Veneridæ

Veneratio : vénération.Venerator : le vénérant.Venerius : attaché au service de Vénus.Venerivagus : débauché, coureur.Venero, are : orner avec grâce, demander respectueusement.Veneror, ari : vénérer, révérer, demander respectueusement aussi.Venerosus : adonné à l'amour.

Veneratio : vénération.
Venerator : le vénérant.
Venerius : attaché au service de Vénus.
Venerivagus : débauché, coureur.
Venero, are : orner avec grâce, demander respectueusement.
Veneror, ari : vénérer, révérer, demander respectueusement aussi.
Venerosus : adonné à l'amour.
Venus, Veneris : Vénus, déesse de l'amour et de la beauté, dont le mois est Avril (mensis veneris).
Venustas : beauté physique, charme.
Venuste : avec élégance et grâce.
Venustus : gracieux, charmant, élégant.

galerie de foufounes

 

Grâce à ce petit paysage de mots, nous imaginons assez facilement en quoi pouvait consister le service de la déesse, c'est-à-dire sa « vénération ». Ce devait être charmant tout plein, fleuri et très émouvant. Soit dit en passant, vous rendez-vous compte que voilà un terme forgé tout exprès pour la dame ? Ce n'est pas à messieurs Mars, Vulcain ou Jupiter, qu'on irait proposer, pour leurs cultes, de si hardis néologismes : de quoi aurait-on l'air en pratiquant la martisation, la vulcanisation, la jovisation ?... Mais à Vénus, tout le monde en convient, il faut du spécial.

Cependant, les chrétiens, qui n'ont peur de rien et surtout pas d'époustoufler le public, ont réussi à faire ce que personne avant eux n'aurait imaginer commettre : vénérer une vierge. Ça c'est costaud !

Je n'invente rien ! « Je vous vénère, ô grande Reine... » déclame Saint Alphonse-Marie de Ligori ; et le graduel d'une messe du samedi (avant le premier dimanche de l'Avent) insiste en ces termes : « Benedícta et venerábilis es, Virgo María : quæ sine tactu pudóris invénia es Mater Salvatóris. » Tu es bénie et digne d'être vénérée, ô Vierge Marie etc.

La vénération mariale passe par des chansons. Ainsi, pour le mois de mai, le maius mensis, mois de Maïa (mère d'Hermès, messager des dieux – un peu comme Maria, mère du Christ, messager de Dieu) : « C'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau. À la vierge chérie disons un chant nouveau. Ornons le sanctuaire de nos plus belles fleurs, offrons à Notre Mère et nos chants et nos cœurs ! » Etc. etc. Voilà comment, dès les petites classes dans les écoles catholiques, on préparait les enfants à vénérer. Plus tard, les plus persuadés fanatiques préfèreront vénérer des reliques. Chacun ses goûts !

 

Illustration : galerie de foufounes marines, collection personnelle.
Hop ! Stop ! Ibn' Nanard, on reste assis !

 

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