« Comment lutter EFFICACEMENT contre l’idéologie islamique ? »

Chahdortt Djavann, femme libre, ne baissera jamais les bras contre les barbares musulmans qui veulent égorger la Raison, la laïcité et violer le corps et l’esprit des femmes. Elle passe au crible dans son essai politique l’idéologie islamiste pour nous donner des solutions crédibles et réalistes. Un livre urgent et lucide à recommander.

En préambule, dans mon article je vais faire très souvent référence à la terminologie : idéologie islamique ou l’islamisme. Histoire de s’entendre sur ces termes, je me suis référée à la définition que l’auteure du livre donne, « à savoir l’islam politique, l’islam social, l’islam prosélyte, hégémonique et conquérant ». (page 220)

 

 

Chahdortt Djavann est une essayiste et romancière d’origine perse. Chahdortt n'est pas musulmane et n'a pas non plus la double nationalité. « Le jour où j'ai obtenu la nationalité française, j'ai déchiré mon passeport iranien: libérée du joug des ayatollahs, j'ai commencé à écrire mon premier roman ». (page 29)

BIENVENUE A ELLE !

 

A l’heure où l’offensive active des représentations religieuses musulmanes dans la sphère publique et laïque s’intensifie : voile, nourriture halal, ramadan, salles de prières sur le lieu de travail, burkini, interdiction aux femmes de fréquenter certains cafés, heures de piscine… Cet essai est rondement mené et lisible par toutes et tous. Ses fines analyses agrémentées de moult exemples donnent des pistes tangibles et bien réelles pour entrer en résistance active, en connaissances de cause de l’idéologie islamiste, avant qu’il ne soit trop tard.

 

L’Etat français et ses dirigeants, sans prendre l’avis de ses citoyennes et citoyens est entré en « guerre » contre le terrorisme. Dans le langage officiel ourdi et démentiel via les médias à sa bottes et ses retombées liberticides, il sous-entend : « En moins de deux ans, les attentats islamistes sont devenus une sorte de fatalité, comme s'il s'agissait de désastres naturels qu'on ne pouvait éviter ». (page 9)

A tel point que les non croyants, athées, libres penseurs sont montrés du doigt. Un comble dans une des rares sociétés laïques qui persiste et signe son engagement des Lumières au service du triptyque : liberté égalité fraternité et paye le prix fort de ses morts.

 

L’attentat de Charlie Hebdo en est un parfait exemple.

Brecht nous éclairait sur sa Mère courage. De nos jours, ce sont le plus souvent des femmes qui se veulent libres et athées qui ont fui la barbarie islamiste et sont marquées dans leurs tripes. Elles nous renvoient toute leur lumière.

Je pense forcément à Zineb El Rhazoui militante féministe marocaine qui a fui les interdictions de la dictature du roi et des islamistes de son pays en 2011 pour être accueillie en tant que journaliste à Charlie Hebdo. Bien vite, elle a constaté à contrecœur ce qu’elle appelle : « la montée du fascisme islamiste en France ».

« Rien n’est pardonné », ce documentaire belge évoque son parcours révolté. Elle rejoint Chahdortt dans ses analyses. « Quand vous avez fui le totalitarisme des islamistes dans les pays où ils ont le pouvoir coercitif, vous arrivez en France en vous disant : il y a enfin une terre libre où je vais pouvoir m’exprimer. Et vous vous retrouvez là sous protection policière, menacée par les islamistes et en plus censurée dans ce que vous produisez. On vous met des étiquettes politiques qui ne vous correspondent pas. C’est là qu’on réalise qu’il y a une extrême crispation en France sur ces sujets-là. Ton combat consiste à dire : il faut libérer la critique de l’Islam, comme de toute autre chose parce que la seule façon de faire de la déradicalisation, c’est la raison critique ».

https://www.franceculture.fr/programmes/2017-01-27

(In le journal de France Culture de 7 h du vendredi 27 janvier 2017 entre 11 minutes 26 et 13 minutes 34)

 

Il était une fois le début du cauchemar… Tout a commencé : « Dès son arrivée en France, il y a trente-sept ans, Khomeiny, ce djihadiste terroriste déguisé en vieux religieux respectable, avait ensorcelé les intellectuels français à quelques exceptions  près ». (page 30)

Khomeiny pouvait être considéré comme le premier terroriste djihadiste accueilli par la patrie des droits de l’humain, qui appelait à la mort tous les kâfar, les impies. Khomeiny dont les prêches en toute impunité se réclamaient déjà de ceux de Daech.

