Désastre et des astres...

Par Marie-Lucile Kubacki et Damien Deparnay.«En ces temps de crise, beaucoup auront perdu leur travail et d'autres auraient peur de se retrouver dans cette situation. Si vous voulez consulter gratuitement une de nos voyantes pour qu'elle vous éclaire sur des questions que vous vous posez, alors n'hésitez pas et profitez des 30 minutes gratuites qui vous sont offertes!». Des annonces comme celles-ci, il y en a des centaines actuellement sur Internet (par exemple ici).

Par Marie-Lucile Kubacki et Damien DeparnayEn ces temps de crise, beaucoup auront perdu leur travail et d'autres auraient peur de se retrouver dans cette situation. Si vous voulez consulter gratuitement une de nos voyantes pour qu'elle vous éclaire sur des questions que vous vous posez, alors n'hésitez pas et profitez des 30 minutes gratuites qui vous sont offertes!». Des annonces comme celles-ci, il y en a des centaines actuellement sur Internet (par exemple ici).

Du Pack finances à 80 euros pour «bénéficier des énergies astrales favorables à l'amélioration de vos finances» au Fengshui anti-crise, en passant par la consultation via webcam, les voyants et astrologues font preuve d'imagination pour surfer sur la vague potentiellement lucrative de la crise économique et sociale.

Il faut dire que trois millions de français consulteraient chaque année des voyants ou des astrologues, selon l'Institut National des Arts Divinatoires. Une fréquentation qui pour certains praticiens est en augmentation depuis le début de la crise, en 2008. Si les préoccupations amoureuses restent le premier chapitre de consultation, les questions financières sont de plus en plus abordées par les clients. Caroline, tarologue à Villeneuve d'Ascq, près de Lille, a par exemple reçu une clientèle d'un nouveau genre depuis les deux dernières années. Nous l'avons rencontré.

 

 

Cette tendance est également visible chez les astrologues. Pierre Robert exerce l'astrologie à Tourcoing. S'il n'a pas nécessairement développé une nouvelle clientèle depuis le début de la crise, il témoigne en revanche de l'apparition évidente de nouvelles préoccupations chez ses clients.

Marie-Lucile Kubacki

 

Pour Jarod, voyant et astrologue en banlieue lilloise, la crise économique est surtout un élément déclencheur des angoisses les plus profondes de ses clients.

Damien Deparnay

Aujourd'hui, certains membres des classes dirigeantes font également de plus en plus confiance à l'astrologie. Certains en arrivent même à faire de l'astrologie financière leur fond de commerce. C'est le cas de Jean-François Richard. Cet économiste et historien de formation publie depuis 1992 Bourses Anticipations, un bulletin mensuel de prévisions astrologiques sur les évolutions boursières. En 2009, il signe La crise vue par l'astrologie. Et combien de temps durera-t-elle? (Broché). Il explique en quoi sa contribution est aujourd'hui devenue essentielle pour anticiper les évolutions économiques futures.

Marie-Lucile Kubacki

Alors la crise sociale ferait-elle finalement les choux gras des voyants et astrologues? Pas sûr. Alain de Chivré, président de la Fédération des astrologues francophones (FDAF), tient à rectifier l'amalgame qui est souvent fait entre astrologie et voyance: «L'augmentation de la clientèle depuis le début de la crise profite davantage aux voyants qu'aux astrologues. Or, ils ne font pas le même métier : les astrologues s'appuient le thème astral calculé à partir de la date et du lieu de naissance, alors que les voyants ne se fient qu'à leurs visions.» Selon lui, les entreprises gagneraient même à intégrer des astrologues dans leurs ressources humaines: «Les astrologues sont capables d'effectuer des bilans de potentialité, qui permettent à une personne d'évoluer professionnellement vers des secteurs d'activité dont elle-même n'a pas conscience. En cette période d'augmentation de chômage, les astrologues pourraient par exemple aider à la reconversion de certains salariés licenciés.»

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.