« Saute-cadavre » , surprenant néologisme pour saute-ruisseaux mal inspirés.

« Saute-cadavre » , surprenant néologisme au service d’une propagande nécrophile.

 

Messieurs Arfi et Perraud s’y sont mis à deux pour falsifier et condamner le blog de Jean-Luc Mélenchon.

Le crime de Mélenchon ?

Ne pas participer à la cérémonie de falsification nécrologique faisant de tout assassinat à Moscou nécessairement un coup de Poutine et de tout opposant à Poutine nécessairement un champion de la liberté.

Eh oui, Mélenchon ne souscrit pas à la fiction que les médias atlantistes se sont empressés de fournir suite à l’assassinat d’un homme politique et affairiste russe, assassinat qui constitue évidemment un crime et, si c’est un assassinat politique, un crime politique.

Mais suffit-il de mourir pour être une victime du Kremlin ? D’être une victime du Kremlin pour être un champion de la liberté ?

Faute de pouvoir apporter une réponse rationnelle à cette question, Arfi et Perraud forgent un nouveau mot, inventent un nouveau jeu, le « saute-cadavre ».

Le néologisme est audacieux, qui accole un verbe connotant une sexualité active à une dépouille mortelle.

On pense aux innombrables bagarres de cour de récréation suscitée par l’insulte : « Mange tes morts ! » L’intensité étant renforcée par la sexualisation.

On n’ose imaginer les dégâts dans une école primaire où serait proféré : « Saute tes morts ! »

C’est bien d’un nouveau blasphème que les deux compères brandissent l’épouvantail.

Blasphème contre un genre journalistique intouchable : la nécrologie.

Car les journaux sont chaque jour pour quelques-unes de leurs pages des "croque-morts".

Ils nous faut du mort un croquis conforme... à la conformité.

Mourez, un secrétaire de rédaction vous forgera un destin, une carrière et ce sera la référence de l’éternité. Quand le jeu en vaut la chandelle, le secrétaire de rédaction écrira ce que la CIA, Madame Ashton ou les officines du pouvoir souhaitent…

Il faut pourtant se demander ce que c’est que ce jeu de « saute-cadavre » que nos croque-morts Arfi et Perraud nous ont inventé, même si dans le cas de Perraud, qui nous infligea naguère un documentaire d'abattoir en illustration des craintes fiscales de Médiapart, l'inspiration nécrophile est coutumière (http://blogs.mediapart.fr/blog/antoine-perraud/281213/le-sang-de-mediapart)

Le Trésor de la Langue française connaît plusieurs mots composés du verbe sauter et d’un complément direct, indirect ou circonstanciel.

On a ainsi :

- Saute-au-paf, substantif féminin, nom vulgaire de la nymphomane.

- Saute en barque, substantif masculin, qui varie par la ponctuation mais désigne toujours un caban ou une casaque

- Saute-mouton, jeu que chacun connaît

- Saute-ruisseau est un jeune clerc chargé des courses dans une étude de notaire ou d’avoué.

Comment nos deux « journalistes » ont-ils inventé « saute-cadavre » pour enrichir cette variation ?

C’est d’abord le souci de l’insulte, qui a fait choisir une connotation sexuelle.

Ensuite celui de se prémunir des intempéries, qui fait recourir à un imperméable, pour le cas où leur embarcation ne se révélerait pas insubmersible.

Le mouton, animal grégaire leur est un frère quand ils cherchent à pondre brillamment une opinion si fausse que même TF1 pourrait la formuler.

Enfin un « jeune clerc chargé des courses » c’est à s’y méprendre un sosie de Perraud, mettant son érudition de pacotille au service de la propagande ambiante.

Peut-être, à court de vocabulaire, ont-ils trouvé leur titre en jouant au cadavre exquis…

De même que leur article semble l’addition bizarre de deux contributions hâtives.

Quoiqu’il en soit leur expression est parfaitement congruente à leur démarche.

De même qu’ils ont fabriqué une version tronquée du blog de Jean-Luc Mélenchon, ils ont trouvé pour titre à leur libelle diffamatoire un mot-valise plein de sous-entendus aussi peu respectueux de la langue que des personnes et de la vérité.

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