 

Retour aux maux des mots puisque « le problème n’est pas dans les sourates au contenu archaïque, le problème est dans l’interprétation du Coran ». (page 32) Puisque, « Il existe autant  de Coran que d’interprètes, d’exégètes ou de simples lecteurs. Le vrai problème, avec le Coran, c’est sa prétendue sacralité divine. Insondable. Le Coran, c’est un peu comme Internet ! Chacun y trouve ce qu’il y cherche. Même ce qui n’y est pas. D’ailleurs le Coran est sur Internet ». (page 33)

Alors, à place des barbus qui bourrent le mou des cerveaux pour en produire de la bouillie infecte, ne vaudrait-il pas mieux s’emparer « du vrai problème et qu’au lieu d’enseigner avec objectivité l’histoire des religions, on a laissé les imams et  prédicateurs endoctriner les enfants et les adolescents ». (page 37)

 

D’autant que dans le Coran on y trouve à boire et à manger et à gerber son contraire, selon qu’Allah change de djellaba et lave plus blanc que blanc. « Le Coran, lui-même encourage le sacrilège et le blasphème ! Quiconque a lu quelques pages admettra que d’une sourate à l’autre, d’un verset à l’autre, Allah change d’avis, se contredit : tantôt il invite à la paix, à l’amour de son prochain, au plus grand humanisme… il dit : « point de contrainte en matière de religion » et tantôt il incite à la guerre et l’élimination des infidèles et des mécréants : juifs, chrétiens, païens… » (page 34). 

 

C’est bien connu, Orwell l’avait déjà écrit et ça se vérifie avec l’idéologie en actes des islamistes: « l’ignorance c’est la force ». « L’immense majorité des musulmans dans le monde n’a jamais lu le Coran, pour la simple raison qu’ils étaient ou sont analphabètes ». (page 35). Etonnant non ?

 

Dans son chapitre « multiculturalisme ou multibarbarisme », elle nous met en garde en ce qui concerne le terme culture, qui lorsqu'il joue le rôle d'alibi,  transforme alors un modèle culturel sur le mode du prosélytisme ou de l'expansionnisme et tend à la barbarie. Elle se réfère à Hannah Arendt qui expliquait que « ne pas penser par soi, c'est céder à la folie collective. A la banalité du mal. Par goût du conformisme. Par mimétisme. Par médiocrité. Par manque de courage. Par intérêt. Par arrivisme ou carriérisme. Par goût de l'obéissance. Par lâcheté, par peur ». (page 44)

C’est d’autant plus vrai et vérifié dans les faits, l’histoire a hélas une sérieuse tendance à reproduire ses tares. « L'histoire, nous le savons, depuis le communisme, depuis le fascisme, depuis le nazisme, est toujours faite par des minorités actives qui s'appuient sur la passivité du plus grand nombre ». (page 15) 

 

Et comme si les cinq piliers de l'islam ne suffisaient pas à soutenir l’édifice hégémonique, le régime Khomeyniste instauré en 1979 en Iran en a rajouté cinq nouveaux pour réislamiser les Iraniens. Dans ses prêches Khomeiny exhortait : « Nous exporterons l'islam au monde entier ». (page 54) Avant cette date (dans le monde), « les musulmans vivaient leur foi individuellement, à l'intérieur de la famille, sans désir de conquête, sans zèle prosélyte... sans nulle volonté de faire le djihad. Sans la volonté de répandre l'islam en Europe ». (page 53)

 

Parmi les 10 piliers de l'idéologie islamique, le premier et le plus visible à nos yeux concerne l'action de revoiler les femmes.

