Un meccano de propriétaires !

Et c’est reparti : après la maison Borloo (4 maisons livrées au bout de deux ans), voilà la maison Boutin mais cette fois-ci avec une com’ mieux réglée.

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Et c’est reparti : après la maison Borloo (4 maisons livrées au bout de deux ans), voilà la maison Boutin mais cette fois-ci avec une com’ mieux réglée.

 

Toute l’astuce de ce meccano réside dans la dissociation du bâti de celui du terrain. Le primo-accédant paie en deux temps : le bâti sur 25 ans, puis le terrain sur 15 ans. Dans l’intervalle, le portage est assuré via l’organisme du 1% logement.

 

 

 

 

Toujours la com’ : 15 euros par jour c'est moins perturbateur que 450 euros par mois. Ne parlons pas des conditions :

- couple dont les âges cumulés ne doivent pas dépasser 70 ans, avec au moins 2 enfants

- des revenus mensuels inférieurs à 2000 euros

- une surface habitable de 85 m2 avec un jardin de 250 m2 pour un F5, il n’y aura pas besoin du mégaphone pour appeler à la soupe.

- quant aux collectivités locales, elles devront abonder à hauteur de 3 ou 5 000 euros.

 

Et pêle-mêle :

- Quel ménage sensé peut envisager de s'endetter pendant 25 ans pour un bâti aux normes environnementales 2005 alors que les nouvelles normes de 2010 obligeront à des dépenses supplémentaires ; le tout suivi de 15 ans d’un nouveau crédit pour racheter, à un prix actualisé selon le taux d'intérêt servi, un terrain mis à disposition au départ « gratuitement ».

- Les 450 euros incluent dans les ressources un paramètre variable qu’est l’allocation logement, ce qu’aucun banquier honorable ne prend jamais en compte.

- 40 ans d’endettement et peut-être plus opposés à 41 annuités pour une retraite à taux plein

- L’Ordre des architectes ne semble pas très emballé non plus par cette « fausse bonne idée » qui «générera encore plus de lotissements, véritables gangrènes de nos paysages ». Cela irait selon ce même Ordre, à l’encontre « des discours vertueux sur la ville compacte et un développement urbain durable » surtout quand madame la ministre renchérissait elle par une «vision archaïque de l’habitat populaire».

 

Alors certes cette com’ est mieux ficelée (un guichet unique pour l’acquéreur) ; elle est aussi plus attractive grâce à une TVA à 5,5 % au lieu de 19,6 %, mais on voudrait nous refaire le coup des subprimes à la française que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

 

Il suffit d’en rappeler quels en furent les mécanismes :

- Les emprunteurs étaient des ménages à faible revenu, qui avaient eu des retards de paiement ou des absences de paiement par le passé.

- Les créanciers étaient les banques et organismes de crédit spécialisés. Ici sont désignés la Caisse d’Épargne et le Crédit Foncier dont on ne sait pas encore leur niveau de récupération après la crise mondiale.

- Les taux d'intérêt étaient variables. Ici une première mensualité promotionnelle, fixe et incluant l’APL pour attirer les emprunteurs.

- Les garanties portaient le plus souvent sur le logement, avec une hypothèque. Ici il est normal de s’interroger sur la plus value d’un tel bien immobilier ainsi financé sur 40 ans.

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