RSA: un jeu de rôle grandeur nature

Voilà quelques extraits d'un discours de Martin Hirsh sur le RSA. Un sujet grave traité dans une ambiance détendue et quelque peu complice. Certains diront même insultante.

Voilà quelques extraits d'un discours de Martin Hirsh sur le RSA. Un sujet grave traité dans une ambiance détendue et quelque peu complice. Certains diront même insultante.

"Je prends l’engagement qu’en 2009, même en période de crise, le nombre de travailleurs pauvres va diminuer.
Sur les cinq dernières années connues (2001-2006), ceux-ci ont augmenté de 20 %. Avec le RSA, nous devons inverser la tendance.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui travaille à mi-temps avec un enfant à charge. Il aura 200 supplémentaires par mois, ce qui va lui permettre de franchir le seuil de pauvreté. C’est 200 par mois aussi pour quelqu’un à temps complet au smic avec deux enfants à charge !

Le RSA va injecter 1,5 milliard d’euros dans l’économie, auxquels s’ajoutent 800 millions pour la prime de solidarité active versée il y a deux mois.

Au total, cela fait 2,3 milliards d’euros qui seront versés à des ménages qui consomment 100 % de leur revenu. C’est bien utile pour soutenir la demande.

Enfin, contrairement aux érémistes, les allocataires du RSA seront pris en charge par Pôle emploi. Ils auront les mêmes droits et les mêmes devoirs que les chômeurs indemnisés. Mêmes possibilités en termes de formation, d’aide, de permis de conduire, etc."

 

Non seulement le RSA est une usine à gaz, mais Martin Hirsh crée un véritable rideau de fumée en mélangeant des chiffres globaux et des chiffres concernant des situations individuelles. Si cela peut être une aide pour les personnes gagnant plus de 500 euros, quelle galère pour les gens en dessous de ce seuil donc dans des situations si précaires qu'elles interdiront l'achat d'un timbre pour répondre à une annonce, voire même l'achat du journal. Quant aux règles les obligeant de satisfaire aux règles du Pôle Emploi (inscription, radiation, déplacements, obligation de rechercher du travail...) elles seront difficilement tenables surtout si l'organisation de ce service reste aussi anarchique.

Par ailleurs, les expérimentations souvent écourtées et engagées dans plusieurs départements ont déjà montré que l'incitation financière n'entraînait pas de changement majeur dans le comportement des allocataires, encore plus maintenant en temps de crise alors que le travail devient denrée rare.

 

Ceux qui passeront par la Corrèze, auront toujours le recours de s'inviter à la table de M. Hirsch et de M. Hollande, histoire de rire un coup puisque, après tout, c'est leur statut qui permet de libérer les zygomatiques de ces messieurs dames.

 

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