De la douceur illusoire…à l’oxymore trompeur !

Dans le domaine de la désignation de la réalité quotidienne, nous assistons depuis quelques lustres déjà à un glissement progressif du plaisir …de déchiffrer la signification usuelle des mots ou expression d’usage courant publiés dans la presse.
Dans le domaine de la désignation de la réalité quotidienne, nous assistons depuis quelques lustres déjà à un glissement progressif du plaisir …de déchiffrer la signification usuelle des mots ou expression d’usage courant publiés dans la presse.Ainsi, pour pour nous rendre un panorama agréable ou supportable, le pare-t-on d’une douceur, au moins sur le plan linguistique, acceptable pour les lecteurs.Un plan de licenciement, dont l’annonce est hélas de plus en plus fréquente dans la presse et les média, devient « un plan social », des dégâts indirects provoqués par des bombardements en cas de guerre sont qualifiés de « collatéraux ». Si on annonce une catastrophe aérienne, l’avion concerné par ce drame s’est « abîmé « en mer ou sur une terre inhospitalière …Des lois, des statuts , des situations doivent bien entendu être « réformés », ce vocable renvoyant alors le plus souvent à un retour en arrière injuste pour les intéressés à ladite « réforme »… Après le travestissement linguistique vient le recours à l’oxymore : le plus accompli en la matière étant peut-être la notion de « discrimination positive » .L’expression est piquante car elle associe un mot, dont l’euphonie est désagréable à un adjectif optimiste ! Traduction servile de l’expression américaine « affirmative action », qui garde pour le coup un côté positif mais en version originale.Idem pour le « développement durable», véritable tarte à la crème depuis quelque temps, ou de la « moralisation du capitalisme », notion agitée sous nos yeux très récemment. Cette transformation manque alors son but : nous rendre le mot et la chose plus plaisants et convaincants, à moins que ces subterfuges ne soient que les derniers succédanés du mensonge …

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