Répression et persécutions contre la liberté d’expression

En Asie du Sud-est et notamment au Laos, au Cambodge et au Vietnam, les lois répriment la liberté d’opinion.Le Premier Ministre vietnamien Nguyen Tan Dung était en visite officielle en France, cette semaine. Pour les 40 ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la France et le Vietnam projettent d’établir un « partenariat stratégique ». Les deux pays ont des atouts économiques complémentaires, une partie de leur histoire en commun, une langue (plus ou moins) en partage (le français).Ils ont cependant des visions divergentes dans certains domaines, et notamment en matière de droits de l’Homme.

En Asie du Sud-est et notamment au Laos, au Cambodge et au Vietnam, les lois répriment la liberté d’opinion.

Le Premier Ministre vietnamien Nguyen Tan Dung était en visite officielle en France, cette semaine. Pour les 40 ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la France et le Vietnam projettent d’établir un « partenariat stratégique ». Les deux pays ont des atouts économiques complémentaires, une partie de leur histoire en commun, une langue (plus ou moins) en partage (le français).

Ils ont cependant des visions divergentes dans certains domaines, et notamment en matière de droits de l’Homme.

La meilleure façon de ne pas gâcher les festivités semble avoir été de ne pas aborderce sujet ô combien problématique : Rappelons que la République Socialiste du Vietnam reste un régime dictatorial qui est en pleine campagne de répression tous azimuts, et en particulier contre ceux qui exercent leur liberté d’expression en ligne. Ainsi,alors même que le Premier ministre vietnamien rencontrait le Président de la République François Hollande et le Président du Sénat Jean-Pierre Bel (mercredi 25 septembre), on apprenait que la police vietnamienne mettait sous les verrous deux blogueurs et le frère d’un avocat des droits de l’Homme, après avoir brutalement interrompu leur dîner avec leurs familles et leurs proches.

Vo Van Ai, Président du Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme, s’est donc attaché à rappeler la réalité de la situation des libertés au Vietnam dans les colonnes du journal Le Monde dans une tribune en date du 24 septembre « Partenariat France-Vietnam : N'oublions pas les libertés des citoyens vietnamiens ». Il l’avait fait les semaines précédentes au siège de l’ONU à Genève, lors de la 24ème session du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Les Nations Unies travaillent beaucoup avec les organisations non-gouvernementales (ONG), qui sont bien souvent une source d’information et d’analyse inestimable pour les experts onusiens, et leur offrent un podium. Les ONG peuvent ainsi s’exprimer devant les institutions de l’ONU et les États par le biais d’interventions écrites ou orales, comme ce fut le cas à Genève sur les atteintes aux Droits de l’Homme dans au Vietnam.

Cependant, les discours qu’elles prononcent ne doivent pas dépasser 2 minutes montre en main. Aussi, les ONG (dont certaines viennent de l’autre bout de la planète) organise-t-elles ce que l’on appelle dans leur jargon des « side events » ou des « briefings » en marge du Conseil des Droits de l’Homme, dans les salles avoisinantes. Il s’agit en fait de mini-conférences où l’on expose les problèmes les plus divers et qui se terminent par un débat questions-réponses. Malgré le peu de couverture médiatique de ces échanges, ce sont souvent des rencontres extrêmement intéressantes et bouleversantes.

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et son affiliée, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme, avaient donc organisé, le 11 septembre, un briefing sur le thème de « la criminalisation de l’expression légitime sur internet : Témoignages du Vietnam, de Thaïlande et du Cambodge », avec le soutien des organisations IFEX, Article 19, PEN International et Human Rights Watch. Outre l’exposé de Vo Van Ai, on entendit le blogueur et ancien prisonnier politique vietnamien Nguyen Bac Truyen qui avait envoyé un témoignage audio, l’épouse de Somyot Prueksakasemsuk, journaliste thaïlandais emprisonné pour « lèse-majesté » (article 112 du Code pénal), et une militante cambodgienne du Cambodian Center for Human Rights, Mme Ramana Sorn.

AuCambodge, comme l’État n’a pas les moyens financiers et donc techniques de censurer l’expression libre sur internet, il recourt aux bonnes vieilles méthodes de harcèlements, d’emprisonnement, voire d’agressions violentes et parfois meurtrières, pour instaurer un climat de terreur et empêcher les gens de trop parler.

Derrière la vitrine du paradis touristique thaïlandais, se dissimule une terrible censure et une répression impitoyable au nom d’une monarchie sacralisée. L’article 112 du Code pénal thaïlandais sur les crimes de « lèse-majesté » y est abusivement utilisé pour emprisonner un peu n’importe qui, y compris les journalistes. Mme Prueksakasemsuk ne savait pas, quant à elle, si, après son témoignage dans les bâtiments du siège de l’ONU, elle ne serait pas arrêtée de retour en Thaïlande.

Quant au Vietnam, l’ironie a voulu que ce même 11 septembre 2013, le régime vietnamien ait condamné arbitrairement un opposant à 15 ans de prison pour « activités visant à renverser le pouvoir populaire » (Voir « Un Vietnamien condamné pour subversion à Phu Yên », Agence Vietnamienne d’Information, 12 septembre 2013). Pour ce qui a été dit sur le Vietnam, à la conférence au Palais des Nations, l’article paru dans Le Monde est un bon résumé :

« Partenariat France-Vietnam : N'oublions pas les libertés des citoyens vietnamiens »

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