Génération Précaire

Avant même l'audience des Prud’hommes, le lundi 16 février 13h00 (27 rue Louis Blanc, Paris 10ème, métro Louis Blanc, 2ème étage), les stagiaires de Génération Précaire se mobilisent sur le net pour inviter le plus grand nombre à les rejoindre.
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Avant même l'audience des Prud’hommes, le lundi 16 février 13h00 (27 rue Louis Blanc, Paris 10ème, métro Louis Blanc, 2ème étage), les stagiaires de Génération Précaire se mobilisent sur le net pour inviter le plus grand nombre à les rejoindre.

Une affaire emblématique

« David est un ex stagiaire du LCL (Le Crédit Lyonnais). Il y a fait 3 stages d'une durée globale de 14 mois avant d'être embauché en CDI avec période d'essai de 6 mois... Quelques jours avant le terme, il est remercié. Un quasi Contrat Première Embauche, en plus mal payé ! C’est l’histoire de David contre Goliath. Et la démonstration qu'au Crédit Lyonnais, il faut 20 mois pour vérifier qu'un employé correspond au poste... Chapeau ! Dans la jungle des stages, un moustique se rebelle et ose s’attaquer à un lion ! »

 

De manière à demander à la justice qu’elle reconnaisse qu’il s’agissait d’un travail dissimulé, David poursuit le LCL devant les Prud’hommes afin obtenir une requalification de son stage en contrat de travail. En cas de succès, David obtiendrait notamment des rappels de salaires ainsi que des dommages-intérêts. Pour une banque qui ne cesse de communiquer sur ses atouts…la Lion attitude serait de créer un Contrat de Reconnaissance, qui fédérerait l'ensemble des engagements présents et futurs de la banque à l'égard de ses stagiaires en capitalisant sur son positionnement commercial afin de mettre la qualité au cœur de la relation, d'enrichir la valeur de la marque par la reconnaissance du stagiaire.

 

Les ministres Valérie Pécresse et Xavier Bertrand avaient en 2007 officiellement mis en place le comité de suivi des stages et de la professionnalisation des cursus (STAPRO). Ce comité, co-présidé par un universitaire (Daniel Laurent) et un représentant du monde socio-économique (Geoffroy Roux de Bézieux), sont chargés d’émettre des propositions, de collecter des informations sur les stages et de veiller à la bonne application des textes dans ce domaine. Mais 2007 est loin : Valérie Pécresse ferraille avec les enseignants-chercheurs et Xavier Bertrand a été affecté à d’autres objectifs. A noter que ce dernier ne fut pas à un loupé près lors de ses missions ministérielles (démantèlement du système de santé ou détricotage des acquis sociaux).

La revendication des stagiaires s'appuie notamment sur le travail de fourmi de l’association Génération Précaire qui, armée d’arguments, traque tous les lieux de travail pour identifier les emplois déguisés en stage par des entrepreneurs peu scrupuleux. Elle s'est aussi beaucoup nourrie de l'expertise du STAPRO qui constitue une réelle avancée dans le domaine des stages, mais dont les recommandations ne semblent plus intéresser ni les ex, ni les nouveaux ministres en charge du dossier.

Emploi camouflé

L’association a obtenu un récent succès. Une victoire dans une autre affaire avait ainsi permis de condamner un chef d'entreprise à 6 mois de prison avec sursis. Aussi n’a-t-elle pas l’intention de perdre la bataille de David, car les stagiaires sont las de ce jeu du chat et de la souris. Ils réclament une réglementation nationale fixant un niveau de rémunération acceptable. Leurs préconisations ? Informer le public que certes les stages se sont bien passés, que l'expérience fut « enrichissante » mais que c'était « et surtout un emploi camouflé comme il y en de plus en plus avec le ralentissement de l'activité ». Rappelons qu’en France, le stage est une brèche dans le droit du travail qui permet à une entreprise de recruter du personnel compétent et de le rémunérer 398,13 euros par mois. Quant à la fonction publique, la rémunération des stages semble tout bonnement enterrée.

Génération-Précaire « compte donc sur une décision forte pour obtenir, par le droit, la régulation que le gouvernement refuse ».

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