Les femmes en première ligne sont visées. Ainsi Chahdortt relate un fait totalement passé inaperçu en 2016 et qui revêt toute son importance symbolique. Quand un homme déclare : je ne serre pas la main aux femmes, en présence de la ministre de l'éducation nationale d'origine maghrébine (qui fut une ancienne ministre des Droits des femmes), sans que celle-ci ne paraisse choquée. « Si quelqu'un disait devant un ministre, je refuse de serrer la main à un juif, à un musulman, à un noir, à un Arabe à un homosexuel... il serait inculpé pour racisme ». (page 59). Comme s'il y avait deux poids deux mesures !

Le voile à propos duquel Chahdortt a écrit un virulent pamphlet pour l'émancipation des femmes avec « Bas les voiles » (Folio 2003) !

Le voile considéré comme un simple morceau de tissus ne représente pas un réel problème pour Michel Onfray. Pas plus d’ailleurs que pour un Benoît Hamon ou un Jean-Marie Lepen qui lui préfère les femmes voilées aux femmes aux cheveux gras et sales. Cet état d’esprit nous révèle l’incurie dans laquelle se vautrent des politiques et des intellectuels, qui bordent sciemment le linceul mortifère contre les femmes pour les enterrer vivantes.

 

Depuis 2004, la loi sur l'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'école a été promulguée. Même Barack Obama lui a montré son hostilité et a nommé en 2008, une conseillère des affaires musulmanes à la Maison Blanche.

Dans son fameux discours au Caire en 2009, il avait déclaré qu’aux États-Unis, quiconque empêcherait une femme de porter le voile serait puni par la loi. « Aucun mouvement féministe américain, européen, n’a protesté contre le discours pro-islam d’Obama au Caire ». (page 157)

 

Beaucoup d'enseignants en France sont interloqués, souvent démunis et sans arguments devant leurs élèves qui portent le voile et qui argumentent : c'est mon choix, c'est ma façon de m'émanciper !  

 

Le voile a une fonction bien précise. Il dissimule la tête des femmes. « Le voile signifie très clairement : Femmes, vous ne disposerez jamais de votre vie, encore moins de votre vie sexuelle, la loi vous l'interdit ». (page 72)

Que signifie le voile ? Que symbolise le voile ?

« Le voile matérialise l'apartheid sexuel » (page 73), le déni de l’être féminin dans son infini et le rabaisse au plus bas dans l’échelle des valeurs et de respect.

 

Un peu d’humour !!! Le charme discret de l’islamisme, au même titre que le charme discret de la bourgeoisie d’un Buñuel bien inspiré, consiste à ériger un mur saint entre croyants et non-croyants. Le halal s’applique à la nourriture pour musulmans mais aussi à l’espace public conquis. Le haram ou l’impur fabriqué par des non-croyants circule dans la communauté musulmane et n’est pas sanctionné. De l’arme au téléphone portable, l’internet…. A tel point que « ceux qui préconisent le halal ne consomment que du haram ! ». (page 90)

 

Le bien et le mal comme pour toutes les religions instaurent un monde binaire hermétique. Le djihad souterrain inculque des attitudes à respecter dans la vie quotidienne où les femmes des cités et appartenant à la communauté musulmane sont les premières visées. Il vire au harcèlement physique et pose la question cruciale et vitale. « Le droit à une vie libre aurait-il donc moins d’importance que le droit de pouvoir pratiquer les dogmes d’une religion ? Et cela arrive en France, dans ce pays de l’ultra-laïcité ? » (page 94)

 

Chahdortt nous révèle la signification du Allah Akbar prononcé par les égorgeurs lors des attentats. Il a pour but d’exiger que les lois d’Allah gouvernent les terres d’islam. De sorte, celles en devenir ailleurs, du fait de la terreur et de l’horreur que leurs actes provoquent aux mécréants de la planète.

