auront tout détruit, notre ultimatum est au 15 juillet. »

 

 

 

Henri de Richemont, candidat de l’UMP, dont la profession de foi pour les régionales de 2010 décrit admin%5CHdR.jpg

un « candidat de la proximité » qui aspire « à devenir un président de terrain » s'est vivement élevé contre cette déclaration : « Ce n'est pas le lieu d'interpeller la Région et l'État, ce n'est pas un jury populaire ».

 

 

 

 

 

 


_ « T'es pas chômeur, viens nous voir », lance un ouvrier de la délégation.

_ « Ils sont, ici, chez eux ; ils ont raison d'élever le ton » rappelle la présidente de la région.

_ « Ce n'est pas notre compétence de redresser les entreprises. Mais notre mandat d'élus, c'est être au service de ceux qui souffrent. Il y a tous les jours des salariés qui sont dégagés de leur territoire, jetés de leur entreprise alors que les autorités ne font pas leur travail. Pourquoi n'auraient-ils pas le droit à la parole ? » poursuit Ségolène Royal.


Finalement, Henri de Richemont se ralliera à la cause des salariés : « Je les soutiendrai et ferai tout ce qui est possible. »

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