Juste un signe !

Quand nous sommes concernés, nous pestons tous contre l’anglais hégémonique dans les domaines de la science.

Quand Google veut numériser une centaine de millions d’ouvrages du patrimoine américain, la Bibliothèque nationale française souhaite une réponse européenne du même niveau.

Hors le meilleur moyen d’organiser une résistance et non une guerre défensive, serait de maintenir les îlots de francophonie existants, tel celui qui m’a été récemment signalé par des amis militant pour le candidat Obama.

 

 

Pourquoi des Américains ?

Parce que nos gouvernants ici et la représentation française aux Etats-Unis ne sembleraient savoir offrir que l’indifférence malgré quelques alertes publiées en 2007.

La Librairie de France se trouve au centre de New York dans la 5e Avenue. Créée en 1932, elle accueillit les intellectuels qui commençaient à fuir l’Europe et les habitués savent encore qu’il faut dépasser le rez-de-chaussée pour accéder aux pépites dont certaines sont introuvables en France.A la tête de ce patrimoine de références depuis 1988, Emmanuel Molho rappelle que la Librairie de France s’était aussi improvisée maison d’édition pendant la Seconde Guerre Mondiale pour publier des auteurs tels qu’Antoine de Saint-Exupéry, Raymond Aaron ou Georges Simenon. Mais voilà depuis vingt ans le prix du mètre carré sur cette avenue new-yorkaise vient de s’envoler jusqu’à 10.000 dollars et l’équilibre financier devient impossible. Si ce n’était ce paramètre insurmontable, même le dumping de la concurrence des grands sites de ventes en ligne ne ferait pas peur à Emmanuel Molho. Parce qu’il sait que la fonction pédagogique de la librairie va bien au-delà des quelques quarante mille français vivant à New-York. Elle touche aussi toute une communauté francophone.Alors quel avenir pour la Librairie de France à New York ?

La reconversion vers l’internet, ce nouveau vecteur que nous sommes nombreux à essayer d’apprivoiser quand nous ne trouvons plus notre compte quelque part ? Peut-être aussi vendre certains livres rares. Mais où stocker les milliers d’autres ? La Librairie ce n’est pas comme un journal en ligne où les fichiers sont archivés électroniquement. Comment les proposer ensuite quand on sait que même la meilleure numérisation ne restituera jamais l’âme d’un livre, ni celle d’un tel lieu chargé d’histoires et de légendes.

D'aucuns diront qu'il suffit de déménager dans un autre quartier comme cela se fait de plus en plus à Paris. Et laisser les mètres carrés aux marchands sans âme.

Emmanuel Molho ne demande même pas de soutien financier au gouvernement français, « juste un signe » de Madame la Ministre de la Culture…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.