 

J’ai appris que contrairement à la majorité des religions, on peut être musulman et lecteur du Coran sans avoir jamais mis les pieds dans une mosquée ou croisé un imam de sa vie, du fait qu’il n’existe pas de clergé dans l’islam. « Tout d’abord, on peut faire un simple constat : la crise européenne, le problème économiques, la précarité, le manque de financement pour la recherche et l’enseignement supérieur, l’école en échec, et les problèmes sécuritaires liés aux menaces terroristes quotidiennes, des musulmans – je dis bien des et non les- préoccupés en priorité par la pénurie de mosquées et d’imams ne sont pas de vrais démocrates soucieux de la France et de leurs compatriotes ». (page 102)

 

Chahdortt encense les prises de position d’Elisabeth Badinter au point de la souhaiter présidente de la république. Selon elle, c’est l’une des rares femmes « qui met le doigt sur une tare de la gauche française en particulier : l’obsession du politiquement correct qui en l’occurrence laisse à Marine Le Pen le monopole de la laïcité ». (page 104)

C’est vrai que dans le milieu féministe, ça à ferrailler ferme dans la contradiction autour du voile islamique. Mais aussi autour du politiquement correct d’une certaine gôche bourgeoise qui a viré à toutes les compromissions avec l’islam pour ne pas être justement traité d’islamophobe. Cest une réalité que je lui concède. Ces maires et députés bon teint appliquèrent les ressorts  de  l’argument massue et fallacieux pour remettre en question la loi de 2004 : si vous ne voulez pas d’attentat, pratiquez une laïcité ouverte !!!

En revanche, en tant que présidente du conseil de surveillance du groupe Publicis et du magot que cela sous-entend sur le dos des femmes, Elisabeth Badinter perd à mes yeux toute crédibilité dans ses propos, quand elle ne s’offusque jamais à ma connaissance contre les affiches sexistes et agressives que son groupe diffuse. 

Et pour les occidentales qui se voileraient pour raison de pudeur, sachez qu'en Iran, le bastion de l'islam appliqué à la lettre : « La prostitution sous le voile, sous le foulard, sous le tchador, fait rage. La pudeur est le respect du corps de l'autre et non la honte du sien ». (page 167)

 

Où l’on apprend que l’idéologie islamique a été introduite en France via les canaux de l’Iran mais aussi par deux agents iraniens de la CIA qui ont rendu sympathique Khomeiny. A tel point que le quotidien Libération du 11octobre 1971 titrait : « L’ayatollah sous les pommiers ».

En 1989, ce fut la première fatwa lancée contre Salman Rushdie. « Cette même année 1989, l’offensive islamiste ouvre une brèche décisive dans l’école laïque en France. La première affaire du voile à l’école éclate. La République laïque recule ». (page 123)

 

Le sociologue iranien Khosrokhavar fut aussi un des premier défenseurs de Khomeiny qui sut convaincre Alain Touraine son directeur de thèse à le convaincre de propager le voile à l’école. Je passe sur les politiques aux dents longues, tels les Malek Boutih ou autre Julien Dray qui tombèrent dans l’embuscade sans trop d’esprit critique au nom de l’argument : « la communauté musulmane va être stigmatisée ». L’idée des « grands frères » était née. Khosrokhavar toujours en verve avait compris avant tout le monde que « l’islam est la première religion carcérale ». « Phrase choc pour qui sait l’entendre. Non seulement les mécréants maltraitent l’islam, mais en outre, ils l’ont emprisonné ». (page 127)

 

 Chahdortt vilipende un certain cinéma iranien exporté à l’étranger et la vision critique et angélique que les occidentaux lui consacrent. « Aucun journaliste n’a jamais critiqué la barbarie du monde que montrait le cinéma iranien, où l’on voit une fillette garder son voile sur la tête, même à la maison devant son propre père, comme cela est le cas dans tous les films, y compris « Une séparation » d’Asghar Farhadi, ultra primé ». (page 129) Cinéma propagande et obéissante au slogan de Khomeiny qui martelait : « Nous exportons l’islam dans le monde entier ». Tous les moyens de propagande sont bons !

