« C'est l'or ! Il est l'or !

Don Woerth est ministre de France. Il fait la collecte des impôts dont il détourne une partie au profit des plus riches. Il est détesté par la population qu'il pressure.

Don Woerth est ministre de France. Il fait la collecte des impôts dont il détourne une partie au profit des plus riches. Il est détesté par la population qu'il pressure.

_ Cette année, la crise va être très mauvaise, alors il faut payer le double. Les pauvres, c'est fait pour être très pauvres ; et les riches, très riches.

Car Don Woerth est soupçonné d’avoir laissé volontairement fuir, entre autres idoles, celle des jeunes. Lorsqu’il traverse le Château, pour rencontrer le Monarque, il entend quelquefois :

« C'est l'or ! Il est l'or ! L'or de se réveiller ! Mon seignor, il est l’or de ramener Johnny !... ».

Mais au fond de lui-même, il se rassure en pensant que l’idole sera là le 14 juillet même s’il se sent, à ce moment-là, en position de grand écart de conscience, entre une idole au statut d’exilé fiscal et une idole invitée pour célébrer la fête nationale ET rémunérée avec les impôts des gueux que la France pressure.

_« Ce n’est pas un exilé fiscal qui va chanter. C’est un chanteur populaire qui va… chanter (sic). C’est quelqu’un que… tout le monde aime (re sic). C’est ça la réalité des choses. »

 

Et tous les gueux de droite ne l’ont-t-ils pas vénéré récemment ?

Jean-François Copé : « Il m'arrive de jouer du Hallyday sur mon piano »

Jean-Pierre Raffarin : « la gauche, cherchez-la ce soir parmi le public de Johnny, artiste à l'auditoire métissé »

Michel Bouquet : « Ce que je fais ici? Les grands interprètes me fascinent. »

Delon : « je ne vois pas Hallyday quitter ce métier »

Belmondo : « Même après quarante-cinq ans de turf, il a le trac. La marque des plus grands »
Laurence Parisot : « dans l’avion nous chantions Vegas 96 »

Chantal Goya : « Il chante de mieux en mieux. Puissant, mais sans stridences. C'est un archange. »

 

D’ailleurs Don Woerth a mis en place le SANR (le Service d'accueil des non-résidents et expatriés) qui, mais c’est bien sûr, va faire revenir Johnny et ses pairs dans l’Hexagone.

_ Aujourd’hui, je crois qu’il paye effectivement [ses impôts] en Suisse. Mais d’une façon légale. C’est un choix. (…) Peut-être fera-t-il d’ailleurs un autre choix qui sera celui de revenir à un moment donné.

 

Après le flop du bouclier fiscal (à peine une trentaine de dossiers en cours de constitution), le SANR risque de faire pschitt ! On ne fait pas ainsi retraverser la frontière vers la douce France pour se faire mal… au portefeuille.

 

Voyant que Johnny ne s’excitait guère, le ministre de la France l’a insulté sauvagement. Il lui a donné tous les noms d'la terre et encor' d'aut's bien moins courants […].

Johnny s’est rebiffé : arrête ton charre, tu m'prends vraiment pour un pauve mec, j'vais t'en r'filer, d'la série noire.

Certains rapportent que, parfois, par les portes entre-ouvertes du ministère et après le passage de Don Woerth, un vieil air de Boris Vian résonne :

Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny
Pas avec des pieds... zing!
Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny
J'aim' pas l'amour qui fait bing!

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