La crise à contre-courant (making-of)

Au fil de ces trois jours de reportage sur la crise, certains sujets sont tombés à l'eau, d'autres ont pris un cours inattendu. Profiteurs ou victimes collatérales de la crise ne sont pas toujours ceux que l'on imaginait.

Au fil de ces trois jours de reportage sur la crise, certains sujets sont tombés à l'eau, d'autres ont pris un cours inattendu. Profiteurs ou victimes collatérales de la crise ne sont pas toujours ceux que l'on imaginait.
Pour le LOSC, on s'arrange toujours.
Le foot, un loisir sacrifiable en temps de crise, pensait-on. Mais non : les supporters du LOSC n'ont pas cessé de soutenir leur équipe pour autant. La crise n'a rien à voir là-dedans. Résultats sportifs, emploi du temps, famille sont autant de facteurs qui peuvent tenir éloignés les Lillois du stade, mais l'argument financier reste le match-retour à Liverpool, billet compris, avait coûté près de 150 euros. Le budget d'un supporter est donc non-négligeable. Mais comme on dit, quand on aime (et quand l'équipe gagne), on ne compte pas.
Les jeux d'argent, on n'a pas pu compter
La question était de savoir si l'on jouait plus au loto, au millionnaire, au banco, et même au poker en temps de crise. Quelques chiffres vagues glanés sur internet semblaient dire que la Française des jeux avait augmenté son chiffre d'affaires depuis 2008. La réponse semblait donc être oui. De manière peut-être paradoxale, il était possible que les gens jouent plus en période difficile, précisément dans le but de remporter le gros lot. Comme le dit Monique Pinçon-Charlot, sociologue spécialisée dans la question, «quand la crise est trop dure, il ne reste plus que le rêve que l'on peut acheter contre les quelques euros d'un ticket de Loto». Mais voilà, les patrons de PMU ne connaissent pas de chiffres et les clients nous répondent gentiment «je joue parce que j'aime bien ça». Logique. Imparable. Nous qui espérions un «oui, je joue un peu plus dans l'espoir de gagner» ou bien «non, je joue moins quand je me serre la ceinture», on n'avait, du coup, pas vraiment de matière. Et si les gens jouent réellement plus dans l'espoir de gagner, il s'agit sans doute d'un réflexe inconscient qui ne peut donc pas se vérifier en interview. Sujet tombé à l'eau. Next.

 


Intermittents: la crise, et alors?
Les intermittents, des précaires. Les premiers à sauter en cas de crise? En temps normal, ils ont déjà du mal à faire le nombre d'heures suffisant pour garder leur statut, alors là... Et pourtant leur statut est finalement un avantage. Habitués à la débrouille, à négocier chaque contrat, à toquer à la porte du privé, les intermittents se portent bien, au moins les techniciens. Alors cette-fois-ci, on a décidé de ne pas abandonner notre sujet. Et de les faire parler, ici.

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