Quand un mot perd son sens...

Quand un mot perd son sens…

“Les Républicains” sera donc dorénavant le nom de la Droite.

Où comment un mot perd son sens…

A priori, jusqu’ici, était « républicain » celui qui avait le souci de la chose publique.

On savait bien qu’aux Etats-Unis d’Amérique le mot avait déjà connu une étrange destinée et que le parti d’Abraham Lincoln était devenu celui de la guerre, de l’impérialisme, de la complaisance pour la torture, la surveillance généralisée, le racisme, de la bigoterie, du capitalisme intégriste …

Et qu’il ne servait qu’à distinguer l’équipe du capitalisme le plus dur et le plus violent d’un autre capitalisme, plus pragmatique, moins doctrinaire mais partageant les mêmes valeurs anti-sociales, inégalitaires et impérialistes.

Ceci dans le cadre d’une triste alternance sans changement s’appuyant sur l’abstention d’une majorité d’électeurs et la non citoyenneté de millions d’américains, sans papiers ou déchus de leurs droits civiques, voire en prison, pour cause, souvent, de "couleur"…

Aujourd’hui, en France, le mot ne sera plus qu’une marque : celle de la rapacité, de la brutalité, des atteintes aux libertés, du racisme à peine euphémisé (ou travesti en pseudo-« laïcité »), de la corruption, de la dilapidation de l’argent public, de la guerre.

Et comme aux Etats-Unis elle servira, cette marque,  à distinguer les nababs « républicains » des nababs social centristes, qu’on appelle encore, par survivance acoustique, « socialistes »…

« Socialistes » avait perdu son sens dans l'expression devenue dérisoire "Parti Socialiste"... avant « républicain » dans "Les Républicains", d’ailleurs Valls cherchait, et cherche toujours « autre chose »…

Mais « républicain » avait déjà pris un gros coup de vague quand le premier ministre, le même  Valls avait, dans son allocution officielle de résultats électoraux aux élections  départementales, salué complaisamment le « succès de la droite républicaine »… On s’était demandé si on avait des troubles auditifs… mais non, Valls désignait bien, par cette étrange expression,  la bande Sarko, Copé, Woerth… et leur donnait un brevet républicain.

« Les Républicains », comme chez Molière les endormis s’appellent « L’éveillé » et les vieillards impotents « la Jeunesse ».

Avec l'article défini on reconnait sans peine les pitres d'une pantalonade...

A quand l'opérette: "Les ré, les ré, les ré-publicains"...

 

 

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