Près d’un an après la mort de Zineb Redouane, témoignez

Près d’un an après la mort de Zineb Redouane, blessée au visage par un tir de grenade lacrymogène à Marseille le 1er décembre 2018 alors qu'elle fermait sa fenêtre, l'enquête judiciaire est toujours en cours. Le tireur n'a pas été identifié. Si vous étiez présent ce soir là sur la Canebière, votre témoignage nous intéresse.

C’était il y a plein d’un an, au début du mouvement des gilets jaunes et après la dispersion d’une manifestation rassemblant des milliers de Marseillais contre le logement indigne. Le samedi 1er décembre 2018, Zineb Redouane, était gravement blessée au visage par un tir de grenade lacrymogène MP7, alors qu’elle fermait la fenêtre de son appartement au 4e étage donnant sur la Canebière. Cette femme algérienne de 80 ans est décédée le lendemain d’un arrêt cardiaque au bloc opératoire.

Près d’un an après les faits, l'auteur du tir n’a toujours pas été identifié. C’est pourquoi nous invitons les passants et manifestants, présents ce soir là au croisement entre la Canebière et la rue des Feuillants où habitait Zineb Redouane, à témoigner. Et ce avec l’accord d’une de ses filles, Milfet Redouane, qui veut faire la lumière sur les faits.

- Nous communiquer des photos et vidéos.

- Décrire ce que vous avez vu, l’ambiance qui régnait sur la Canebière au moment des faits, le comportement des CRS et des policiers, ainsi que des manifestants.

Grâce à l’exploitation de trois caméras de vidéosurveillance, l’information judiciaire, toujours en cours, a identifié cinq CRS armés de lance-grenades de type Cougar, comme étant à l’origine du tir qui, à 19h04, a défiguré Zineb Redouane. Ces CRS étaient postés aux alentours du magasin C&A, devant l’intersection entre la Canebière et la rue des Feuillants, alors qu’un peu plus haut une barricade avait été enflammée.

Mais interrogés par la police des polices, ces CRS et leurs supérieurs ont affirmé à la police des polices ne pas se souvenir de celui qui a blessé Zineb Redouane. Ils ne reconnaissent pas non plus le tireur sur les images de vidéosurveillance.

L’information judiciaire a été dépaysée cet été et confiée à nouveaux juges d’instruction lyonnais en raison de la présence le soir des faits sur le terrain du procureur adjoint de la République de Marseille. Ce dernier n’avait pas signalé sa présence alors qu’il avait ensuite été chargé du début de l’enquête.

Votre témoignage nous intéresse pour retracer les faits dans le cadre d’une enquête journalistique. Ecrivez-nous à l’adresse : louise.fessard@mediapart.fr

 

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