Marjane Satrapi (lancée par Libé en France) en prend aussi à juste titre pour son grade avec son « Persepolis », totalement irréaliste puisqu’aucune image de Khomeiny n’apparait dans les pages de sa BD !

D’autres analyses pertinentes et exemples argumentent, preuves à l’appui et au risque de sa vie, son chapitre très instructif intitulé : « Comment l’idéologie islamique a été introduite  et implantée en France ».

 

Ne parlons même et surtout pas de sexualité dans l’idéologie musulmane. D’où aussi son corollaire, la grande misère sexuelle dans les pays musulmans. Puisque si un homme est ému au contact d’une femme il devient impur. A ce sujet Chahdortt évoque les agressions sexuelles survenues contre des jeunes femmes à Cologne et Hambourg au nouvel an 2016. Là où certaines féministes ont analysé le phénomène sous l’optique de la délinquance ordinaire ou de la culture patriarcale. Chahdortt rétorque : « Refuser de comprendre que la place de la femme, le rapport hommes / femmes sont très différents dans la culture européenne et dans la culture musulmane sera un déni lourd de conséquence ». (page 165) C’est tellement vrai et ça s’est encore vérifié auparavant lorsque des journalistes femmes ont été agressées sexuellement par des Frères musulmans au Caire en liesse populaire sur la place Tahir.

 

 

En affaire de mœurs, l'idéologie islamiste a des raisons de nous choquer, en comparaison des frasques du personnage de Gros Dégueulasse du regretté Reiser ! Depuis l'instauration du régime islamique, il faut savoir, que dans le cadre législatif légal, une gamine de 9 ans est considérée comme adulte pour être épousée ou trucidée. « Un tel mariage relèverait en Occident, du crime de pédophilie. La référence à Mahomet, qui épousa Aïcha à  l'âge de 6 ans et consomma son mariage quand elle eut 9 ans, est évoquée depuis cette loi. » (page 46)

 

La question des candidats au djihad est forcément aussi évoquée. Chahdortt se pose la question primordiale, de la connaissance même succincte de deux sourates du Coran qui peuvent paraître suffisantes. Qu'elles proviennent de l'entourage le plus proche ou si souvent celles diffusées sur la toile, avec les égorgements en images dignes des guerres archaïques qui rappellent les guerres saintes menées par les premiers musulmans. Ces images peuvent inspirer pour passer à l'acte et voir du pays, histoire aussi de s'éloigner de ses conditions quotidiennes difficiles.

 

La stigmatisation entre musulmans et islamistes, ces derniers ont bien compris tout le parti pris qu'ils pourraient en tirer au niveau des médias pour influencer l’opinion publique et ont exploité le filon. Dès 1989, avec l'affaire des trois gamines voilées c'était comme si une fratrie de 7 personnes de religion musulmane pouvait accaparer à elle toute seule les médias et représenter toute une communauté de même confession ! Un comble souvent utilisé afin d'attirer de nouveaux adeptes à leur cause.

Au sujet des caricatures, c'est le même topo qui se joue. La caricature de Mahomet, ce n'est pas la caricature de tous les musulmans mais seulement celle d'un simple zigue barbu. « De même, lorsque Mahomet est caricaturé, il est la seule victime » (page 181) et non pas toute la communauté musulmane !

 

Chahdortt aborde encore un autre sujet très sensible et tabou dans différents pays d'Europe : la démographie issue du groupement familial. Et en fonction de la génération, il y un pan de la population qui a eu la chance de naître en France dans un pays démocratique où les ravages dictatoriales des religions ne sont pas de mise. « Dans les pays musulmans, comme dans beaucoup de pays non démocratiques, on fait des enfants, encore aujourd'hui, comme on faisait des enfants en Europe au XIXe siècle. Les enfants étaient une aide à la famille, une source de revenus, surtout l'enfant mâle ». (page 184) Ce schéma persiste encore. Au départ le regroupement familial n'a pas été conçu de manière définitive mais provisoire, en accordant le droit du sol. Ces enfants nés en France que l'on a situés à la marge sociale et culturelle ont éprouvé moult frustrations vis à vis des enfants de parents français, même défavorisés socialement comme eux. Ce qui a pu engendrer quelques conflits. « Le problème n'est donc pas économique, mais culturel, structurel, religieux et surtout idéologique, et il relève de l'éducation ». (page 189). Jusqu'à entendre le discours suivant et si courant : « Je suis d'une autre culture ? Je ne suis pas chez moi ? Je suis musulman ? Eh bien, je vais l'être et je vais vous le montrer... » (page 190).

