Sarin: Face à l'urgence en Syrie la France se hâte lentement...

Laurent Fabius confirme enfin officiellement ce que tout le monde sait depuis déjà quelques semaines: le SARIN, redoutable gaz de combat, est employé par la répression syrienne et la fameuse "ligne rouge" est bel et bien franchie sans que les USA et les démocracies occidentales ne réagissent autrement que par de solennelles et diplomatiques protestations.

Laurent Fabius confirme enfin officiellement ce que tout le monde sait depuis déjà quelques semaines: le SARIN, redoutable gaz de combat, est employé par la répression syrienne et la fameuse "ligne rouge" est bel et bien franchie sans que les USA et les démocracies occidentales ne réagissent autrement que par de solennelles et diplomatiques protestations.

Pendant ce temps, Poutine arme Assad - entre tyrans on s'entraide-  et l'on se croirait revenu au sinistre temps de Guernica, le gaz moutarde en plus.

Les Syriens qui viennent à Paris et dans d'autres capitales européennes pour se fournir en antidote ont organisé des filières d'approvisonnement qui réussissent à grand peine à acheminer vers les zones de combat les rares produits qui permettent de soigner les gazés.

En France, il s'agit du CONTRATHION. Cette antidote aux empoisonnement aux insecticides est habituellement fourni aux Hôpitaux, en cas d'accidents en milieu rural (pesticides) ou lors de tentatives de suicides. C'est aussi un antidote efficace - s'il est employé très vite après l'intoxication - contre les gaz de combats comme le SARIN. Il est vendu sans prescription médicale, ce qui normalement devrait faciliter l'approvisionnement dans nombre de pharmacies de ville où les amis et familles des résistants syriens viennent se fournir. 

Malheureusement, certaines commandes pourtant d'une urgence évidente mettent de nombreux jours à être fournies.

A tel point qu'une rumeur circulait à Paris depuis quelques jours, selon laquelle il y aurait des difficultés d'approvisionnement  inattendues, soit de fabrication, soit d'ordre administratif. Renseignement pris tant auprès du  laboratoire fabricant qu'auprès des pharmaciens eux-mêmes, ces retards inadmissibles tiennent en fait à l'inertie d'un grossiste irresponsable qui met une dizaine de jours avant de fournir cette antidote aux officines malgré l'urgence de la situation.

L'anecdote serait simplement une illustration de plus de l'impéritie de certains circuits de distribution des médicaments en France.

Mais elle vient tristement illustrer que les hésitations d'une politique étrangère française - faite d'atermoiements d'hésitations et de pusillanimité bien plus que de prudence - a des conséquences directes sur la vie même des civils assassinés au quotidien par l'armée de Bachar el Assad. 

On peut comprendre les inquiétudes et les lenteurs des pouvoirs publics s'agissant de fournir des armes que l'on craindrait de voir tomber en de mauvaises mains. On comprend déjà beaucoup moins ce qui interdit à la France d'envoyer médicaments et subsides vers les zones de combat et non pas seulement vers les centres de réfugiés.

Et certainement pas ce qui empêcherait de fournir les premiers secours face à l'emploi d'une arme chimique abominable - qui fait désormais à la face du monde, d'Assad un criminel contre l'humanité, et de l'infâme Poutine, son complice avoué.

 

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