Ces guerres : des réalités si incompréhensibles !

Les medias nous rapportent tous les jours ces guerres en tous genres, nationales ou internationales.Hors nous avons dépassé la petite enfance et sa vision simpliste de la vie: d’une côté les bons qui feraient des choses permises et de l’autre les mauvais qui feraient des choses défendues.

Les medias nous rapportent tous les jours ces guerres en tous genres, nationales ou internationales.

Hors nous avons dépassé la petite enfance et sa vision simpliste de la vie: d’une côté les bons qui feraient des choses permises et de l’autre les mauvais qui feraient des choses défendues.

D’un autre côté, vu l’ampleur du phénomène, il n’est pas facile de concevoir que des gens œuvrent efficacement à trouver des moyens pour que des formes de paix soient trouvées. Car on a beau nous expliquer les contextes géo-politico-sociaux, les enjeux de territorialité ou même les notions philosophiques, nous cherchons toujours la réponse à une seule question: pourquoi une lutte militaire armée et violente entre des peuples, des groupes sociaux ou des états? Pourquoi la guerre?

 

Le sujet est peu documenté et la sémantique elle-même souffre d’un amalgame par les medias qui ignorent la plupart du temps la juste signification des mots : conflits (« terrain nécessaire où se confrontent des désirs ou buts opposés entre deux civilisations ou deux personnes »), violences (« situation d'agressivité extrême qui vise à la satisfaction de ses buts par la soumission brutale ou l'éradication totale de l'autre, nation ou individu ») et guerres (« il existe des guerres justes ou légitimes: cas de légitime défense, se porter au secours de son voisin ou du pays allié. Mais les guerres peuvent aussi confiner à la violence pure en ne visant que la suppression ou l'annexion totale de son ennemi »).

Alors que s’annoncent les difficultés de 2009, il est intéressant de revisiter certains écrits.

 

Norman Mailer a su montrer les perversions intellectuelles de son pays («L’Amérique est en train de se perdre à cause de la télévision… Le mensonge et la manipulation ont été élevés au rang de principes par les publicitaires») tout comme le «capitalisme triomphant» et son «excès de boursicotage», sa «fourberie dévastatrice» ou son « inexorable nullité esthétique ». Il écrivit également que les États-Unis étaient moins menacés par l’immigration que par l’«empire du plastique».

Conservateur de gauche assumé ainsi que «juif et fier de l’être», il eut des phrases terribles sur Israël: «Tout comme j’évoquais la terrible culpabilité rentrée des chrétiens à voir qu’ils ne se vouent pas à la charité mais à l’appât du gain, je crois qu’il y a une crise comparable à l’intérieur d’Israël… (Nous nous sommes transformés en le contraire de nous-mêmes)» avec toujours la même question: «Quel profit pour moi si je possède le monde entier en perdant mon âme?»

 

Publié simultanément en allemand, en anglais et en français par l’Institut International de Coopération Intellectuelle (IICI), l’une des nombreuses émanations de la Société des Nations, en 1933, le fascicule Pourquoi la guerre? est composé de deux longues lettres, l’une d’Einstein et l’autre de Freud.

Informations données par l'éditeur

Dans sa lettre, Einstein, qui venait de démissionner de l’IICI après la Conférence de Genève sur le désarmement (il n’approuvait pas le principe d’un «désarmement progressif»), rappelle ses convictions cosmopolitiques (seule une instance supranationale pourrait contribuer à éliminer la guerre) - même s’il ne semble plus y croire. Cette lettre, qui ne contient donc pas à proprement parler de «profession de foi», s’achève sur une question adressée à Freud: «Existe-t-il une possibilité de diriger le développement psychique de l’homme de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction?»
Cet échange est l’occasion pour Freud de revenir sur la question de la guerre. La Première Guerre mondiale elle-même et les recherches qu’il avait menées à l’époque sur les névroses de la guerre» avaient commandé dans l’œuvre de Freud le passage de la première à la seconde topique et l’avènement du concept désormais central de la «pulsion de mort». Cette réponse faite à Einstein contient la description la plus complète que Freud a donnée du phénomène de la guerre en termes de «pulsion de mort» et constitue à ce titre l’aboutissement de sa réflexion sur la guerre.

 

Après avoir revisité ces données du passé, on ne peut qu’inviter nos futurs bacheliers, étendards de l’avenir, à s’emparer du sujet à leur tour. Ne serait-ce que pour essayer d’en construire une définition. Et s’il n’y a pas de définition possible, il faudra qu’ils expliquent:

- pourquoi une société plus matériellement civilisée et développée, rend ses guerres plus meurtrières ?

- s’il y a des guerres dites justes (en évoquant celles qui perdurent depuis des années) ?

- si l'homme naît avec le besoin de guerre ou si ce sont les civilisations qui lui inculquent ce désir ?

- si les peuples proches de la nature connaissent aussi cette pulsion ?

- comment les guerres modernes diffèrent des conflits passés ?

- si les guerres sont la marque d'une malédiction divine ou génétique ?

- ou si la guerre est « la continuation de la politique par d'autres moyens » ?

 

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