Les femmes se sont battues pour obtenir le droit à la contraception dans les pays occidentaux. Chahdortt propose l'encouragement du contrôle des naissances pour les nouveaux immigrés et réfugiés qui arrivent en Europe. Un contrôle comme un accompagnement à la responsabilité parentale, dans le but de leur donner l'éducation aux droits et aux devoirs dans les sociétés d'accueil, afin aussi d'ouvrir des possibilités du meilleur avenir à leurs enfants comme à tous les autres enfants.

 

J’avoue que très certainement, c’est le chapitre intitulé « Le prix de la liberté » qui m’a le plus bouleversée. Chahdortt se livre intimement. Elle parle de son enfance et son adolescence en Iran avec son père d’origine aristocratique,   grand lecteur cultivé à l’oreille alerte sur l’extérieur. Elle nous relate en toute franchise son énorme mal être quand elle a réussi à immigrer en France, après la Turquie. Comment elle a craqué à vouloir porter le fardeau de la liberté recouvrée, après avoir vécu si longtemps trop longtemps sous le carcan islamique qui l’a totalement dénaturée. Elle n’hésite pas à le comparer à une prison. Difficile de s’extraire de ce qu’elle appelle son « ghetto mental ». Quand on passe d’un système carcéral où on survit à attendre la mort, à un monde du « Lâcher prise » si cher à Annie Lebrun, aux intonations si délicieusement libertaires et poétique qui défrisaient le féminisme bourgeois de son époque. Je peux aisément concevoir que la liberté, ce n’est pas toujours aisé à vivre. « Il faut éduquer la liberté, l’apprivoiser, la gérer. Il faut cultiver la liberté comme on cultive son jardin. Ni la liberté ni la démocratie ne vont de soi pour les immigrés et les réfugiés qui débarquent ». (page 203). Chahdortt en a fait la difficile expérience.

 

Chahdortt massacre avec allégresse la comparaison de certains intellectuels franchouillards entre l’antisémitisme d’hier des années 30 et le racisme contre les musulmans d’aujourd’hui en 9 points implacables. En revanche, quand elle énonce que « La première religion de France, le catholicisme, ne pose plus de problème aujourd’hui à la laïcité ». (page 221) C’est se voiler la face sur les mouvements familiaux cathos et fachos intégristes qui ont battu le pavé autour du mouvement de la Manif pour tous. Très récemment le pape a appelé à une manif anti-avortement à Paname. Même si je concède bien évidemment que cette manif a eu lieu bien après la parution de son fameux livre. Même si encore, à propos des Français, elle reconnait que « leurs ancêtres se sont battus pendant des siècles pour arracher la Laïcité à l’Eglise, et aujourd’hui de dogmes d’une religion venue d’ailleurs envahissent leur pays ». (page 227). Même si encore je

Je la rejoins à nouveau sur ses propos concernant la laïcité. « Seule la laïcité réconcilie un peuple aux origines et aux religions multiples, avec lui-même. Aucune croyance n’est privilégiée, aucune spiritualité n’est favorisée, et le choix de l’une d’entre elles et ses conséquences relèvent de la sphère privée ». (page 224)

 

 

Dans son « Que faire », Lénine voulait convertir de façon autoritaire la classe ouvrière au marxisme. On sait le désastre liberticide qui en résulta. Chahdortt quant à elle, dans la dernière partie de son ouvrage œuvre pour un « Que faire »  démocratique, constructif et mis aux votes dans l’énonciation de ses propositions concrètes et réalistes afin de « Comment lutter efficacement contre l’idéologie islamique ». Histoire de retomber sur nos pieds et clore cet article.

