Les jeux sont faits, rien ne va plus !

Le Canard Enchaîné (1) nous révèle cette semaine les conclusions du Conseil de Surveillance du Fonds de Réserve des Retraites (FRR). Le titre à lui tout seul est évocateur : « une gamelle en Bourse de 3 milliards pour la cagnotte des retraités ». Et surprise, car très souvent les lièvres ainsi soulevés par le Canard font les Unes de tous les media dès le poitron-jacquet (2). Hors le mercredi 9 avril, pas un écho dans le 7-10 de France-Inter, pas une image ni sur les chaînes publiques ni sur les écrans privés, pas même une ligne reprise dans la presse papier. Seul le Figaro a relayé l’information sur son site internet.

Que nous apprend cet article ?Les gestionnaires du FFR ont voulu jouer les traders en achetant des actions. Et ainsi s’envolèrent 3 milliards d’euros. Pour mémoire rappelons que le FFR a en charge la gestion de nos futures retraites sous l’autorité de la Caisse des Dépôts et Consignations qui a placé tout simplement ce fonds en bourse. Malheureusement les aléas du marché ont réduit les 34,5 milliards en portefeuille au 31 décembre 2007 à 31,4 milliards.Après cette première mauvaise nouvelle, les révélations se poursuivent : le Fonds de réserve des retraites, créé en 2002 par Lionel Jospin, devait être alimenté par l'Etat chaque année pour « peser » 300 milliards d'euros en 2008 mais faute de l’avoir abondé régulièrement, il est dix fois inférieur au prévisionnel et à ce train « le Fonds ne couvrira qu’un quart du trou des retraites en 2020 ».A moins que d’ici là, et à l’heure où les caisses sont vides, quelques velléitaires s’autorisent à puiser dans cette manne afin de boucher quelques trous par ci ou par là.

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Et nous et nous…
- avons en mémoire que dès 2004, le Ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Nicolas Sarkozy, prônait la
nécessité de gérer les affaires de l’État comme le ferait un bon père de famille ;

- constatons que 3 milliards d’euros c’est sensiblement le budget qui permettrait à Martin Hirsch d’élargir le RSA à tout le territoire.

 

(1) N° 4563 – 9 avril 2008 ; La Mare aux Canards : p.3

 

(2) de l’ancien français poitron, du latin vulgaire posterio (« arrière-train », « cul »), et de jacquet, nom de l'écureuil. Littéralement « dès que l’on voit poindre le derrière de l'écureuil ».

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