10 MOYENS DE RÉDUIRE LA MENACE TERRORISTE CONTRE LES AMÉRICAINS.

Profitons de cette très brève et relative trève estivale pour aller jeter un oeil chez les voisins.

Voici un article trouvé à l'occasion d'un bon surf sur le web anglophone.

Il est en ligne parmi les très nombreux articles, infos et commentaires qui font le succès d'Alternet, site qui regroupe des positions parfois très radicales, parfois assez modérée, mais toujours dans le droit fil de ce que l'on appelle habituellement la "gauche" américaine (étasunienne pour les plus précis).

Nous avons choisi cet article parce qu'il nous paraît exprimer assez bien les immenses distances qui semblent décidémment séparer les citoyens US  "de gauche" ( aux USA ),  des réalités d'un monde qu'ils dominent militairement plus que jamais, et qui les déteste souvent infinment plus que ce qu'ils osent imaginer. 

Tel quel, il exprime tout à la fois les illusions et les bonnes intentions d'une gauche américaine qui peut bien paraître modérée et irréaliste aux lecteurs de Médiapart, mais qui n'en reste pas moins intéressante à découvrir: si possible sans arrogance ni ironie facile.

Nous en présentons une traduction effectuée à la volée, dans le souci de ne pas trahir le texte original.

Les lecteurs d'anglais peuvent aller le lire ici, sur AlterNet un site intéressant, à découvrir.

Bonne lecture.


AlterNet/ par Medea Benjamin

 

10 MOYENS DE REDUIRE LA MENACE TERRORISTE CONTRE LES AMERICAINS.

 

A commencer par la fin des frappes de drones

 

(6 aout 2013)

 

Ce plan en dix points réduirait significativement les menaces terroristes, économiserait des milliards de dollars et améliorerait la sympathie et l’estime du monde entier envers les américains.

1. Déclarer un moratoire sur les frappes de drones : le chef d’Al Qaeda, Al-Zawari, appelle les djihadistes à répliquer aux attaques de drones US en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen. Les groupes d’Al Qaeda dans la péninsule arabique (AQAP), d’où viennent les menaces d’Al Qaeda selon les USA, appellent aussi à répliquer aux attaques de drones (il y en a eu quatre depuis le 28 juillet dernier). Les frappes de drones sont devenus l’argument numéro un pour recruter des djihadistes. En cessant les attaques de drones, nous arrêterons de nous faire des ennemis plus vite que nous ne parvenons à les tuer.

 2.  Fermer la base de drones en Arabie Saoudite. L’une des raisons pour lesquelles Oussama Ben Laden exprimait sa haine contre les USA tenait à la présence de bases US sur le sol sacré d’Arabie Saoudite. Le Président Bush les avait discrètement fermées en 2003 mais en 2010 le Président Obama a ouvert une nouvelle base de lancement de drones contre le Yémen. C’est une menace contre la sécurité nationale.

3. Libérer les 86 prisonniers de Guantanamo déjà déclarés libérables. Le traitement US de ces prisonniers à Guantanamo, emprisonnés indéfiniment sans accusation précise ni procès, nourris de force et brutalisés, constitue un véritable affront pour les Musulmans du monde entier et une hypocrisie éhontée vis-à-vis des valeurs dont se réclament les USA. Sur les 166 prisonniers de Guantanamo, 86 ont été déclarés libérables, ce qui signifie qu’ils ne représentent aucune menace pour notre nation  du point de vue du gouvernement américain. Le Président Obama pourrait très bien procéder par dérogation en certifiant au Congrès que ce serait l’intérêt national US de les relâcher. C’est ce qu’il vient de faire récemment pour deux prisonniers algériens. Il pourrait le faire pour les 86 libérables et faire en sorte que les autres prisonniers aient droit à un procès.

4. Présenter des excuses et offrir des compensations aux victimes innocentes. Le monde musulman est convaincu que le gouvernement US considère que leur vie est sans valeur. Les bombardements ont tué d’innombrables innocents mais seules les victimes en Afghanistan et en Irak se sont vu proposer, dans des conditions lamentablement inappropriées, des indemnisations pour les familles des victimes. Les USA devraient accepter de s’excuser et d’offrir des compensations aux victimes tuées ou grièvement blessées  par les forces armées US ou la CIA.