 

Elle considère que la prévention prévaut sur toutes les décisions qui doivent être prises en commun. Puisqu’en principe chacune et chacun de nous devraientt se sentir impliqué dans les prises des décisions nous concernant. Halte à jamais les tergiversations autour du voile et les quatorze années qu’il a fallu pour légiférer le voile à l’école. Chahdortt veut soumettre au vote populaire ses propositions.

 

 

Telles que la signature d’un contrat de laïcité pour tout nouvel immigré, par lequel il s’engagera à respecter une stricte laïcité. « La foi comme la sexualité relève de l’intimité et de la vie privée. Les immigrés s’engageront à ne pratiquer aucune forme de prosélytisme religieux, à n’avoir aucune revendication religieuse publique et ils élèveront leurs enfants, quelles que soient leur religion, leurs croyances, dans le respect de la laïcité et des lois républicaines ». (page 229)

 

Service civique de six mois obligatoire pour filles et garçons. « Il renforcera en eux l’altruisme et l’importance de la cohésion nationale ». (page 238)

 

L’instauration à l’école de la Marseillaise et l’uniforme scolaire. Avec des explications de texte, de sorte de faire comprendre aux enfants que le patriotisme n’est pas le nationalisme. « L’uniforme aura le mérite, au moins, d’effacer dans l’enceinte  de l’école les inégalités sociales et économiques ainsi que les valeurs marchandes et commerciales ». (page 239). De mon point de vue, je suis allergique aux chants patriotiques et aux uniformes pour des questions d’éthique libertaire.

 

Créer la déchéance de nationalité. « Aucune appartenance religieuse, aucune appartenance minoritaire, ne doit exonérer quiconque de ses devoirs de citoyen. Veiller au respect intégral des lois démocratiques est plus que jamais indispensable ». (page 240)

 

Travail à effectuer sur une stratégie éducative, en ce qui concerne l’instruction civique et laïque. « Le mot « instruction » signifie littéralement « bâtir de l’intérieur ». instruire, c’est enrichir et former l’esprit. Donner à chacun la liberté de jugement qui lui permettra de résister à toutes les volontés d’embrigadement et d’endoctrinement idéologique ». (page 241)

 

Une grande campagne pédagogique de désislamisation du langage et des esprits dans les écoles. « Il est indispensable sur le plan pédagogique de déconstruire la référence absolue à la sacralité absolue d’un livre Sacré. Il est urgent de désacraliser les dogmes islamiques ». (page 243)

 

Formation d’éducateurs laïques. « Au lieu de former des imams, il faudrait former des éducateurs laïques, armés d’arguments solides qui travailleraient avec les élèves en faisant appel à l’intelligence et à la sensibilité de chacun d’eux. Des éducateurs qui déposeraient en chaque enfant, en chaque adolescente ou adolescent, ses semences du désir d’apprendre le goût de la science, de l’art, de la poésie, du progrès, de la rationalité… Des éducateurs qui sauraient leur parler, car la parole lorsqu’elle est vraie, lorsqu’elle est authentique, rationnelle et structurée peut agir comme un vaccin contre l’obscurantisme ». (page 244)

Quelles belles paroles censées qui font chaud au cœur !

 

Enfin, ne pas céder à l’esprit de vengeance, c’est ce qu’attendent les agresseurs.

 

Un très grand merci à Chahdortt Djavann pour ce pavé dans la mare aux humanistes et féministes prêt(e)s à toutes les compromissions avec l’idéologie islamique, pour se vautrer dans une paix morale factice et pactiser avec la barbarie. La Laïcité si difficilement acquise depuis la Commune de Paris, ne se monnaye avec aucune religion.

 

Chahdortt, je t’adore.

 

 

Chahdortt Djavann : Comment lutter efficacement contre l’idéologie islamique, éditions Grasset, 2145 page, automne 2016, 18 euros

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