Eglise: la crise teste l'attachement des croyants

Le denier du culte diminue-t-il en temps de crise? Apparemment pas dans le Nord-Pas-de-Calais. Confrontés eux-mêmes aux difficultés financières, les donateurs sont pourtant plus généreux, même s'ils sont moins nombreux. Au diocèse de Lille, le denier récolté en 2009 a légèrement augmenté par rapport à 2008.

 

statistiques du diocèse de Lille © Xiaoyun Zhang statistiques du diocèse de Lille © Xiaoyun Zhang
 © Xiaoyun Zhang © Xiaoyun Zhang

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même remarque au niveau régional: le don moyen par donateur est en progression de 7 euros (131 euros en 2009 contre 124 euros en 2008) explique le numéro d'avril de la revue diocésaine de Lille. Depuis la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, l'église ne vit que du don. La campagne du denier 2010, qui représente presque la moitié de ses recettes (lire le détail ici), a été lancée en mars dans le Nord-Pas-de-Calais et part sur les mêmes bases. Témoignages à l'église du Sacré-Cœur.

 

 

Les églises protestantes, de leur côté, n'ont pas constaté non plus une baisse des dons. Des pasteurs lillois témoignent d'une sensibilisation plus grande en ce moment de crise que d'habitude, ainsi que l'explique Daniel Pottier, pasteur du centre évangélique de la métropole, qui distribue une fois par semaine des colis alimentaires aux plus démunis du quartier.

 

 

Pourtant à l'échelle nationale, Mgr Pascal Delannoy (président de la Commission financière de l'Eglise Catholique de France ) voit un impact négatif de la crise sur le denier. «Les premiers chiffres de 2009 accusent dans plusieurs diocèses une baisse par rapport à 2008.» Plus généreux dans le Nord ou un peu moins ailleurs? Peu importe, comme souligne Mgr Pascal Delannoy, l'important, «c'est qu'il ne faudrait pas tomber dans la perspective du tout ou rien. On peut ajuster son don d'une année sur l'autre. Aussi petit le don soit-il, il signifie l'appartenance à l'Eglise.»

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