5. Aller vers l’option « zéro » en Afghanistan : retrait des troupes US. Les onze années d’occupation de l’Afghanistan n’ont fait qu’alimenter les Talibans, à la fois en Afghanistan et au Pakistan. Tout en soutenant un régime impopulaire et corrompu à Kaboul. Et si les troupes américaines n’étaient pas en Afghanistan, les Talibans n’essaieraient pas de pénétrer au Pakistan pour tuer des soldats US. Le Président Obama a promis que l’occupation US cesserait fin 2014, mais désormais il envisage d’y laisser des milliers de soldats et de conseillers militaires : mauvaise idée.

6. S’asseoir et parler. Les Talibans ont enfin ouvert une représentation au Qatar pour entreprendre des conversations longtemps différées avec les USA. Mais ces entretiens ont été empêchés par le Président Karzai. Cela fait longtemps qu’on aurait dû parler avec les Talibans et ensuite parler avec ceux qui sont  les plus rationnels et les plus ouverts à des négociations au sein d’Al Qaeda. Si l’on se réfère aux Etudes de la Rand Corporation portant sur 268 groupes terroristes, 43% se sont joints  à des processus politiques, 40%  ont cessé la lutte armée, et seulement 7% ont été détruits militairement. Cela fait dix ans que nous avons choisi la solution militaire ; il est temps de changer d’approche.

7. Cesser de soutenir les dictatures et les régimes militaires. Les USA ont récemment signés les plus formidables contrats d’armements avec la monarchie  d’Arabie Saoudite, le même gouvernement qui a envoyé ses tanks écraser l’insurrection démocratique au Bahreïn. En Egypte, les armements US et les gaz lacrymogènes ont été employés durant des décennies contre des manifestants pacifiques contre les Frères Musulmans. La vente d’armements à des régimes anti-démocratiques et/ou  instables peut bien profiter aux fabricants d’armements US, ils sont mauvais pour la réputation et la sécurité du peuple américain.

8. Soutenir les mouvements démocratiques non-violents. Les Terroristes prospèrent partout où règnent le chaos et l’instabilité. Le moyen principal pour venir à bout du terrorisme est de soutenir et d’alimenter les institutions démocratiques et les mouvements civils non-violents. Mais les USA doivent faire plus que soutenir ces efforts : ils doivent aussi les écouter. Au Yémen, les USA contribuent à financer l’expérience de 6 mois intitulée « Conférence pour dialogue national » où se retrouvent 565 représentants d’origines diverses qui tentent de définir un avenir pour leur nation. Récemment, la Conférence a voté à une très large majorité une résolution condamnant l’usage de drones et les exécutions sans jugement. Malheureusement, jusqu’à présent, les USA ont fait la sourde oreille.

9. Respecter les lois internationales. Dans sa guerre contre le terrorisme, les USA ont exécuté des terroristes ou des suspects sans aucun respect des lois internationales ni des souverainetés nationales. Une étude  auprès de 39 nations réalisée par PEW a montré une opposition féroce aux frappes de drones US, particulièrement dans le monde musulman. Si les USA veulent trouver aide et soutien pour éradiquer les agresseurs potentiels, il faut d’abord cesser les assassinats et commencer à respecter les lois internationales.

10.  Investir des fonds dans l’éducation, la santé, et dans l’aide à la pauvreté. Pour une petite fraction de l’argent que nous dépensons chaque mois dans une guerre perdue en Afghanistan ou pour financer les déjà très riches militaires israéliens, nous pourrions construire des écoles en Afghanistan et au Pakistan, aider les Yéménites à trouver des solutions à leur problème de sécheresse, and fournir l’aide humanitaire nécessaire aux réfugiés Syriens. Nous nous ferions beaucoup plus d’amis en construisant des cliniques, en creusant des puits, des lignes électriques et des écoles qu’en exterminant des gens avec des missiles Hellfire.

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