Hard !

Toute l'Europe du nord connaît ce mot et l'écrit de manières semblables, avec ici un d, là un t, deux a, rdr, mais ça reste bien le même son. L'origine de ce terme est à chercher dans le nord-est, dans les zones françique et germanique. Comme je le disais à Watayaga ce matin, c'est un exhausteur. En anglais, et dans presque toutes les langues modernes, il a le sens de difficile, dur, robuste. Mais dans l'ancien temps, ses valeurs étaient plus souples :

Bernard = ours puissant.
Richard = grand roi.
Renart = haut conseiller.
Eginhard ou Einhard = maître à l'épée.

Encore aujourd'hui, le suffixe "ard", utilisé très majoritairement en tant que dépréciatif, aggrave le cas de ce qu'il suit : car, si "con", par exemple, est utilisé comme un adjectif, "connard" est une insulte. « Salaud ! » : c'est presque une plainte ; mais « salopard ! » c'est une déclaration de guerre.

Par ailleurs, des mots où l'on attend un participe passé, en s'encapuchonnant de ce terrible "ard", gagnent eux aussi en personnalité : tricard, moutard, mitard, rondouillard... Qu'en pense le fils de l'ours ?

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